Le livre du mois « Les idoles du Cœur » – Tim Keller

Article de Gilles C. , 29 ans, professeur de langues

1. L’auteur et le livre

Timothy Keller est né en 1950 en Pennsylvanie, États-Unis. Il a une femme et trois enfants. Il est docteur en théologie et a fondé l’église presbytérienne Redeemer (Rédempteur) à New York qui accueille dans ses trois locaux plus de 5000 personnes chaque dimanche. Il a aussi accompagné la fondation de plus de 250 églises dans plus de 48 villes.

Il aime l’auteur C. S. Lewis, étant lui aussi un apologiste de la foi chrétienne. Il est le co-fondateur de The Gospel Coalition, qui réunit les croyants qui désirent se recentrer sur l’Évangile.

Les idoles du cœur est son 6ème opus, publié en 2009, et son titre mériterait d’être traduit littéralement : « Les contrefaçons de Dieu : les promesses vides de l’argent, le sexe et le pouvoir, et le seul espoir qui compte. »

2. Résumé

En effet, dans le titre du livre traduit littéralement, nous avons un bon résumé du livre. Premièrement, la thèse centrale du livre est que le seul espoir de l’humanité qui ne la décevra pas est une personne, Dieu, et que tous les autres espoirs sont faux et vides, ils contrefont Dieu mais finissent toujours par être infiniment moins bons et satisfaisants.

Deuxièmement, le prolongement du titre annonce le plan du livre car l’auteur se propose de briser un par un les idoles de l’amour, de l’argent et du pouvoir (succès, puissance et gloire), pour après s’attaquer même aux idoles cachées. Ces dernières sont celles qui sont moins évidentes à déceler, et par là-même se révéleront encore plus dangereuses.

Troisièmement, il faut admirer le christocentrisme de cet ouvrage puisque dans chacune des réponses aux problématiques développées il fait référence à Jésus-Christ en tant que solution ultime. Des parallèles sont établis entre le sacrifice d’Abraham et le sacrifice à la croix, entre Léa et Jésus (qui est descendant de Léa), la petite servante souffrante de 2 Rois 5.2-3 et le grand Serviteur souffrant qu’est Christ, l’orgueil du roi Nabuchodonosor et l’humilité du Roi des rois, entre Jonas et le « Jonas ultime » qu’est Jésus.

3. Avis personnel

J’ai vraiment apprécié la lecture de cette œuvre chrétienne qui, comme devraient le faire toutes les autres, sait lier la profondeur des analyses abstraites avec l’amplitude des applications concrètes. C’est pour cela que j’ai particulièrement aimé l’épilogue écrit par le même auteur, dans lequel nous avons une liste de moyens pragmatiques pour localiser et démasquer les idoles : examiner notre imagination, analyser la gestion de notre budget, se demander sur quoi nous fondons notre valeur et notre existence puis observer nos émotions extrêmes.

J’admire personnellement Timothy Keller car c’est un penseur hors norme, un pasteur-philosophe, un saint sage, un humble érudit. Depuis que j’ai écouté ses prédications et lu son livre « The Reason for God » (que je recommande) je l’ai adopté comme modèle par son style de réflexion et d’exposition. Mais le comble ce serait qu’il devienne une idole supplémentaire. Les vrais hommes de Dieu ne prennent jamais la gloire pour eux, ils savent que la plus grande joie d’une créature est de pointer vers le Créateur et c’est le cas de Timothy Keller.

Le bon est souvent l’ennemi du meilleur. L’argent est bon, tant que nous ne l’érigeons pas au-dessus de Dieu ou des humains. Les humains sont bons tant que nous ne nous les plaçons pas au-dessus de Dieu.  Fuir de Dieu pour aller vers le monde, c’est le monde à l’envers.

Or, depuis mes lectures de Nietzsche j’ai toujours trouvé fondamental d’analyser nos fondements en les remettant en question. Nous ne pouvons construire sur de bonnes bases qu’après avoir ébranlé toutes nos croyances et nos hypothèses. Ce travail d’iconoclaste (dans le sens de briseur d’idoles) est le seul qui pourra nous conduire au vrai Dieu après avoir permit qu’il nous brise.

En fin de compte, notre « Moi », notre « Ego », est l’idole ultime, car les idoles sont remplies de ce que nous projetons sur elles : nous adorons en elles ce que nous y avons mis de nous-mêmes. Le Diable a depuis toujours voulu contrefaire Dieu, et toutes nos tentatives de remplacer Dieu par des contrefaçons de Dieu sont diaboliques et vouées à l’échec. Dieu veut nous façonner à son image, pour que nous devenions des icônes, des prolongements de sa volonté divine et des instruments de sa grâce.

Tu peux te procurer le livre sur le site de la Maison de la Bible.

Auteur : Gilles Colin

Gilles, 28 ans, est professeur de sciences économiques et sociales. Il aime la philosophie et les buffets à volonté, et il est passionné de jeux de société.