Que votre douceur soit connue de tous les hommes

Si vous deviez me dire quel est l’animal qui incarne la douceur, lequel serait-il ? Il se trouve qu’une expression qui prend ses sources au Moyen-Âge et qui se réaffirme différemment au XVIIe siècle caractérise quelqu’un de « doux comme un agneau ». Mais… l’illustration n’est-elle pas plus ancienne, si l’on plonge nos regards dans la Bible ?

Le Bon Berger, Jésus-Christ s’est en effet abaissé tel un agneau. Une trentaine de fois, l’Apocalypse de Jean dépeint le Sauveur tel un Agneau. Comble des paradoxes, c’est l’incarnation de la douceur qui est « assis sur le trône », recevant « la louange, l’honneur, la gloire et la domination, aux siècles des siècles » (Apocalypse 5.13) ! L’Agneau de Dieu, qui « ôte le péché du monde » (Jean 1.29) dira lui-même à ses amis, ceux qui l’aiment et lui obéissent : je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups (Luc 10.3). Par conséquent, quelle est notre relation avec la douceur ? Notre caractère en est-il imprégné ?

Précieux fruit de l’Esprit

Mon dictionnaire dit que la douceur est une qualité agréable aux sens, qui n’est pas « extrême », « discontinue » ou « brusque ; mais qui est sœur de l’affection, de la clémence et de la gentillesse. Quel tableau somptueux, non ? Pourtant, je ne vous apprendrai rien sur cela : nous sommes pèlerins d’un monde qui ne brandit pas le drapeau de la douceur. Au contraire. Chaque jour, des événements médiatisés nous rappellent tristement l’état du cœur humain. La colère s’exprime de la part des travailleurs, des chômeurs, des français, des immigrés, des policiers et des docteurs… Des antonymes tels que l’amertume, la frénésie, l’emportement, la brutalité, l’indifférence ou l’agressivité caractériseraient bien mieux l’état actuel de notre population mondiale, même s’il ne faudrait pas sombrer dans un catastrophisme généraliste.

Si tu crois au Seigneur Jésus glorieusement ressuscité, tu seras sauvé. Cette foi est active et remplie d’œuvres grâce au Saint-Esprit qui œuvre dans la vie de chacune des brebis entrant dans le grand troupeau de la famille en Christ. Et tu sais quoi ? Toute une ribambelle de bons fruits se développent dès lors que tu avances dans le chemin de la foi, celui de la vie chrétienne, qui se nomme tout simplement Jésus. Paul, dans Galates 5 met en scène cette réalité : il déplore les œuvres de la nature humaine, tels que l’immoralité sexuelle, l’idolâtrie, les haines et querelles, les jalousies, rivalités, divisions, sectes, l’envie, l’ivrognerie et excès de tables, etc. Pour contraster avec ça, il nous invite à considérer plusieurs fruits de l’Esprit (v.22), dont la douceur. Dans un contexte historique où la douceur n’était pas de façon nécessaire bien perçue, parce que parfois comprise comme une faiblesse, il est évident que nous avons besoin de reconsidérer la beauté de cet attribut, car il approfondira notre relation avec Dieu et renouvellera notre vie quotidienne avec les autres.

Sagesse et intelligence

« Lequel d’entre vous est sage et intelligent ? Qu’il montre ses œuvres par une bonne conduite avec la douceur de la sagesse. » : tels sont les mots de Jacques (3.13). L’apôtre Paul lui-même, parfois considéré comme un « dur » par nos contemporains, dira aux chrétiens d’Éphèse : « …en toute humilité et douceur, avec patience, supportez-vous les uns les autres dans l’amour… » (4.2), aux chrétiens de Colosses : « …revêtez-vous de sentiments de compassion, de bonté, d’humilité, de douceur, de patience… » (3.12), aux chrétiens de Philippe : « Que votre douceur soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche. » (4.5), ou encore à son ami Timothée, de « rechercher la justice, la piété, la foi, l’amour, la persévérance, la douceur » (1 Timothée 6.11). Ces nombreux encouragements à la douceur illustrent l’importance de cette qualité, qui, bien que pouvant être comprise comme faible par certaines personnes de votre entourage, est en réalité une force inébranlable pour celui qui la possède, tel des charbons ardents adressés lorsque celle-ci s’adresse à un ennemi, à quelqu’un qui nous fait mal. La douceur est, comme nous pouvons le voir, intimement liée à l’humilité, à l’amour de l’autre, ainsi qu’à la patience. Ces fruits vont de pairs. Maintenant que tu as lu mes quelques mots… sache que mon article ne va rien créer en toi. Si tu aspires à être doux(ce), arrête-toi quelques minutes pour parler à Dieu, qui possède le pouvoir de te donner ce caractère. Si tu fais ça, mon article n’aura pas été vain. Je prie pour qu’une génération démontre ainsi l’amour de Dieu pour les hommes.

Cependant, n’oublie jamais : être doux, ce n’est pas une attitude doucereuse, recherchant un intérêt, ou même une attitude passive. C’est aimer véritablement, mais cela ne signifie pas, par exemple, qu’il ne doit pas y avoir de discipline d’Église. Paul illustre cette vérité en parlant du profil du serviteur du Seigneur : « Il ne faut pas qu’un serviteur du Seigneur ait des conflits. Il doit au contraire être plein de bienveillance envers tous, capable d’enseigner et de supporter l’opposition. Il doit corriger avec douceur les adversaires : peut-être Dieu leur donnera-t-il de changer d’attitude pour connaître la vérité. » Ces paradoxes doivent être les nôtres, par une intention volontaire de notre cœur, par la grâce de Dieu.

Jésus, Douceur incarnée

Un verset splendide qu’il me fallait partager, sur la personne de Jésus : « Voici ton roi qui vient à toi, plein de douceur et monté sur un âne, sur un ânon, le petit d’une ânesse. » (citation de Zacharie 9.9 et de Matthieu 21.5). Si un chrétien se doit de rechercher la douceur, c’est bien parce que celui que nous suivons l’a incarnée pour atteindre le summum à la croix. Si tu ne sais pas où trouver la douceur, lui nous répond : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez du repos pour vos âmes. Car mon joug est doux, et mon fardeau léger. » (Matthieu 11.28-29). Comme le dit le Proverbe : « Par la lenteur à la colère on fléchit un prince, et une langue douce peut briser des os. » (25.15). La crucifixion de Christ nous montre le Roi des Rois souffrant, avec une bouche s’exclamant à la fin de sa vie : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. » Pourtant, lui seul connaît la gloire qu’il possède. Il est à la droite de Dieu, et imaginez ça : chaque genou fléchira sur la terre, affirmation de sa souveraineté. Son amour surpasse toute considération, sa douceur toute compréhension, tel est le message de l’Évangile, qui perce les cœurs. La douceur de Jésus fait la force de l’Évangile. La force de nos vies.

« Malheur à ceux qui changent l’amertume en douceur, et la douceur en amertume ! » (Ésaïe 5.20)

Auteur : Kevin D.

Kevin, 17 ans, est toulousain, lycéen en terminale littéraire, créateur de BTF, et surtout disciple de Jésus-Christ.