Les fondateurs de la Rébellution – 5 ans après !

Article de Sarah Eekhoff Zylstra, publié initialement sur le site de The Gospel Coalition, traduit avec autorisation par notre équipe. Alex et Brett sont les fondateurs de The Rebelution, le mouvement à l’origine de notre blog.

« Faites des choses difficiles », (ou do hard things pour les anglophones) ont dit Alex et Brett Harris à leurs compatriotes adolescents il y a 6 ans. Lève-toi tôt. Sors de ta zone de confort. Fais plus que ce que l’on te demande. Trouve une cause. Aie la foi. Va à contre-courant. Sois meilleur que ce que ta culture attend de toi.

À cette époque, les jumeaux Harris avaient 18 ans et c’est eux qui ont donné l’exemple. À l’âge de 16 ans, ils ont travaillé durant l’été pour finir leurs années de lycée (d’école à la maison). Ensuite, ils ont travaillé pour la Cour Suprême d’Alabama. Ils ont organisé une campagne politique populaire dans tout l’état. Ils ont commencé un blog, fondé le mouvement de la Rébellution (le site internet anglais compte plus de 40 millions de pages visitées), ils ont écrit un livre (vendu en 470 000 exemplaires) et ont parlé en public lors de  conférences.

Ils avaient alors 20 ans.

Jésus

Mais ils ne se sont pas relâchés. Les jumeaux sont entrés à l’Université Patrick Henry, étaient au premier rang de plaidoiries nationales et ont écrit un autre livre. Ils se sont tous deux mariés, se sont occupés de leur mère et l’ont enterrée, ils ont choisi des directions différentes pour leurs carrières. Depuis, Dieu a conduit Alex et Brett qui ont maintenant 25 ans dans deux directions radicalement différentes qui illustrent les mystérieux plans et buts du Seigneur quand il nous appelle à tout laisser et le suivre.

« Nous faisons des choses difficiles, non pas pour être sauvés, mais parce que nous sommes sauvés, » m’a dit Brett. « Notre volonté d’obéir à Dieu même quand c’est dur amplifie la valeur de Christ, car à travers notre obéissance, nous disons au monde que Jésus est plus précieux que notre confort, que la facilité et que rester en sécurité. » En effet, nous sommes sauvés par la grâce et créés pour accomplir des œuvres bonnes (Éphésiens 2.8-10).

Dans la famille Harris, « faire des choses difficiles » est simplement une manière de dire « fais des œuvres bonnes », a dit Brett. « Nous avons trouvé que c’était une manière efficace de dire « fais des œuvres bonnes » parce que nous avons souvent besoin de se faire rappeler que faire de bonnes œuvres est difficile, que c’est supposé être difficile, que ça met le feu des projecteurs sur Dieu, donc exactement là où il doit être et parce que tout ça, c’est dur. »

Six ans après avoir publié ensemble leur premier livre, les frères suivent l’exemple d’obéissance de Jésus et s’attaquent à des défis encore plus grands.

« Faire des grandes choses en tant qu’adolescent et en tant qu’étudiant m’a énormément préparé à ce que je fais aujourd’hui, » a dit Alex qui est à présent en dernière année de droit à Harvard, berceau de Barack Obama, de Mitt Romney et de beaucoup d’autres personnalités de l’élite de la nation, anciennes ou actuelles. Il est un rédacteur de la prestigieuse revue Harvard Law (Droit Harvard) et il prévoit pour l’année prochaine de travailler dans le Colorado pour la Cour d’Appel des États-Unis pour le dixième circuit.

Jésus

Les choix difficiles n’étaient pas toujours ceux qui semblaient les plus grands : opter pour la lecture plutôt que pour la télé, étudier plutôt que jouer aux jeux vidéo, rejoindre l’équipe de débat plutôt que celle de basket-ball. « Faire des choses difficiles durant une certaine saison te prépare à affronter la suivante avec un élan et un objectif » a déclaré Alex.

Cela s’explique par le fait que se rebeller contre les faibles attentes et faire des choses difficiles est une mentalité qui grandit avec toi, a ajouté Brett. Ce dernier travaille toujours pour le mouvement de la Rébellution, mais a passé une grande partie des deux dernières années à prendre soin de sa femme Ana qui souffre de la maladie de Lyme. Maladie transmise par les tiques, la maladie de Lyme peut avoir de sérieuses répercussions si elle n’est pas traitée. Ana a probablement été mordue lorsqu’elle avait 10 ans, mais n’a été diagnostiquée seulement que quelques mois après leur mariage, a expliqué Brett.

En plus de l’accompagner chez le médecin et de l’aider dans ses options médicales, Brett cuisine pour elle, l’aide à se laver, la porte dans les escaliers, et durant ses mois de maladie les plus difficiles, il a travaillé avec elle pour l’aider dans ses crises de panique dues à l’infection bactérienne dans son cerveau.

Souffrir avec Ana « devient parfois tellement difficile que tu te sens juste totalement impuissant, » a-t-il dit. « Et dans ces moments, soit tu t’auto-détruis, soit tu t’attends à la miséricorde de Dieu. Tu ne peux pas faire face à la souffrance intense sans faire un choix entre la foi et le cynisme. Soit ça te rend plus fort, soit ça te ronge. »

Alors que Brett et Ana ont crié à Jésus, ils ont trouvé la liberté en acceptant leur vie telle qu’elle est pour le moment. « Ce n’est pas une grosse distraction. Ce n’est pas un énorme détour. C’est le chemin que Dieu a pour nous et il mène à quelque chose de bien. Ça pourrait même être notre moment décisif… »

Dieu ne les a pas abandonnés. En réalité, il a préparé Brett en lui apprenant la discipline de faire des choses difficiles. En fin de compte, prendre soin de Ana signifie porter une énorme responsabilité a expliqué Brett, étant donné que son bien-être dépend en grande partie de la façon avec laquelle il répond à ses besoins et à quel point il met sont égoïsme de côté en donnant de son temps et de son énergie pour la servir.

Jésus

« Si j’avais passé mes années d’adolescent à fuir les responsabilités et les difficultés, que ferais-je maintenant ? » a t-il demandé. « J’aurais pu traîner dehors, jouer aux jeux-vidéos et trouver des manières d’y échapper aux difficultés. J’aurais pu mettre cette responsabilité sur les épaules de ses parents au lieu de porter cela sur moi-même. »

La responsabilité est un muscle qui a besoin d’être travaillé, a affirmé Brett. Pour lui, cet exercice a commencé lorsqu’il était en maternelle, en remplissant le lave-vaisselle, puis à l’école primaire lorsqu’il a été désigné responsable du jardin et des poules de la famille.

Selon leur grand frère Joshua Harris qui a écrit J’ai tourné le dos au flirt à l’âge de 22 ans,  le fait qu’ils aient grandi en tant que jumeaux leur a donné un élan. « Ils se sont  véritablement poussés l’un l’autre » a-t-il ajouté. « Ils étaient sans arrêt en train de se dépasser l’un l’autre, de se lancer des défis. »

Ils ont aussi pris beaucoup de leur père, Greg Harris, un leader national du mouvement de l’école à la maison. « Notre père nous a façonnés chacun d’une manière considérable », a relaté Josh. « Nous avons grandi dans cette idée de communiquer et de conduire. Les jumeaux l’ont portée jusqu’à un tout nouveau niveau grâce à internet et à un message contraignant, mais indispensable qui a eu une résonance ».

Jésus

Alex et Brett croient toujours que les années d’adolescence sont un tremplin unique pour les jeunes qui choisissent de faire des grandes choses. Quand les jumeaux ont eu la chance de pouvoir réviser leur livre avant sa deuxième publication en 2013, ils ont choisi de le laisser quasiment intact.

« Les années d’adolescence font partie des années les plus précieuses de notre vie en terme de développement d’une mentalité réfléchie et de préparation du futur, » a déclaré Alex. « Le message de ‘faire des choses difficiles’ est alors nécessaire, car les adolescents sont sujets aux attentes les plus faibles et les plus dommageables de notre société. »

Le concept d’adolescence n’existait pas avant le 20e siècle ont écrit les deux frères dans leur livre. Leur problème n’est pas à propos du mot lui-même qui signifie « grandir », mais à propos de sa compréhension moderne qui encourage les jeunes gens à rester immatures pour une durée aussi longue que possible, parfois même jusque dans la vingtaine ou la trentaine. « J’ai assisté à des études bibliques de jeunes célibataires qui m’ont tellement rappelé les groupes de jeunes que je n’étais pas sûr de me trouver au bon endroit. » a raconté Brett.

Jésus

Bien-sûr, l’idée de faire des choses difficiles n’est pas seulement adressée aux ados. Les frères Harris ont eu « d’innombrables e-mails » de la part d’adultes qui ont réagi à leur message. « La nécessité de faire des choses difficiles ne change pas en grandissant » a expliqué Alex. L’enjeu devient juste plus grand.

« Ces petites choses difficiles ne sont en réalité pas du tout petites, mais peuvent même être un bien plus grand défi et un test plus réel de ton caractère que n’importe quelle autre grande chose, » a dit Brett. « Le seul moyen de vraiment réussir d’une façon considérable, c’est d’être fidèle dans les petites choses. En ce qui me concerne, les quatre dernières années ou peut-être même plus (à partir du moment où ma mère est tombée malade jusqu’à aujourd’hui) ont été bien plus marquées par ces ‘petites’ choses difficiles que par les grandes. »

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Quand un cancer a été diagnostiqué sur Sono Harris, Alex et Brett étaient alors en deuxième année de fac. Cet été là, Brett était l’un des premiers à lui porter des soins. Les mois difficiles qu’il a passé avec elle l’ont aidé à se préparer à prendre soin de sa femme.

« Tu ne choisis pas ce que tu vas devoir supporter sur ta route, et si tu n’as pas travaillé ton muscle [qui te permet de faire des choses difficiles], ça va t’écraser. » a-t-il dit. « C’est ce que je vois arriver à beaucoup d’autres. » Parfois, exercer ces muscles te fatigue complètement. « Prendre soin de quelqu’un peut te rendre las parce que tu penses, ‘ce n’est pas comme ça que je voyais ma vie, mon mariage.’ a confié Brett. La douleur d’Ana peut être épouvantable et respecter son traitement se révèle parfois exténuant. « Je ne veux pas que ma femme doive passer par cela, » a-t-il dit. « Je ne voulais pas passer par cela. « C’est facile de se concentrer sur le sentiment qui me dicte que ce n’est pas la vie que je veux, plutôt que sur la réalité que c’est la vie que Dieu a pour moi. »

Me souvenir de l’histoire de Joseph et de la fidélité de Dieu sur une durée de vie me recentre sur lui.

« L’histoire de Joseph semblait plutôt triste pendant un moment, mais Dieu était en train de travailler dans son cœur et de le préparer pour une mission future. » a expliqué Brett. « Son histoire me rappelle que mon plan pour ma vie n’est pas aussi bien que celui de Dieu. »

Jésus

Pour Brett, aimer Ana et mettre sa vie de côté pour elle est ce que Dieu veut qu’il fasse. « Ce qui me permet de continuer d’avancer, c’est de savoir que c’est ce que je suis sensé faire. Ce n’est pas une interruption du plan de Dieu pour ma vie. C’est son plan pour ma vie, au moins pendant un certain temps. Et en fin de compte, je sais que plus tard, c’est ce que je souhaiterai avoir fait. »

Alors pour Brett, la chose la plus difficile qu’il fait, c’est être fidèle dans les tâches quotidiennes comme aider sa femme à se laver ou bien la conduire à un rendez-vous chez le médecin plutôt que de poursuivre son rêve d’écrire.

Jésus

À Harvard, Alex a également trouvé que la fidélité dans les petites tâches était la chose la plus difficile à faire.

« Les choses pour lesquelles les gens ne te louent pas ou qui ne suscitent pas l’admiration  de la part de tes pairs sont plus difficiles, mais sont généralement les choses les plus importantes. » a-t-il dit. En tant qu’étudiant en droit, cela implique donc les choix quotidiens comme privilégier les temps avec sa femme Courtney et leur petite fille.

Jésus

Certaines des décisions difficiles qu’ont dû prendre les Harris étaient petites. À l’apogée de leur mouvement de la Rébellution, avec un livre en poche, un site en pleine expansion et un planning d’engagements pour des conférences, ils ont choisi de descendre de la scène pour être les premiers de leur famille à fréquenter l’université.

« Par de nombreuses manières, nous avons pris une certaine distance lorsque le livre et tout le reste sont arrivés au point culminant. » a raconté Brett. « C’était une décision réfléchie de notre part et de celle de nos parents. C’était si important pour nous en tant qu’adolescents de 19 ans de ne pas accepter, de quelque manière que ce soit, que nous étions ‘arrivés’, mais de reconnaître notre besoin de continuer notre instruction. »

Dans ce choix difficile se cachait un autre : la décision d’écouter ou non leurs parents. Les jeunes hommes ont tous les deux attribué à leurs parents la décision de les pousser à aller à l’université.

« Choisir d’aller à l’université au lieu de poursuivre notre temps sous les projecteurs avec la Rébellution était un choix difficile, mais une bonne décision, » a-t-il dit. « Je ne serai certainement pas à l’école de droit aujourd’hui si nous n’avions pas choisi de prendre du recul et de mettre la priorité sur notre préparation. »

Les parents devraient avoir des attentes élevées vis à vis de leurs enfants a-t-il dit, mais ces dernières doivent être justes. Le danger survient lorsque les parents ont des attentes élevées et précises en demandant par exemple une réussite académique, beaucoup d’implications extrascolaires ou une certaine excellence athlétique. Cela peut s’étendre à des attentes comme fréquenter une université prestigieuse, avoir un bon salaire et acheter une belle maison. « Mes parents avaient une définition bien plus large du succès : c’était que leurs enfants aient des vies significatives et pleines de sens » a dit Alex.

Jésus

Tu ne peux pas à la fois « tout faire » et faire un bon travail, a-t-il dit. Mais tu peux faire tout ce que Dieu t’a appelé à faire.

Et jusque là, les frères Harris en sont la preuve vivante. « J’ai l’impression qu’à ce jour, mon histoire et celle d’Alex sont deux témoignages différents du pouvoir de faire des choses difficiles et de se rebeller contre les faibles attentes durant l’adolescence » a dit Brett. « Alex démontre l’incroyable énergie qu’on peut avoir et le niveau de compétences et de caractère qui peuvent être atteints si on commence à les rechercher dès le plus jeune âge. »

Dans un certain sens, Alex a été préparé à faire des choses difficiles en faisant des choses difficiles dès l’école primaire, a expliqué Brett. « Il excelle dans ce domaine, non pas parce qu’il a un QI plus élevé que celui des autres, mais parce qu’il avait de 6 à 10 ans d’avance. C’est énorme. Cela explique en grande partie pourquoi nous encourageons les jeunes  à faire des choses difficiles. »

De son côté, la vie de Brett illustre le besoin de faire des choses difficiles pour se préparer aux malheurs de notre monde. « Nous ne pouvons pas protéger nos enfants des difficultés et ensuite les lâcher dans une vie adulte sans souffrances. » a-t-il dit. Aimer ses enfants signifie qu’on les prépare à affronter la difficulté en leur permettant de s’engager dans le monde, de gérer les conséquences de leurs actions, et de réussir à travers les déceptions et les échecs qui sont inévitables.

« La fidélité silencieuse, mettre sa vie de côté quotidiennement pour s’occuper d’une autre personne, c’est ce à quoi Dieu nous appelle en tant que croyants. » a expliqué Alex. « C’est incroyablement dur, ce n’est pas séduisant, mais ça glorifie Dieu. Et c’est exactement ce que Brett est en train de faire. »

La vie de Brett est plus difficile qu’il ne l’aurait jamais imaginé. Mais il était prêt, tout comme Alex, parce que pendant des années, ils avaient déjà choisi d’attendre plus d’eux-mêmes par amour pour Dieu et pour leur entourage.

Retrouvez les articles de Alex et Brett que nous avons traduit !

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10 Commentaires

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  • Franchement merci pour ce post !! Ce sont vraiment des exemples à suivre !! C’est parfois si dure de sortir de notre zone de confort, d’allez de l’avant, d’être fidèle dans les petites choses !! Que Dieu m’aide, que je puisse avoir assez de courage pour sa ! Comme chacun d’entre nous, que nous puissions vivre pleinement la vie que Dieu a pour nous !

    Soyez bénis !

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    • Amen!

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  • Au risque d’être un peu seul, j’ai ressenti un certain malaise en lisant cet article.
    Je ne suis pas forcément sûr que cet activisme forcené soit le meilleur exemple que l’on puisse donner.

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    • Bonjour David !
      « Activisme forcené », comme tu y vas !
      Justement, cet article montre que Brett met sa vie de côté (et certainement une partie de son activisme) pour aimer sa femme… C’est un excellent exemple à donner à des jeunes, tu ne trouves pas ?

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    • Bonjour Nicolas,

      Si c’est un très bon exemple. Mais à titre personnel, je ne trouve pas que c’est ce qui ressort le plus clairement de l’article.
      En écrivant mon premier commentaire, je ne savais pas vraiment comment verbaliser ce malaise que je ressentais.
      Avec un peu de recul, je pense avoir trouvé les mots.

      Le danger pour moi est de confondre le « sprint » et le « marathon ». La vie chrétienne est un marathon et j’ai l’impression que cet article nous pousse plus au sprint. Faire plein de choses pour Dieu c’est bien, malheureusement, à vouloir trop faire beaucoup ont fini par craquer totalement à cause de cela.

      Mon commentaire est donc un simple appel à la prudence et à la modération destiné notamment aux plus jeunes, qui peuvent avoir plus de zèle que de sagesse, maintenant à chacun d’en faire ce qu’il veut :)

      Bonne journée à toi et merci pour ta réponse,

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  • Bonjour !
    Très bonne idée que de nous donner des nouvelles des fondateurs, « cinq ans après »(il sera intéressant de le revoir, « vingt ans après »). Et bravo(comme merci)pour le travail de traduction !
    De bons principes et un appel à vivre à contre-courant du « siècle présent », comme de vivre, non pour soi, mais pour Dieu et pour les autres. On peut apprécier le réalisme non cynique et l’esprit de service et de dévouement (pour ne pas parler d’abnégation), ainsi que la fidélité des fondateurs(comme leur volonté de ne pas tomber dans le piège de la célébrité). La partie consacrée à l’épouse de Brett est touchante. Chapeau, vraiment. Je trouve aussi juste le « Tu ne peux pas à la fois « tout faire » et faire un bon travail, a-t-il dit. Mais tu peux faire tout ce que Dieu t’a appelé à faire ». La question est plutôt dans le « comment ». Et « avec qui ? »

    Néanmoins, l’on peut comprendre ceux qui ressentent « un certain malaise » en lisant cet article, à l’instar du commentaire de David. Ce n’est pas ce que je ressens exactement, mais je reste plutôt perplexe par ce qui en ressort, même si je comprends les motivations et l’esprit qui anime les deux frères.

    Perso, le risque reste une forme d’ « activisme forcené »(selon la formule de David), où l’on n’a plus le droit de s’arrêter, et où la vie semble être une sorte de compétition permanente, avec une série de défis(toujours plus grand) à relever. On vit « à 100 à l’heure »-à la différence que, bien sûr, « c’est pour Dieu », et que ce « 100 à l’heure » semble avoir du sens…Mais tout de même…
    On note la récurrence du mot « difficile ». Cela me paraît plutôt excessif(évidemment, l’épreuve que vit Brett et son épouse est « difficile »). Certes, le Seigneur est réaliste, cf Jean 12-16, mais faire la volonté de Dieu(ou pratiquer ses commandements) ne devrait pas être perçu comme « difficile » ou « pénible »(en tout cas, ce n’est pas ce sur quoi la Parole met l’accent) : 1 Jean 5v3-4 insiste sur l’amour, et l’amour de Dieu, qui « consiste à garder ses commandements. Et ses commandements ne sont pas pénibles, parce que tout ce qui est né de Dieu triomphe du monde; et la victoire qui triomphe du monde, c’est notre foi.… »

    Plutôt que de trop parler de « ce que l’on fait »(plutôt de qui on est), qui « est difficile », mieux vaut parler de ces « œuvres bonnes ». Rappeler « que faire de bonnes œuvres est difficile, que c’est supposé être difficile », je ne suis pas certain que cela « met le feu des projecteurs sur Dieu » tant que cela, surtout si l’on considère que « tout ça [glorifier Dieu], c’est dur. » Et non pas par ce qu’on l’aime, parce que Lui nous a aimé le premier, par exemple ? Rappeler que « tout cela est dur », que « c’est difficile », invite certes à se dépasser mais avec le danger que l’on se concentre exclusivement sur notre performance(« j’ai » dépassé cette difficulté, en attendant un défi toujours plus grand que le précédent cf l’histoire vraie du prodige du surf Jay Moriarity, né en 1978 en Californie racontée dans le film « Chasing Mavericks », sorti en France fin novembre 2012).

    Ce qui nous exhorte à « offrir nos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu » en tant que « culte raisonnable », ce sont les « compassions de Dieu » cf Rom. 12v1-3 et ss. L’exhortation « Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence » a pour but de nous conduire « à discerner quelle est la volonté de Dieu ». Et cette volonté de Dieu n’est pas présentée comme « dure » ou « difficile », mais comme « ce qui est bon, agréable et parfait ». La suite du passage vaut la peine d’être lue : « Par la grâce qui m’a été donnée, je dis à chacun de vous de n’avoir pas de lui-même une trop haute opinion, mais de revêtir des sentiments modestes, selon la mesure de foi que Dieu a départie à chacun ».

    Du coup, ce qui ressort de l’image de Dieu (sans doute involontairement) donnée par le témoignage des deux frères est l’image d’un père exigeant (Il l’est : « vous serez saints, car je suis saint »), dans le sens qu’Il exigerait sans cesse cette sorte de compétition permanente.
    L’accent est plus mis sur le « faire » que sur « l’être »-qui détermine pourtant le « faire », même si l’on perçoit que cela est aussi important pour les frères Harris. Mais il manque (me semble-t-il-du moins, l’accent aurait pu être plus explicite encore) aussi le « avec » et le « comment » : « notre capacité nous vient de Dieu »(2 Cor.3v5)…qui produit en nous « le vouloir et le faire »(Phil.2v13). « Séparé (de lui), nous ne pouvons rien faire »(Jean 15v5).
    Il manque aussi la grâce : celle-ci, dit Paul à Tite, « source de salut pour tous les hommes, a été manifestée. Elle nous enseigne à renoncer à l’impiété et aux convoitises mondaines, et à vivre dans le siècle présent selon la sagesse, la justice et la piété, en attendant la bienheureuse espérance, et la manifestation de la gloire du grand Dieu et de notre Sauveur Jésus Christ, qui s’est donné lui-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité, et de se faire un peuple qui lui appartienne, purifié par lui et zélé pour les bonnes œuvres » (Tite 2v11-14 )

    Ceci dit, en dépit de mes remarques sévères(j’espère que vous me pardonnerez ma franchise) sur le « faire » et le « difficile » à toutes les sauces, je reste convaincu que les fondateurs de la Rebellution (belle idée de génie que ce mot-valise !)ont voulu vivre l’esprit de ce passage. Et rien que pour cette exhortation à « se rebeller » contre la médiocrité ambiante, qui nous pousse au « toujours moins » et « à toujours plus bas »-effectivement, il est plus difficile d’ « opter pour la lecture plutôt que pour la télé », d’ « étudier plutôt que jouer aux jeux vidéo, rejoindre l’équipe de débat plutôt que celle de basket-ball »-comme ce refus de l’immaturité, leur témoignage(et leur exemple)reste précieux.

    Fraternellement,
    Pep’s

    PS : Remarque perso adressée à l’équipe : A noter que la version française de La Rebellution, n’est plus « le blog qui défie tes attentes »(en rouge et noir), mais « la Reb’ », le « blog jeunesse d’Evangile 21 », tout en vert. Du « blog qui » au « blog de ». J’avoue avoir du mal à m’y faire, depuis le temps(2010 environ) que je vous lis avec attention et intérêt.

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    • Je suis d’accord avec Peps, je préférais « le blog qui »

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    • Bonjour pepscafé !
      Merci pour ton commentaire !
      En effet, il y a un réel danger de tomber dans le « faire des défis pour faire des défis », et oublier que notre mission c’est d’abord d’aimer Dieu et notre prochain. J’ai découvert récemment cet article , très intéressant sur le sujet.
      Aujourd’hui, notre blog met moins l’accent sur le « do hard thing » qui était le véritable fer de lance de The Rebelution, et essayons d’être plus équilibrés à ce niveau, en mettant aussi l’accent sur la piété personnelle, la vie de disciple, l’être, comme tu le mentionnais.
      C’est aussi pour cette raison que nous avons pris de la distance avec eux, ce que tu peux constater au niveau graphique, ou sur le slogan. Pour celui-ci, nous avions lancé un appel ici pour en trouver un nouveau… Appel qui n’a pas donné grand chose. Ce slogan marque bien notre proximité (ce que nous voulions faire pour la transition) avec TGC, et il n’est pas définitif…

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  • « Nous faisons des choses difficiles, non pas pour être sauvés, mais parce que nous sommes sauvés »

    C’est exactement ça ! La joie d’appartenir au peuple des rachetés, par pure grâce, nous donne l’envie et la force de faire des trucs de ouf pour honorer notre Sauveur !

      Déborah S
    • A fond ! C’est là notre vraie joie, quand Dieu est au centre de nos motivations.

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