« Je prie, mais Dieu ne répond pas ! »

Article de Kévin, 18 ans, toulousain, étudiant en histoire-géographie, créateur de BTF, et surtout, disciple de Jésus-Christ.

J’étais à la bibliothèque universitaire, mes pensées étaient tournées dans les livres d’histoire et un camarade de classe s’est assis à côté de moi. Après avoir discuté un moment, nous en étions à parler de Dieu. J’expliquais quelles étaient mes raisons d’être chrétien. Ce fût pour moi assez difficile lorsqu’il me parla de la raison pour laquelle, lui, n’y croyait pas : petit, il avait prié pour que sa grand-mère ne décède pas, et le contraire arriva. Ce n’était pas un argument intellectuel mais personnel, et le voyant rempli de larmes, je lui expliquais l’Évangile en Jésus-Christ, ce dernier ayant douloureusement connu la séparation d’avec celui qui l’aimait depuis toujours, Dieu le Père. De manière rétrospective, je me suis posé cette question : qui d’entre nous n’a jamais entendu quelqu’un lui dire « je prie, Dieu ne réponds pas ! ». Ou peut-être même est-ce vous-même qui vous la posez ? Croyants ou non, je suis certain que beaucoup ont déjà expérimenté ou entendu parler de cette sensation que les prières étaient vaines. Il n’y a pas si longtemps d’ailleurs, dans un débat, l’agnostique expliquait qu’une étude sociologique prouvait que les « résultats » des prières n’étaient finalement que le fruit d’une pathologie mentale. Peut-on avoir un avis différent en cette époque contemporaine, dans un des pays « illuminé » par la rationalité ?

Prier ? Oui, mais qui ?

Les attentats du 13 novembre 2015 à Paris ont ému beaucoup de personne, notamment par le biais de la sphère médiatique. Le slogan #PrayforParis a été largement diffusé, par des personnes de toutes idéologies. Oui, l’unité était une nécessité. Il faut cependant noter qu’un certain nombre de personnes ont critiqué le slogan, l’exemple du dalaï-lama étant symbolique : « Ne priez pas pour Paris, travaillez pour la paix. ». Mon but n’est pas d’analyser tous les tenants et aboutissements de ces événements, mais plutôt de réfléchir à cette question : si Dieu existe, vers qui s’adresser réellement ? La réponse qui consisterait à dire que « peu importe, les religions se valent » ne nous satisfera pas ici, en particulier lorsque celle-ci propose des chemins divergents. Si le christianisme est vrai (et nous croyons qu’il l’est), il est nécessaire de prier le Dieu Vivant (de l’Ancien et du Nouveau Testament). Jésus dit en Jean 14.13 : « Tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. ». Lorsque nous prions, c’est au nom de Jésus que nous le faisons. Non pas qu’il y ait une puissance magique dans le fait de dire « au nom de Jésus, Amen », ou bien « dans le nom de ton Fils, amen » ! Mais plutôt que cette parole, que nous proclamons, incarne notre identité, qui se cache dans le Christ. Elle reflète notre foi en Dieu par le moyen de la croix, du Fils sacrifié. Elle caractérise notre espoir dans le bouc émissaire, si je puis emprunter cette idée à René Girard. Ce n’est pas tant cette phrase qui compte, mais notre attitude devant Dieu. Une attitude comme ce publicain que Jésus décrivait dans une parabole (Luc 18) : sans hypocrisie.

Dieu répond-il inconditionnellement ?

C’est un sujet assez complexe. Je l’avoue, je n’ai pas d’idées arrêtées là-dessus, mais je souhaite juste donner quelques réflexions tirées de la Bible qui me semblent démontrer que certaines de nos actions, peuvent nuire à nos prières. Tout d’abord, j’aimerais parler de notre obéissance à Dieu, à sa volonté. Proverbes 28.9 l’illustre ainsi : « Si quelqu’un détourne l’oreille pour ne pas écouter la loi, sa prière est une abomination. ». Détournons-nous l’oreille de Dieu ? Matthieu 7 exprime la vérité selon laquelle celles et ceux que Jésus connaît intimement, ce sont celles et ceux qui accomplissent la volonté du Père. Réveillons-nous et « approchons-nous du trône de la grâce avec assurance, afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce pour être secourus dans nos besoins » (Hébreux 4.16). Sa grâce déversée dans nos cœurs est un moteur pour notre vie chrétienne, et en particulier dans notre vie de prière. Par ailleurs, la Bible met l’accent sur notre façon de considérer le pauvre. Jacques 1.27 dit que « la religion pure et sans tâche, devant Dieu notre Père, consiste à visiter les orphelins, et les veuves dans leurs afflictions, et à se préserver des souillures du monde ». Les orphelins et les veuves sont l’incarnation de la pauvreté et de la faiblesse : montrons-nous de l’amour envers les personnes mal-aimées de nos assemblées, de notre société ? Proverbes 21.13 dit que « celui qui ferme son oreille au cri du pauvre criera lui-même et n’aura point de réponse ». Si nous sommes sauvés par grâce, n’oublions pas que notre amour se doit d’être actif, œuvrant pour autrui. Notre attitude, qui finalement puise son exemple dans celle de Jésus de Nazareth, joue un rôle dans notre vie de prière. Si nous avons péché, nous ne pouvons pas prospérer dans notre vie spirituelle (voir Proverbes 28.13) : une simple chose à faire, c’est de les avouer humblement à Dieu (car il résiste aux orgueilleux) en Jésus, et nous obtiendrons miséricorde et paix dans notre cœur.

Dieu est au ciel, il fait ce qu’il veut

Finalement, une réalité importante : Dieu est Souverain. Avant même de prier, Dieu sait ce dont nous avons besoin. La prière n’est pas une formule de magicien, mais une preuve de l’authenticité de notre foi, de notre dépendance à celui que nous aimons, et en qui nous prenons plaisir. C’est pour cela que dans Matthieu 6, Jésus dit que cela ne sert à rien de multiplier de vaines redites, à la manière des païens qui s’imaginent qu’à force de parler, ils seront exaucés. Parfois, Dieu répond clairement et précisément, de telle manière qu’il est impossible que ce soit le fruit du hasard. Parfois, Dieu nous fait attendre : il y a toujours des raisons, par exemple le fait de persévérer dans un fruit de l’Esprit (Galates 5). Ce qui est certain, c’est que Dieu nous écoute, et qu’il est fidèle. Nous ne connaissons pas toutes choses, contrairement à lui, c’est pourquoi il est bon de se reposer entre ses mains souveraines. Persévérons en recherchant sa volonté pour nos vies !

Auteur : Kevin D.

Kevin, 17 ans, est toulousain, lycéen en terminale littéraire, créateur de BTF, et surtout disciple de Jésus-Christ.