La motivation de nos rêves

16 Nov 2015 0 commentaire Nathan

Article de Nathan de la Reb’Team musique

 

Dans le milieu chrétien, il est courant de lire ou d’entendre des partages relatifs aux rêves, plus exactement à l’atteinte des rêves que nous avons. Nous pouvons trouver des enseignements nous suggérant qu’en tant que chrétiens, enfants de Dieu, nous avons en Christ les capacités d’aller au bout de nos rêves.

Les projets que l’Éternel a pour nous sont des projets de paix et non de malheur (Jérémie 29.11).

Néanmoins, l’homme qui souhaite tout contrôler, sa vie et celle des autres, se place devant SES projets. Nous sommes appelés à accomplir la volonté de Dieu, et non nos rêves.

 

1. Ressentir le cœur de Dieu 

Dieu permet que notre vie ait de multiples possibilités pour qu’il soit glorifié, et que son règne vienne autour de nous. Ses aspirations placées sur notre cœur peuvent être des « rêves » à atteindre. Cependant, le piège dont je souhaite parler dans cet article est que l’accomplissement de nos propres rêves soit la raison première (ou prépondérante) de notre appartenance à Christ.

À propos des instructions erronées sur l’aboutissement des rêves dans le milieu chrétien, l’Évangile est mis de côté pour présenter une réalité erronée, dont Jésus n’a d’ailleurs jamais parlé, et, qui plus est, s’avère égoïste. En effet, ce type d’enseignement caresse le chrétien dans le sens du poil, glorifie l’orateur et l’auditoire. Nous nous aimons nous-mêmes, plus que notre prochain, et plus que Dieu.

Ce thème peut être étroitement lié aux faux enseignements de la prospérité (voir l’article en question sur la Réb’), qui vise à exalter l’homme, qui peut se servir de Dieu (et de ses bénédictions) comme d’un levier pour vivre un épanouissement charnel, ainsi qu’une abondance, entre autres, matérielle.

Des réunions ou événements dans le milieu chrétien, ayant pour thème du genre « Croire en ses rêves » ne seraient-ils pas finalement qu’un moyen pour vivre nos propres ambitions ?

 

2. L’accomplissement de soi par soi-même 

Nous pouvons considérer plusieurs éléments de réflexion par rapport à cela : récemment, un proche m’a expliqué les coulisses du milieu ésotérique (qui comprend une liasse de pratiques telles que l’hypnose, le magnétisme, l’astrologie, les médiums, etc.). Dans cet environnement, l’homme et ses intérêts priment. L’homme est poussé à s’accomplir soi-même, notamment professionnellement, matériellement, mais aussi spirituellement ! Car le domaine spirituel est loin d’être ignoré.

Ces pratiques douteuses mettent l’accent sur l’accomplissement de soi avec, entre autres, un focus sur l’atteinte des rêves. Ces usages occultes tournent autour de la culture du pouvoir (« Si je veux, je peux »), l’un des plus grands dangers étant le focus sur l’homme, sa propre capacité, et la réussite de sa vie sur Terre se traduisant par une prospérité matérielle et spirituelle.

En outre, dans le milieu chrétien, nous retrouvons parfois d’inquiétantes similitudes par rapport à certains courants de pensée de ce monde. Ces courants sont d’autant plus pervers que l’aspect spirituel (occulte) sera masqué (comme la méthode de la « pensée positive » – qui n’a rien à voir avec l’optimisme ou « penser positivement » – qui cache un principe occulte par la croyance en « l’Univers » qui sera assimilé à Dieu).

N’est-ce pas curieux que certains buts, similaires à ces méthodes, soient présentés dans le milieu chrétien ?

Néanmoins, convenons immédiatement d’un point qui pourrait être mépris : nous pouvons avoir des rêves qui accomplissent la volonté de Dieu, qui soient en phase avec l’Évangile, comme le doit être notre vie entière. Un couple de missionnaires français m’a un jour présenté leur parcours depuis qu’ils ont décidé de se consacrer à l’évangélisation. Ils ont commencé avec certains rêves comme, par exemple, distribuer des Bibles en Chine ; faire de la mission dans tel et tel pays, etc. Dieu les avait honorés. Leurs premiers rêves ont été accomplis en quelques années. Ensuite, en eux sont arrivés de nouveaux rêves, pour lesquels Dieu avait déjà, ou était en train de devenir réels, pour la simple raison que ces désirs n’avaient qu’un but : que le Royaume de Dieu vienne !

 

3. La poursuite de nos propres rêves éloignera de Dieu 

Nous pouvons nous poser certaines questions avant d’entamer notre marche vers la réalisation d’un projet : est-ce que ce « rêve » s’avère utile pour son royaume ? (dont nous devons nous préoccuper en premier lieu – Matthieu 6.33). Me permettra-t-il de mieux servir Dieu ? Est-ce que l’énergie, le temps et l’argent valent la peine d’être investis ?

Si ce « rêve » ne se réalise pas, en voudrais-je à Dieu ? Ou accepterai-je de croire encore qu’il est souverain, et que tout concourt à mon bien (Romains 8.28) ?

L’homme n’a pas été fait pour rêver (ni même pour vivre) pour lui, mais pour Dieu. Jésus n’a jamais parlé de telles « vérités ». Il a notamment beaucoup insisté sur les souffrances qui nous attendent, et la croix que nous devons porter. Je pense aux chrétiens persécutés dans le monde, qui seraient ahuris d’entendre un gentil chrétien occidental leur proposer : « Allez courage ! Dieu veut te bénir, tu peux vivre pleinement ta vie et atteindre tes rêves ! ».

Convenons que les chrétiens persécutés ont beaucoup à nous apprendre.

Beaucoup.

4. La vérité sur notre statut d’enfant de Dieu 

En tant qu’enfants de Dieu, nous pouvons vivre au quotidien le bonheur et la grâce de Dieu qui nous accompagnent (notamment dans les temps difficiles, ou les épreuves). Cependant, notre statut de chrétien ne se traduit pas par, d’emblée, une prospérité et un accomplissement de soi et de nos rêves. Notre chair doit être écrasée, combattue, réduite au silence pour que l’Esprit accomplisse son œuvre dans notre vie. Dans Galates 5, au verset 24, Paul nous rappelle : « Ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs. »

 

Rébellutionnaire, à travers tes rêves, qui est glorifié ?

Auteur : Nathan

Nathan fait partie de l'équipe musique de la Rébellution.