Le mythe du bonheur

Article de Jaquelle Crowe, fille de pasteur, terminant ses études de communication en Nouvelle Écosse. Original disponible ici [anglais].

Ce monde est remplit de personnes vivant des relations qui se passent mal. Tout autour de nous, on peut voir des mariages brisés, des familles malheureuses, et des relations amicales qui se finissent. Le don de la communauté que Dieu nous a fait, qui était à l’origine pour notre bien, a été perverti et brisé. Et je crois que l’origine de la détérioration de la communauté est ce que j’appelle le mythe du bonheur.

J’ai réalisé que le mythe du bonheur était le problème alors que je murmurais une chanson qui en parle. Cette chanson a été utilisée par de nombreuses publicités (c’est un air très entrainant). Elle a été écrite par Kyle Andrews et Neil Mason et a pour titre « You Always Make Me Smile » (Tu me fais toujours sourire).

Le refrain dit ceci :

« Je ne sais pas pourquoi je t’aime
Je sais seulement que je n’arrête pas de penser à toi
Ah attends
C’est parce que tu me fais toujours sourire »

Le mythe du bonheur nous fait croire que nos relations ont pour but notre bien-être personnel, pour nous faire du bien et ainsi nous rendre heureux. Kyle Andrews et Neil Mason posent la question : « Pourquoi est-ce que je t’aime ? »

Et leur réponse : « Parce que tu me rends heureux. »

Donc nous choisissons notre épouse comme on choisirait un chat : muni d’une liste de compétences. En bonne santé, mignonne, propre, polie, obéissante, affectueuse, et qui va facilement s’adapter à ma façon de vivre. Nous choisissons nos amis comme nos repas : ils doivent satisfaire nos besoins et nos désirs. Comment est-ce que cette personne pourrait m’être le plus utile ? Et nous nous mettons en colère lorsque nos relations ne servent pas notre avantage, quand c’est à nous de nous sacrifier ou de servir l’autre.

Vous voyez, le mythe du bonheur est entré dans les milieux chrétiens. Nous nous sommes mis à voir la communauté et nos relations comme le monde les voit. Nous sommes entrés dans une mentalité du « moi », cette idée pathologique selon laquelle notre bien-être est l’objectif de nos relations. Et cela doit changer.

On peut lire dans Marc 10.45 : « Car le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de plusieurs. »

Si Jésus-Christ est le guide et modèle de notre vie, nos relations doivent être imprégnées par le service et non l’égoïsme, l’humilité au lieu de la fierté. Une fervente poursuite du bien-être de l’autre avant le notre. Nos relations ne sont pas censées nous rendre heureux tout le temps ; elles devraient être régies par un service mutuel et un amour au sein de la communauté.

Le mythe du bonheur est un mensonge. Ce n’est pas comme ça qu’un chrétien devrait penser. Tournons plutôt nos yeux vers la croix et, dans un esprit de soumission à Dieu, servons-nous les uns les autres comme Christ l’a fait.

Jaquelle Crowe

Jaquelle est l'ancienne éditrice en chef du mouvement The Rebelution (version américaine de la Réb'). Elle est l'auteure du livre Ça change tout, qu'elle a écrit quand elle avait 19 ans.

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4 Commentaires

    Déborah S
  • Cet article est trop vrai !

    Nous avons trop souvent une notion du bonheur qui est erronée. Nous oublions qu’il n’est pas dans le fait d’être en mesure de satisfaire nos propres besoins et désirs comme la société le présente.. mais qu’il est dans le « simple » (pas si simple) fait de placer sa joie et son plaisir en Dieu.
    Il y a quelques temps j’ai lu un petit livre de John Piper qui s’appelle « La recherche du bonheur » qui m’a énormément aidé à comprendre et expliquer ce que dit la bible du bonheur.

    Merci à l’équipe traduction ;)

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    • Je trouve que le livre « L’hédonisme chrétien » de John Pipper ne va pas trop dans ce sens : il montre que le service et le bonheur sont étroitement liés !

      Et que les disciples et même Jésus ont agi, motivés par un bonheur présent et par la recherche d’un bonheur à venir.

      Mais lisez-le, ce sera sûrement mieux expliqué que par ces quelques lignes…

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    • @JCA : Je n’en suis pas certain, mais si tu réponds à son commentaire, je ne vois pas où Déborah a opposé service et bonheur ? Elle a parlé de placer sa joie et son plaisir en Dieu.

      Si tu réponds à l’article de Jaquelle, elle n’oppose pas bonheur et vie chrétienne. Elle condamne au contraire « le mythe du bonheur », c’est à dire l’esprit d’un bonheur individualiste auto-satisfaisant de notre culture. Comme elle le dit : « The happiness myth could really be called the self-satisfaction myth, for that’s what the world’s happiness is. True happiness is really joy, and that can only be found (as you said) from Christ. »

      Voici une autre de ses phrases, qui appuie clairement ce que tu disais par rapport au lien entre service et bonheur : « True happiness comes from service to the Lord, like in To Save a Life. ». En bref, elle dénonce ici le « mythe du bonheur » de notre société, qui prend sa source dans l’égoïsme, pour que notre cœur tendent au vrai bonheur, celui de service par Jésus-Christ.

      Merci pour la traduction de l’article !

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  • En effet, le service, le renoncement va avec le bonheur. Tout simplement parce que l’homme n’a pas été créé pour lui-même. Si l’homme devient son propre centre et son propre but alors il passe à coté du bonheur, mais le « mythe du bonheur » lui fait croire le contraire.
    Et oui, Piper (et Lewis aussi!) éclaire vraiment cette question du bonheur dans ses livres.
    « Réjouissez vous DANS LE SEIGNEUR »
    Il faut être vigilant et ne pas prendre la saine doctrine du bonheur en Dieu et la transformer en un Evangile égoïste et centré sur le bonheur de l’homme.
    Piper insiste bien sur le fait que c’est en recherchant la gloire de Dieu que l’on devient heureux.

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