Ne te tais pas, et sois belle !

22 Jan 2016 2 commentaires Eva

Article d’Eva, 21 ans.

Quand on a 15 ans et des cheveux longs, la beauté prend une importance toute particulière. On veut être jeune et jolie, parce que tout le monde dit qu’on le vaut bien. Il y a toujours la télé pour nous rappeler que ce qui est unique chez eux c’est vous, ou la bonne copine qui prône la beauté libérée. Au milieu de toutes ces images, c’est épuisant de grandir femme, tout change tellement vite. De nos jours, et c’est une bonne nouvelle pour toutes les bavardes, on ne vous dira plus le fameux « Sois belle et tais toi ». Mademoiselle n’a plus à faire silence, par contre, on peut se demander si la première partie de la phrase, ce petit “sois belle”, innocent, tout simple, n’est pas toujours d’actualité…

Une réalité à ne pas maquiller

Qui n’a jamais observé une jeune fille se plaindre de son physique puis se prendre 300 fois en photos, quitte à retenir sa respiration pour rentrer son ventre le plus possible, complexer puis culpabiliser de se maquiller, faire un régime puis attraper  le pot de Nutella, passer des heures à se coiffer pour au final ne jamais se sentir prête ?

La société est tellement dure face à toutes ces jeunes femmes. Elle nous renvoie constamment l’image : fille belle = fille épanouie. Cette équation a un triste résultat : les complexes, sur tous les aspects imaginables : cheveux trop longs, trop courts, trop clairs, trop foncés, trop lisses, trop bouclés, trop secs, trop gras… Impossible de savoir comment être bien dans ses baskets, alors on achète un petit miroir de poche pour vérifier toutes les 5 minutes que la frange n’a pas bougée. On voit émerger sur le web des milliers de tutoriel beauté, des centaines de filles en larmes, mal dans leur peau qui témoignent, des millions de nouveaux produits pour améliorer cela… Et évidemment, ce mal être ne touche pas que le monde séculier, il se développe de manière paradoxale dans les églises.

Quelles couleurs choisir ?

En effet, quand on croit en Dieu, c’est encore plus compliqué. Beaucoup de choses circulent, avec ou sans fondement textuel : seul le naturel le plus absolu est biblique (on ne veut pas savoir jusqu’où va le naturel), Dieu veut que la femme soit belle (à vos mascara mesdemoiselles), Dieu t’aime comme tu es, on lit que tout est permis mais tout n’est pas utile, que la femme ne doit pas se revêtir de parures de bijoux, on répète que nous sommes libres en Christ…

Alors, si je prends ma poubelle qu’est ce que je dois jeter ? Mon collier ? Mon fard a paupière ? Mon fond de teint ? Mon parfum ? Mon épilateur ? Ma nouvelle robe ? Mes talons ? Mon rouge à lèvre ? Prise concrètement, la réflexion est beaucoup moins évidente qu’elle n’y parait. Et au milieu de cette chambre, assise parmi les produits et les piles de vêtements, il y a une adolescente, seule dans ce débat, qui se sent mal, qui veut être jolie, et qui n’a pas envie que ce sentiment soit mauvais.

Changer les nuances

Il ne faut pas négliger les problématiques beautés chez la plupart des filles, ni que, dans la plupart de ces cas, l’épanouissement personnel passe par le règlement de cette question. Il y a trop de clichés, trop de souffrances. Il faut leur dire que ce n’est pas mal de vouloir régler leurs complexes, même de manière concrète : quand on est trop grosse, on peut manger moins, quand on n’a pas une belle peau, on peut aller chez le dermatologue, quand on veut limiter sa chute de cheveux, on peut prendre des vitamines, quand on a une mine fatiguée, on peut se mettre du brillant sur les yeux.

Toutes ces petites choses sont à la portée de chacune et peuvent engendrer de grands changements dans une vie. Cet article ne vient pas faire l’apologie des tatouages, piercings et autres changements définitifs, c’est un autre débat. Il vient simplement rassurer toutes ces adolescentes qui complexent. Quand c’est le cas, il faut apprendre à avoir l’humilité d’en parler. Pas à n’importe qui, pas au pasteur de 40 ans, ni au papi du fond de l’église, mais à une autre fille. Préparez-vous à être surprise par le nombre de femmes qui traversent les mêmes combats. Même la jolie blonde a appris à entretenir ses cheveux.  Il faut  briser le tabou, arrêter de croire qu’on nait bien dans sa peau ou qu’on est voué à complexer à tout jamais.

Un tableau réussi

Les complexes de beauté sont une problématique comme une autre, que l’ont peut/doit régler comme le reste, en s’adressant à la bonne personne. Nombreuses sont les femmes qui partageraient leurs conseils avec joie, mais qui sont trop peu sollicitées.

Évidemment, il ne faut pas rentrer dans l’idolâtrie du corps, dans le corps objet de séduction, dans le refus du “naturel”. L’ensemble de la Bible ne va pas dans ce sens. Dieu veut que les filles découvrent toute  la largeur, la profondeur, la hauteur de son amour pour chacune d’elles. Rien n’est plus important et plus valeureux à ses yeux que de les voir se confier en lui, s’épanouir pour sa gloire, se sanctifier continuellement. Leur identité est en lui. La couleur des yeux ou la taille du menton n’influencera jamais l’entrée au paradis. C’est important de répéter que pour Dieu le physique n’a pas d’importance, il l’aime comme il est, puisqu’il en est le Créateur, l’Artiste unique et authentique.

Mais si des complexes physiques viennent empêcher une jeune fille de vivre son identité en Christ, alors nous devons l’aider à avancer, sans la juger. La plupart des filles ne montrent pas qu’elles ne s’acceptent pas, c’est trop mal vu. Ce n’est pas pour autant que le problème est résolu. Alors soyons attentifs, écoutons, parlons, conseillons, avançons.

Il n’y a pas de règles, seulement des jeunes filles, futures femmes, qui ont envie de se sentir mieux. Je crois qu’on doit les encourager, même physiquement, parce que Dieu les aime et que nous aussi.

 

As-tu déjà consulté notre série Plaidoyer pour la beauté ?

Auteur : Eva