Ce que personne ne te dit avant de partir en mission

crédit photo : relevantmagazine.com
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Article de Michelle Acker Perez, publié initialement ici [anglais].

Aux États-Unis, plus d’1,5 million de personnes partent en mission chaque année. Cela fait beaucoup de monde. Et ces 1,5 million de personnes dépensent près de 2 milliard de $ (environ 1,5 milliard d’euros) pour ces voyages.

Mon mari et moi vivons au Guatemala et accueillons des équipes de missionnaires « court-terme » tout au long de l’année. À la base, je viens de Californie et je suis née et ai grandi au Guatemala. Pour moi, les missions à court-terme étaient comme des colonies de vacances. Chaque été, j’avais la chance d’aller quelque part et « d’aider les gens ». Pour mon mari et sa famille, accueillir des équipes de missionnaires au Guatemala faisait partie d’une habitude. Des bénédictions en ressortaient, mais c’était surtout beaucoup de travail.

Nous avons tous les deux vu les bonnes, les mauvaises et les horribles choses de ce genre de missions. Et nous continuons de ressentir cette tension avec les équipes que nous accueillons. Font-ils plus de mal que de bien ? Perpétuent-ils le cycle de la pauvreté ? Contribuent-ils à ce ressenti de supériorité, ou d’infériorité ? Notre travail avec les familles et les communautés au Guatemala, aussi bien que les écoles et Églises qui viennent des États-Unis, nous a amenés à quotidiennement nous poser des questions.

Nous avons appris que, peut-être, la manière dont nous partons peut compter plus que ce que nous faisons. Et voici quelques principes que tu n’as peut-être pas encore entendus, pour réellement tirer profit des missions à court-terme.

  1. Tu n’es pas un héros

D’abord, avant de partir et quand tu arriveras là-bas, ton équipe doit s’engager à se débarrasser du complexe du héros. Assurer le développement des pays se fait sans héros « court-termiste », mais sur le long terme. Et si ton groupe veut simplement être héroïque pendant une semaine, alors vous ferez sans doute plus de mal que de bien.

  1. La pauvreté peut sembler différente de tes attentes

Si, à la fin de ton voyage, tu te dis : « Je suis tellement reconnaissant de ce que j’ai, parce qu’ils ont tellement peu », c’est que tu n’as rien compris.

Toi aussi, tu es pauvre. Mais peut-être que tu te caches derrière tous tes gadgets. Il y a la pauvreté matérielle, la pauvreté physique, la pauvreté spirituelle, et la pauvreté au global. Nous avons tous à reconnaître notre corruption et notre profond besoin de Dieu avant de pouvoir espérer servir les autres.

  1. Le contexte historique peut être aussi important que le contexte immédiat

As-tu étudié l’histoire du pays ou du quartier où tu vas ? Comprends-tu le rôle qu’a joué ton pays là-dedans ? Sais-tu quel a déjà été le rôle des Églises et missions là-bas ? Connais-tu le besoin actuel et les difficultés de ces personnes ? Connaître l’arrière-plan de là où tu vas t’aidera à savoir comment tu peux mieux servir et aider de manière adéquate dans le contexte immédiat.

  1. Ne fais pas un travail que les gens peuvent faire eux-mêmes

Les personnes vivant dans les pays en développement peuvent peindre un mur (j’ai vérifié), alors pourquoi le fais-tu pour eux ? Si peindre un mur ou une école est si nécessaire dans l’endroit où tu vas travailler, alors demande aux étudiants de cette école ou aux habitants du village de le faire avec toi.

La devise doit être de faire les choses avec les personnes, pas pour les personnes. Toujours.

  1. L’apprentissage a lieu quand les relations sont réciproques

Sois prêt à parler de ta famille, de tes douleurs et de tes besoins. Parfois, les habitants des pays en voie de développement pensent que tout le monde est riche, blanc et heureux en Occident. Nous savons que ce n’est pas vrai, et nous avons l’opportunité de partager de manière honnête, de nous mettre à nu.  En priorité, construis des relations sur des projets complémentaires et réciproques.

Tu es un ambassadeur de ton pays. Grâce à la mondialisation, YouTube et Facebook, la plupart des pays en développement vont avoir certains préjugés sur ton pays avant que tu n’arrives. Sois aussi disposé à poser des questions et à témoigner sur toi-même et ta culture !

Parmi les mêmes idées, avant de prendre une photo, demande-toi : « Est-ce que cela me dérangerait qu’un étranger prenne une photo de ma fille/sœur ou de mon fils/frère dans cette situation ? » Si la réponse est oui, alors ne la prends pas. Reviens avec des histoires et le nom des gens, pas simplement un album entier d’enfants anonymes.

  1. Partir, c’est quelque chose de vraiment particulier

Tout ceci n’a pas été écrit pour te décourager du champ missionnaire. Au contraire, l’action de partir est importante. Jésus a quitté sa maison, le confort de son père pour aller, pour être au milieu du peuple. Ton enthousiasme pour quitter ta maison, ton confort et PARTIR est aussi un exemple.

Alors, va. Sois au milieu du peuple. Vis avec eux. Apprends avec eux. Mange ce qu’ils mangent. Observe ce qu’ils font. Ne passe pas ton temps au Mac Do.

  1. Ne récolte pas 1 000 € pour une semaine pour ne rien donner l’année qui suit

Nous savons tous que l’argent ne fait pas tout. Mais quand il est utilisé sagement, il peut faire une grande différence dans la vie des personnes. Tu as probablement écrit des lettres et lavé des voitures pour récolter de l’argent pour partir en mission, non ? Qu’est-ce qui te retient de continuer ? Nous travaillons dur pour un séjour d’une semaine, mais après ? Peut-être qu’en plus, ton Église, ton groupe de jeunes ou ton école a travaillé à rassembler chaque euro pendant toute une année, somme que tu as dépensé dans une semaine de voyage…

  1. Tu n’as pas besoin de prendre l’avion pour aider les pauvres

Pourquoi ne pas rechercher l’équité dans ton quartier ? Demande-toi : « Si Jésus était ici, à qui parlerait-il ? » L’enfant handicapé qui s’assoit au fond de tes réunions de groupe de jeunes ? Le Portugais qui nettoie ton bureau ? La femme qui récolte les canettes dans le parc ? Demande à Dieu de te donner des yeux pour voir ce qu’il voit. Cela pourrait changer ta vie.

S’il te plaît, n’arrête pas de partir en mission. Mais aide ton équipe à comprendre que la manière dont nous faisons des missions à court-terme peut, en réalité, compter plus que ce que nous y faisons.

Et pour te prouver que nous t’encourageons à partir, voici :