Trouver un moment pour souffler

22 Mar 2016 0 commentaire Eva

Article de Eva, 21 ans.

Ce n’est pas parce qu’il a l’air occupé qu’il ne s’ennuie pas.

Ce n’est pas parce qu’elle est populaire qu’elle ne déprime pas.

Ce n’est pas parce qu’il sourit qu’il va bien.

Ce n’est pas parce qu’elle ne parle pas qu’elle n’a rien à dire.

Je ne suis pas forcément ce que je montre

Dans une société 100% packaging, on juge souvent les choses selon ce qu’elles montrent. La pomme la plus goûteuse est forcément la plus rouge et la fille la plus heureuse est forcément celle qui rigole le plus. Pourtant, même si on répète que l’habit ne fait pas le moine, tout le monde cherche quand même les vêtements les plus cool. Ce phénomène naturel dans nos sociétés engendre une forme de pression assez vicieuse : chacun doit faire attention à ce qu’il vit, à ce qu’il montre, à ce qu’il rapporte.

Vouloir cultiver son propre petit jardin n’est pas mal en soi, au contraire, il est même parfois sain de ne pas partager tout avec toute la terre. Mais il faut faire attention à ne jamais laisser des choses non réglées, au risque qu’elles ressortent au mauvais moment. S’il est toujours mieux de trouver quelqu’un de confiance avec qui parler, il s’avère également très utile d’apprendre à souffler, à faire le point sur toutes ces petites choses qui détruisent le quotidien, parfois avec plus d’ardeur qu’on ne l’imagine.

Récemment, j’ai assisté à une comédie musicale qui utilisait pour cela un concept assez intéressant. C’était l’histoire d’une jeune fille, de bonne famille, qui souffrait constamment de la mort de son frère, mais qui ne se permettait jamais d’y faire mention en public. Pourtant, la douleur la rongeait constamment. On pourrait imaginer qu’à la fin de l’histoire, elle craque complètement, ce qui entraîne un rebondissement digne d’une fin à la hollywoodienne.  Pourtant, non, elle n’a jamais cédé.

Son secret ? Ce n’était pas de nier sa douleur, ni de vivre comme si de rien n’était. Non elle avait trouvé bien mieux :  lorsqu’un train passait derrière sa maison, elle se précipitait à coté des rails. Et là, elle criait, elle hurlait de tous ses poumons. Parfois un simple cri, parfois des phrases pleines de sens. On pourrait appeler ça vider ses batteries, remettre ses pendules à l’heure, se lâcher… peu importe le nom, l’effet est le même : trouver un moyen d’exprimer ce qu’on a du mal à exprimer, en attendant d’en parler avec quelqu’un de compétent.

Quelle idée je peux trouver pour apprendre à souffler ?

Le but de cet exemple n’est pas de faire chercher à tout le monde la voie ferrée la plus proche de chez lui, mais plutôt de réfléchir à mettre en place des moyens pour s’exprimer efficacement.

Quand on est chrétien, on croit que c’est auprès de Dieu qu’il faut déposer ses fardeaux, ses émotions, ses colères.

Pourtant, trouver un moment optimal pour le faire n’est pas toujours facile. La journée s’enchaîne, le portable sonne et les occupations peuvent rapidement devenir obstacle à ces temps de qualité avec le Seigneur.

J’aimerais vous proposer une solution toute simple : choisir un endroit spécial qui change du quotidien. C’est évidemment très bien de faire son culte personnel dans sa chambre, de prendre part à la vie d’église et au groupe de maison. Mais pour dynamiser sa vie spirituelle pourquoi ne pas essayer de trouver son propre lieu ?

Cet endroit peut être dans la nature ou dans une pièce qui change, il n’y a pas de règle si ce n’est que ça doit être différent d’un lieu auquel on est habitué. Un endroit qui oblige à se déplacer pour y aller, qui demande de faire le choix de s’y rendre. Si au début cela peut paraître bizarre, au fil du temps ce lieu deviendra votre petit jardin secret spirituel rien qu’à vous et vous prendrez un réel plaisir à y aller.

Avoir ce type de moment me fait souvent penser aux paroles du psalmiste qui dit : « Comme une biche soupire auprès courants d’eau, ainsi mon âme soupire après toi, Ô Dieu ! Mon âme a soif de toi, du Dieu vivant : quand irai-je et paraîtrai-je devant la face de Dieu ? » (Psaumes 42.1) et plus loin : « Pourquoi t’abats-tu, mon âme, et gémis-tu au-dedans de moi ? Espère en Dieu, car je le louerai encore ; il est mon salut et mon Dieu. ». (v.6) Cette idée de trouver rafraîchissement et espoir auprès de Dieu est magnifique. Il s’agit d’ouvrir son cœur pour qu’il remplisse notre âme par ses promesses, ses actions, sa vie tout simplement. C’est bien souvent quand on oublie cela que les choses sont difficiles…

Moi j’ai déjà mon endroit. Et toi ?

Auteur : Eva