Je suis médiocre

Article de Rachel Seo. Tu peux retrouver l’original ici : (I am mediocre).

Je ne suis pas une grande fan du mot « médiocre ».

Ce n’est pas un adjectif qu’on utilise souvent pour me qualifier. Sur mes relevés de notes, les professeurs écrivent en général plutôt « élève appliquée » « travailleuse » ou « attentive ». Mais jamais médiocre. Une autre preuve de ma non-médiocrité est le fait que tout le monde me considère comme « l’intelligente » du groupe. Pourquoi ? J’ai en général entre 14 et 20 sur 20 à tous mes contrôles et examens. J’en ai l’habitude.

Ou plutôt, j’en avais l’habitude.

Le début de la médiocrité

Tout ça s’est effondré récemment quand j’ai eu 11/20 à un contrôle de maths. Je crois que je file un mauvais coton. Sérieusement, je ne blague pas. Pendant que je faisais le contrôle, une partie de mon subconscient se disait : « Oh, je vais réussir, comme d’habitude. C’est ce à quoi mon cerveau est habitué de toute façon. J’aurai 16 ou plus, et tout se passera comme prévu. »

Quand le professeur nous a annoncé que toute la classe avait plus ou moins échoué, je me disais : « Haha, tous les autres sauf moi. » Pendant qu’elle rendait les copies, en fronçant les sourcils, je me disais toujours : « Haha, tous les autres sauf… QUOI ??? »

En principe je suis la bonne élève ! Je suis celle qui a une bonne note quand tous les autres n’ont pas réussi ! Celle qui fait la différence, celle qui est différente, celle qui fait vraiment ses devoirs et révise pour les contrôles ! Tous ces efforts pour découvrir que finalement, je ne suis pas si différente que ça, que je suis juste humaine en fait (hum hum), ça a été un vrai choc. Et cette expérience est représentative de ce qui s’est passé dans ma vie.

Il y a une semaine environ, je travaillais au fast-food du stade à côté de chez moi. J’ai failli boucher la machine qui distribue le fromage coulant sur les nachos, j’ai fait tomber un milkshake et j’ai mal compté la monnaie à rendre à un client. Je ne savais absolument pas comment me sortir de cette situation. Ma mère m’a proposé de l’aide mais j’ai refusé, sous prétexte que j’étais trop occupée. Je voulais être indépendante.

Dans un post que j’ai écrit sur mon blog, j’ai ri de ces erreurs pathétiques et sorti une formule genre ,« la grâce de Dieu abonde », en pensant que cette réponse me rendait tellement spirituelle.

L’épisode du fast-food lui-même n’était pas si grave (la machine à fromage n’avait pas vraiment été abîmée et les managers n’étaient même pas énervés contre moi) mais quand j’ai refusé l’aide de ma mère pendant l’heure d’affluence, je pensais être « indépendante ».

Le vrai problème

Mes parents n’ont pas vu mon refus comme moi. Ils ont vu ce refus comme de l’orgueil. Et après avoir entendu cette remarque, j’ai commencé à voir mon orgueil apparaître partout. Dans mes interactions avec les autres, ma vision des autres, et ma vision de moi-même.

Pendant très longtemps, je me rassurais avec le fait que je suis un auteur, que je suis chrétienne, que je suis une fille modèle. Je pensais avoir confiance en moi. Et même si certaines personnes me trouvent agaçante, bizarre, ou socialement étrange, je me suis toujours dit que je ne devais pas faire attention à ces remarques.

Vous voyez où je veux en venir ? En fait, je méprise les personnes qui m’agacent, me dérangent, ou pensent que je suis agaçante.

Ok, je ne fais pas trop attention à ce que les personnes pensent de moi, en même temps c’est ce que les réseaux sociaux, les célébrités et à peu près tout le monde nous dit tout le temps : «  Sois toi-même, peu importe les conséquences ou ce qu’en pensent les autres. » .

Mais, honnêtement, qu’est-ce que j’ai appris ? Sous prétexte de ne laisser personne nous décourager, on ne doit pas non plus mépriser tous les êtres humains qui nous critiquent. Juste parce qu’on pense qu’ils sont immatures ou autre, cela ne nous autorise pas à les mépriser ni à les considérer comme étant inférieurs. Puisque, ne l’oublions pas, nous sommes tous des pécheurs. Je ne suis pas meilleure que ceux qui me taquinent et m’embêtent et pensent que je suis agaçante, je suis même pire qu’eux parce que je les considère comme des êtres inférieurs.

Au bout du compte, nous sommes tous humains. Je suis faite de chair, d’os et de peau avec un cœur et une tête. Je suis humaine. Ce qui veut dire que j’ai hérité de tous les attributs d’un humain, notamment d’une nature pécheresse.

Pour ne pas être médiocre…

Ne l’oublions pas, nous avons tous besoin de Jésus. J’ai besoin de Jésus. Nous avons tous besoin de lui. Il est le seul qui peut tout faire. Il est le seul qui puisse me sauver.

Et sans lui, devinez quoi ?

Je suis médiocre.

« L’orgueil précède la ruine ; un esprit fier annonce la chute. »

Proverbes 16.18

Auteur : Rachel Seo