Qu’est-ce que l’évangélisation ? – James Packer

10 Août 2015 5 commentaires

Après avoir lu le livre de James Innell Packer, L’évangélisation et la souveraineté de Dieu j’ai particulièrement retenu la définition et la description qu’il donne de l’évangélisation. J’espère qu’elle te sera utile !

 

 » Qu’est-ce que l’évangélisation ? On pourrait s’étonner de ce que des chrétiens évangéliques se posent cette question. A juger par l’accent que des croyants mettent sur l’importance primordiale de l’évangélisation, nous pourrions croire que leur opinion est unanime sur sa nature. Mais, en fait, chaque fois qu’on en discute il se manifeste une telle confusion qu’il devient évident que l’accord n’est pas réalisé sur ce point. Une phrase suffit pour révéler l’origine de cette confusion. Elle provient de notre habitude (une habitude très répandue et persistante) de définir l’évangélisation non en fonction du message apporté, mais en fonction de l’effet produit sur les auditeurs.

[…] Évangéliser signifie annoncer proclamer un message spécifique. […] On ne peut pas qualifier d’évangélisation l’enseignement de vérités générales au sujet de l’existence de Dieu ou de la loi morale, évangéliser, c’est présenter Jésus-Christ, le Fils de Dieu qui est devenu homme à un moment donné de l’histoire du monde, afin de sauver des hommes perdus. […] On ne peut donc pas qualifier d’évangélisation la simple présentation de l’enseignement et de l’exemple du Christ sur le plan de l’Histoire, ni même la vérité sur son oeuvre de salut ; évangéliser, c’est présenter Jésus-Christ lui-même, le Sauveur vivant et le Seigneur qui règne. Ou encore, […], peut-on qualifier d’évangélisation le fait de présenter simplement Jésus vivant, un ami et une aide, mais sans référence à son oeuvre rédemptrice sur la croix ? Évangéliser, c’est présenter Jésus comme le Christ, le serviteur oint par Dieu, celui qui accomplit les tâches du ministère qui lui a été confié ; celui qui est à la fois Prêtre et Roi. « Jésus-Christ homme » doit être présenté comme le « seul médiateur entre Dieu et les hommes », celui qui « a souffert une fois pour les péchés, afin de nous amener à Dieu », celui par qui (et par qui seul) les hommes peuvent être amenés à mettre leur confiance en Dieu, selon ce qu’il dit de lui-même : « Je suis le chemin, la vérité et la vie : nul ne vient au Père que par moi. » Il doit être proclamé Sauveur, celui qui « est venu dans le monde pour sauver les pécheurs », et celui qui « nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous », celui qui « nous délivre de la colère à venir. » Il doit aussi être présenté comme étant le Roi : « Car Christ est mort et il a vécu, afin de dominer sur les morts et sur les vivants. » Ainsi, là où ce message spécifique n’est pas présenté il n’y a pas d’évangélisation.

Ensuite, cette définition établit qu’évangéliser signifie présenter ce message spécifique en lui donnant une application spécifique. Selon cette définition, on n’évangélise pas lorsqu’on présente Jésus-Christ comme sujet d’une étude critique et comparative. Évangéliser, selon cette définition, c’est présenter Jésus-Christ en relation avec les besoins des hommes et des femmes dont l’état de pécheurs fait qu’ils sont sous sa colère comme Juge. Évangéliser, c’est donc leur présenter Jésus-Christ comme leur seul espoir, et dans ce monde et dans le monde à venir. Évangéliser, c’est exhorter des pécheurs à accepter le fait que, sans Christ, ils sont perdus, dans le sens le plus définitif et le plus absolu du mot, et les appeler à accepter Jésus-Christ comme leur Sauveur. Et ce n’est pas tout. Évangéliser signifie aussi adjurer les hommes de recevoir Jésus-Christ dans sa totalité (Seigneur, aussi bien que Sauveur) et par conséquent à le servir comme leur Roi dans la communion de l’Eglise, l’assemblée de ceux qui l’adorent, témoignent pour lui, et travaillent pour lui ici-bas, sur la terre. En d’autres termes, l’Evangile est un appel adressé aux pécheurs de changer de conduite, aussi bien que de croire, ; il consiste, non seulement en une invitation divine à recevoir un Sauveur, mais aussi en un ordre divin de se repentir du péché. Et là où ces deux applications n’existent pas, on ne peut pas parler d’évangélisation.

[…] L’évangélisation est bien la responsabilité des hommes, mais c’est Dieu qui donne la foi. Il est bien vrai que le désir de chaque évangéliste est de voir des conversions, et que notre définition exprime clairement l’idéal qu’il aspire à voir se réaliser dans son propre ministère ; mais ce n’est pas d’après l’efficacité que nous pourrons savoir si oui ou non nous avons évangélisé. […] Les résultats qui suivent une prédication ne dépendent pas des désirs et des intentions des hommes ; ils dépendent de la volonté du Dieu Tout-Puissant.

[…] Alors, comment faut-il définir l’évangélisation ? […] Selon le Nouveau Testament, l’évangélisation est simplement la prédication de l’Évangile. Elle est une oeuvre de communication par laquelle les croyants se font les porte-parole du message de la grâce de Dieu pour les pécheurs. Celui qui proclame fidèlement ce message, qu’il le fasse dans une grande réunion, dans une petite réunion du haut de la chaire ou dans un entretien personnel ; celui-là évangélise. Puisque le point culminant du message divin est l’appel que le Créateur adresse au monde pécheur (appel à se repentir, et à mettre sa foi en Christ) il s’ensuit que celui qui proclame ce message doit appeler ses auditeurs à se convertir. Si vous ne cherchez pas, dans ce sens, à amener des hommes à la conversion, vous n’évangélisez pas. « 

Que penses-tu de cette définition ?

 

Laurent Dv
Auteur : Laurent Dv

19 ans, rébellutionaire et étudiant en prépa intégrée à Clermont-Ferrand

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