Mon voyage loin de la louange contemporaine

Article traduit de l’anglais de Dan Michael Cogan

J’ai été ce que beaucoup appellent un « leader de louange » pendant près de 20 ans. Au début, quand je me suis engagé dans le ministère de la louange dans un groupe de jeunes d’une Assemblée de Dieu, nous chantions des chants comme « The Name of the Lord Is a Strong Tower », « As the Deer, Lord I Lift Your Name on High » et d’autres chants des années 80′ et 90′. Notre Église était considérée comme une Église bien avancée en termes de style, étant donné que nous n’utilisions quasiment que des chansons contemporaines.

Cela impliquait que si nous étions amenés à visiter une Église « traditionnelle », non seulement je ne connaissais pas les cantiques, mais en plus je ne les accompagnais pas lorsqu’on les chantait et je me moquais d’eux dans mon cœur (des gens plus que des chants) parce que je les trouvais démodés.

C’est pendant ces années de formation de leader de louange que j’ai commencé à introduire de plus en plus de chansons contemporaines au sein de notre groupe de jeunes. C’est alors que j’ai découvert des artistes connus comme Delirious?, Darrel Evans, Matt Redman et Vineyard Music avec des chansons comme « Did you feel the Moutains Tremble », « Trading My Sorrows », « Heart of Worship » et « Hungry ».

En tant que jeune musicien qui désirait honorer Christ, je trouvais ces chansons particulièrement incontournables. Je me sentais différent quand je les chantais. Tout comme Nirvana faisait écho à l’angoisse de la Génération X, des groupes comme Delirious? faisaient écho à une génération de jeunes chrétiens qui ne se sentaient pas prêts à chanter les chants de leurs parents ou grands-parents.

Pendant ces années, quand j’écoutais occasionnellement des hymnes, le langage me semblait toujours incroyablement étranger avec Ebenezers and bulwarks, diadems and fetters, ce qui ne faisait que renforcer mon préjugé comme quoi les hymnes étaient tout simplement périmés. Ils avaient servi leur cause et avaient fait leur temps.

J’ai commencé à réaliser le problème de ma jeune logique il y a environ sept ans. J’ai fini par reconnaître que ces hymnes anciens accomplissaient une chose que les nouveaux chants ne faisaient pas. Tandis que la louange contemporaine semblait porter son auditoire dans des montagnes russes d’exaltation et d’émotion, les cantiques anciens engageaient l’esprit avec des vérités profondes et glorieuses qui, lorsqu’elles étaient examinées sincèrement, entraînaient une régénération du cœur et le poussaient à se prosterner avec humilité devant son Roi.

Lorsqu’en 2007 j’ai accepté mon premier poste en tant que membre salarié au sein du personnel d’une église, j’ai commencé à prendre l’habitude de nous faire chanter un hymne chaque semaine. Parfois, des personnes me demandaient en rigolant ce qu’était un « Ebenezer ». Ce que j’ai découvert, c’est que lorsque je leur donnais une définition basique de ces mots que nous chantions et qui semblaient si obsolètes, leur réponse était généralement quelque chose du genre « Oh ? Cool. Je ne savais pas ! » Je pense que lorsqu’ils posaient la question, ils s’attendaient presque à m’entendre dire “Je ne sais pas ! C’est un mot bizarre hein ?” Mais au lieu de ça, ils étaient mis au défi d’apprendre non seulement un nouveau mot, mais aussi de réfléchir véritablement sur les choses divines lorsque nous chantions ses louanges.

Aujourd’hui, parmi les chants que je choisis de chanter avec notre congrégation, il y en a toujours qui ont été écrits récemment ; mais ils se font de plus en plus rares. De même, les critères de sélection que j’adopte sont de plus en plus approfondis. Les cantiques ont commencé à gagner du terrain dans ma sélection de chants, et ce pour deux raisons.

Premièrement, ces hymnes ont été chantés par des géants de la foi qui sont passés avant nous au cours de ces deux derniers millénaires. Lorsque nous chantons « A Mighty Fortress Is Our God », nous nous joignons à son auteur Martin Luther et à Calvin, Spurgeon, ainsi qu’à Edwards qui le chantaient et le chérissaient. Lorsque nous chantons « It Is Well With My Soul », nous sommes encouragés par la foi de Horatio Spafford qui a écrit ce cantique suite au tragique décès de l’une de ses quatre filles. Il est vrai que de nombreuses chansons contemporaines ont certainement été écrites par de formidables frères et sœurs en Christ, qui ont sûrement eux aussi dû faire face à des épreuves. Cependant, nous ne devons pas prendre à la légère le fait que nous pouvons nous joindre à ces générations passées et nous souvenir que l’Église est loin de s’arrêter à notre congrégation locale, mais qu’elle va beaucoup plus loin que notre propre ville, région ou pays, et est bien plus ancienne que les plus âgés des chrétiens qui vivent encore aujourd’hui. Ce rappel devrait créer en nous un désir de chanter les chants que notre famille a chantés pendant deux mille ans (et même plus si on examine les Psaumes).

Deuxièmement, le contenu des cantiques est quasiment toujours plus riche d’un point de vue théologique. Quand je dis riche, je ne veux pas forcément dire que chaque hymne relate l’Évangile dans son intégralité, ou encore que tous enseignent clairement les cinq Points du Calvinisme. Ce que je veux dire, c’est que la théologie présente dans les hymnes a habituellement une plus grande résonance ou est plus saine que dans une grande partie des autres chansons de louange contemporaines. Comme dit plus haut, les chansons contemporaines suscitent le plus souvent nos émotions tandis que les cantiques suscitent plutôt nos cœurs en tant qu’esprits.

On peut citer comme exemple l’un des titres du top 10 des chansons contemporaines chantées dans les églises évangéliques américaines en ce moment et qui est intitulé « One Thing Remains ». Bien qu’il n’y ait rien dans cette chanson qui soit particulièrement mauvais (au contraire, les paroles sont plutôt bonnes), il me semble que le but de cette chanson est d’amener les auditeurs dans un certain état émotionnel. Voici le refrain :

« Ton amour ne manque jamais / Il n’abandonne jamais / Il ne s’épuise jamais pour moi / Ton amour ne manque jamais / Il n’abandonne jamais / Il ne s’épuise jamais pour moi / Ton amour ne manque jamais / Il n’abandonne jamais / Il ne s’épuise jamais pour moi/ Ton amour / Ton amour / Ton amour. »

 

Avec la répétition de simples paroles comme celles-ci, je n’exagère pas si je dis que le but de ce compositeur n’était pas de susciter l’esprit de l’auditeur.

Au contraire, l’hymne « Rock of Ages » de Augustus Toplady est un son rempli de la doctrine, et c’est également une chanson très émouvante au sujet de notre dépendance à Christ notre roc :

« Roc à travers les âges, tu as été brisé pour moi / Laisse-moi me réfugier en toi/ Laisse les eaux et le sang / qui de ton côté transpercé ont coulé / être la guérison à mon péché/ Sauve moi de ta colère et rends moi pur. »

Alors j’appelle mes frères et sœurs de ce ministère à ne pas négliger ces choses des temps passés. En fait, j’abandonnerais la plupart des chansons contemporaines. Si pour de la louange en congrégation tu cherches une chanson basée sur son contenu (disons que tu as choisi une chanson contemporaine parce qu’elle se concentre sur la Croix), fais l’effort de trouver un cantique qui exprime la même idée ou la même doctrine d’une manière plus profonde. Si, en revanche, tu as choisi une chanson à cause de la manière dont elle te fait sentir ou des émotions qu’elle suscite, demande toi si tu dépends du Saint-Esprit ou si tu comptes sur tes propres compétences pour entraîner nos frères et sœurs à chanter pour notre Roi.