Gungor : la facilité au placard

Article de Nathan, de la Réb’Team louange

Pour vous faire une brève présentation, le groupe Güngör (prononcez simplement « Gungor », les trémas sont purement stylistiques) est composé de Michael Gungor, de son épouse Lisa, et d’autres musiciens qui viennent se greffer au noyau de base (de 1 à 7 musiciens supplémentaires) pour les sessions studios et les concerts. Anciennement « The Michael Gungor Band » avec 2 albums studios au compteur (qui ne valent pas forcément le détour, sauf pour les amateurs de rock chrétien ordinaire), l’appellation définitive marque un renouveau dans leur approche musicale, et Güngör a signé 3 albums alliant la folk, l’indie et le soft rock, le tout à un niveau élevé d’expérimentation.

Le premier opus « Beautiful Things » (2010) propose des morceaux pop/rock solides, avec notamment le morceau d’ouverture « Dry Bones », chant furieux qui laisse planer le doute quant au réel style du groupe, puis vient le chef-d’oeuvre « Beautiful Things », morceau délicat, tout simplement parfait.

Le deuxième album « Ghosts Upon the Earth » (2011) restera sans doute leur meilleur album. On est époustouflés par un premier morceau « Let There Be », qui nous confirme d’emblée que l’on n’a pas affaire à un groupe ordinaire. S’en suivent des compositions empreintes d’originalité, de fantaisies et d’arrangements tout aussi surprenants les uns que les autres.

« Ghost Upon The Earth » brise tous les clichés que l’on peut avoir à propos des musiciens « chrétiens », et comme si ça ne suffisait pas, Güngör pousse le bouchon encore plus loin sur « I Am Mountain » (2013), leur 3e album, une sorte de disque expérimental complètement à contre-pied de ce que l’on peut trouver dans l’univers de la folk.

En tout cas, rien d’absolument facile, et un troisième album loin d’être accessible, si ce n’est le morceau éponyme avec notamment un clip vidéo, qui se veut jovial sans être kitch.

Là où la musique dite « chrétienne » peine si souvent à proposer de la fraîcheur et de l’originalité par rapport à la musique séculière, Güngör est une bouffée de créativité, et nous propose un folk/rock audacieux qui risque peut-être d’en dérouter certains, là où d’autres y trouveront une musique contenant de fabuleuses richesses.

Güngor représente une excellente alternative dans la pop/folk, notamment chrétienne. Le groupe refuse intentionnellement l’appellation de groupe « chrétien », et on ne peut qu’approuver cette démarche sachant que cette étiquette l’aurait sans doute réduit à un certain public et à une visibilité limitée. Ce positionnement n’empêche pas une réelle profondeur dans les textes, notamment sur « Beautiful Things », sorte d’encouragement puissant sur notre utilité sur Terre, ou dans leur dernier single « I Am Mountain » explorant subtilement la condition si particulière de l’homme (en tant que création), à la fois composé de poussières et de merveilles, nous ouvrant les yeux sur la complexité et la richesse de la création divine.

Je vous recommande fortement leur deuxième album, « Ghost Upon The Earth », qui pour ma part, représente ma dernière grosse découverte (ma dernière grosse claque !). Et je vous laisse découvrir leur dernier clip (très coloré), « I Am Mountain« , extrait de l’album éponyme sorti en septembre dernier.

Nathan

Nathan fait partie de l'équipe musique de la Rébellution.

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9 Commentaires

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  • Dans le même genre que Gungor j’aimerai proposé :

    Kings Kaleidoscope
    All Sons & Daughters
    Rend Collective Experiment
    Chelsea Moon
    C’est aussi de la folk un peu indie et vraiment hyper créatif !

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  • Merci Fred pour tes propositions ! Il y a de bons groupes =)
    Peut-être qu’on leur consacrera une chronique prochainement.

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  • Super groupe, merci pour la découverte !

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  • Résume assez bien ce que je pense de Gungor et de la musique chrétienne en général.

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  • Merci d’avoir fait un article sur ce groupe encore peu connu en France, je l’apprécie beaucoup et je conseille aussi la chanson « God is not a white man » qui fait sourire mais aussi réfléchir =) Le clip est très coloré et sympa. Et c’est vrai que « Beautiful things » est une chanson fantastique !
    Bonne idée de faire des articles sur la musique, surtout sur des artistes chrétiens qu’on ne connait pas forcément. Continuez comme ça ;) !

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  • Pour ajouter a la liste de Fred, j’ajouterais Run River North, The Oh Hello’s, The Civil Wars, Sufjan Stevens, etc.

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  • Merci pour cette chronique! Un groupe qui fait avancer la musique chrétienne :)

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  • Hum mon commentaire va totalement à contre-pied des précédents… Enfin bon, l’expérience que j’ai vécu vis à vis de ce groupe est très personnelle, mais je me suis dit que la partager pourrait peut-être servir à quelques-uns :)

    Lorsque je suis tombée sur cet article, je me suis dit « yes, enfin un groupe chrétien qui a l’air original !! » ; je suis allée écouter « I am a mountain », et en effet, j’ai trouvé ça magnifique, j’ai été conquise directe. Je l’ai même écouté en boucle pendant quelques jours… jusqu’à ce que je réalise que ce qui me plaisait dans cette chanson, c’était principalement la mélodie. Les paroles sont très poétiques certes, mais tellement imagées qu’on passerait presque à côté du message.

    Or quel intérêt il y a-t-il a écouter une musique, dont on ne saisit pas vraiment les paroles, pour la seule raison que les compositeurs sont chrétiens ? Bon ce qui est certain, c’est que ça ne fera pas de mal ! Mais ce que j’ai réalisé à ce moment là, c’est que finalement Güngor m’avait plut pour les mêmes raisons qu’une chanson du monde me plairait. Certes leur musique est vraiment originale et leur but ne doit donc pas être – uniquement – commercial. Mais la question se pose tout de même : qu’est-ce qui t’a séduit ? l’univers musical, l’originalité ? ou bien lorsque tu chantes ces paroles tu peux dire que tu te sens en présence du saint esprit ? Tant mieux si tu réponds oui à la seconde question, amen ! Mais en ce qui me concerne, j’ai réalisé que ce n’était pas le cas.

    Certains penseront peut-être « et en admettant que l’on soit séduit par l’univers musical, serait-ce un problème ? » J’avoue ignorer la réponse à cette question, qui me travaille depuis un bon bout de temps et à laquelle j’espère pouvoir répondre un jour avec conviction. Mais pour l’instant, je dois dire que j’ai tendance à penser, oui c’est un problème ; car quelle est alors la différence entre Güngor et un groupe non-chrétien ? Ils sont chrétiens, certes (et encore, ils refusent d’intégrer la catégorie des artistes chrétiens…) et donc leur talent leur vient de Dieu. Mais… il y en a plein des artistes non-chrétiens qui sont vraiment talentueux et originaux !

    Et puis, en ce qui me concerne, je ne trouve pas positif qu’ils refusent « intentionnellement l’appellation de groupe « chrétien »  » comme on peut le lire dans l’article ; et l’auteur ajoute « et on ne peut qu’approuver cette démarche sachant que cette étiquette l’aurait sans doute réduit à un certain public et à une visibilité limitée ».
    Qu’en est-il de ces versets (Jean 15) alors : « 19Vous n’appartenez pas au monde. Sinon, le monde vous aimerait, parce que vous seriez à lui. Mais je vous ai choisis et tirés du monde, et vous n’appartenez pas au monde. C’est pourquoi le monde vous déteste. »… ? Je pense aussi aux versets où Jésus compare les Chrétiens à « la lumière du monde » ; à aucun moment il ne suggère que ceci risquerait de nous condamner à une « visibilité limitée » !

    Ainsi, si Güngor fait clairement une différence dans le milieu musical chrétien, se démarque-t-il autant dans la musique du monde ? Parce que cette originalité musicale pour qui est-elle : les oreilles des hommes ou à la gloire du Seigneur ? Mon but n’est pas de faire un réquisitoire de la beauté, pas du tout ! La question est celle de l’intention. Or quand j’écoute ce groupe, il m’apparaît à l’évidence qu’il possède un don, mais j’ai le sentiment que la musique passe avant le service du Seigneur…

    J’ai conscience que ce ressenti est très personnel et j’ai aussi conscience d’avoir écouté très peu de leurs chansons ; de fait mon jugement est peut-être un peu violent, j’en conviens ^^ Mais vous pouvez certainement remplacer le nom de Güngor par d’autres artistes chrétiens… Depuis que je m’interroge véritablement sur les musiques chrétiennes que j’écoute, je me rends compte à quel point certains groupes sont trop peu différents des stars du monde…

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  • Merci pour ton partage Charlotte !
    Je te rejoins par rapport à toutes ces considérations. Je trouve les convictions difficiles à avoir sur ce sujet. En tout cas, j’adhère à tes réflexions.

    Je réagis sur un point en particulier : à propos de refuser « intentionnellement l’appellation de groupe « chrétien » », je pense qu’il y a du bon là-dedans.
    J’ai un groupe de musique. Nous sommes chrétiens. Cependant, nous présenter sous cette appellation est, d’une, absurde (j’expliquerai pourquoi dans un deuxième temps), et de deux, nous fermerait des portes. Récemment, nous avons pu jouer dans un bar (dans le Vieux-Lyon), donc un lieu séculier. J’ignore si l’invitation aurait été acceptée si nous nous serions présenter comme groupe « chrétien ». Nous sommes un groupe de folk, en français. Point barre.

    Ensuite, durant cette soirée, nous avons pu parler de Dieu (dans nos chansons, et entre). Il aurait été normal que nous soyons hués, ou que nous recevions des tomates ou des œufs pourris dans la face. Il n’en a pas été ainsi, gloire à Dieu. Mais gloire à Dieu également si l’on nous aurait rejetés, insultés en raison de Jésus !

    Enfin, je réalise finalement que cette appellation est un détail… Personne n’affiche sa « religion » ou sa non-croyance ?
    Perso, je n’ai jamais vu d’artiste procéder de cette manière. J’ai quelques exemples en tête : La Fouine n’est pas un « rappeur musulman », Francis Cabrel n’est pas un chanteur « catholique ». Ou encore Tito Prince n’est pas un rappeur « chrétien » (il a fait des duos avec Disiz ou Soprano, c’est juste génial).
    Finalement, je pense que l’on se trompe dès le départ à vouloir étiqueter.

    Ta remarque sur la « visibilité limitée » est juste, mais nous pouvons constater qu’elle l’est, dès lors que nous mettons en avant nos convictions chrétiennes.

    On peut parler d’infiltration : en tant que chrétiens, nous vivons dans le monde et tentons d’apporter la lumière où nous allons. Maintenant, le Seigneur nous appelle-t-il à cela ?… Là est une bonne question. Il peut y avoir des chrétiens évoluant avec leur art, dans un milieu séculier… J’ai du mal à croire que ce soit mauvais, mais je comprends que l’on puisse penser que ça peut être mauvais si l’artiste chrétien ne met pas en avant Jésus. Car c’est notre but sur Terre.

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