Trop jeune pour donner ?

5 Déc 2013 4 commentaires

Ce post est le troisième et dernier d’une série d’extraits du livre Fidji et Sam, Étudiants, qui est sorti il y a un petit peu plus d’un mois aux Éditions Clé. Tu peux retrouver le premier extrait: « Comment rebondir après un échec ?« , le deuxième extrait « Comment gérer le stress des examens ?« , ainsi qu’une discussion avec les auteurs.

Pendant nos études, nous avons souvent plus de temps que d’argent. Mais cela ne nous exonère pas de bien gérer le peu que nous avons. Dans la parabole des serviteurs et des récompenses, Jésus félicite de la même manière celui qui avait reçu deux lingots et en gagna deux autres que celui qui en avait reçu cinq et en gagna cinq autres (Matthieu 25.21, 23).

Randy Alcorn, dans son livre Le principe du trésor, pose la question suivante : « Pourquoi Jésus a-t-il autant insisté sur les questions liées à l’argent et aux biens matériels ? » Selon lui, la réponse est évidente : « Parce qu’il existe un lien fondamental entre notre vie spirituelle et la façon dont nous envisageons et gérons l’argent. Nous pouvons tenter de dissocier notre foi de nos finances, mais aux yeux de Dieu, elles sont indissociables. […] Notre approche envers nos biens matériels [est] non seulement importante, mais capitale pour notre vie spirituelle. »

Plus tard, tu devras faire face à de nombreuses problématiques financières : prêt immobilier, prévoyance retraite, assurances, etc. Tes parents ou ton conseiller financier sauront te guider. Mais dès maintenant, exerce la générosité (ça, ce n’est pas ton banquier qui te l’apprendra !).

Pour commencer, ta motivation ne doit pas être la culpabilité. Réalise qu’être généreux n’est pas un sacrifice mais un investissement. Les paroles de Jésus sont explicites : « Ne vous amassez pas des richesses sur la terre où elles sont à la merci de la rouille, des mites qui rongent, ou des cambrioleurs qui percent les murs pour voler. Amassez-vous plutôt des trésors dans le ciel, où il n’y a ni rouille, ni mites qui rongent, ni cambrioleurs qui percent les murs pour voler » (Matthieu 6.19-20). Les trésors terrestres ne sont pas mauvais en soi. Mais ils ne durent pas. Investir dans le Royaume de Dieu, c’est te préparer des richesses pour l’éternité !

Donner est un acte que Dieu va utiliser pour te faire grandir. Lorsque nous nous sommes mariés, nous avons eu à coeur de parrainer un enfant via le SEL. La somme mensuelle versée n’était pas énorme, mais pour nous, c’était honorable. Nous pensions rester étudiants encore trois ans puis travailler, et nous avions calculé que ce don pouvait entrer dans notre budget. Mais six mois après, nous avons pris une année sabbatique. Nous n’avions plus droit à la moindre bourse et nous vivions à l’autre bout du monde ! Notre don au SEL était donc devenu une grosse part de notre camembert budgétaire ! Finalement, nous avons cherché un soutien financier pour nos projets missionnaires de cette année-là. D’un côté, nous donnions de l’argent et de l’autre, nous en demandions… Ridicule, non ? Certes, nous aurions pu arrêter notre engagement avec le SEL et solliciter moins de monde. Mais nous avons réalisé que c’était une opportunité d’avoir un partenariat spirituel avec nos donateurs et de grandir dans notre confiance en Dieu. Nous avions la foi que si nous placions les intérêts de son Royaume avant toutes choses, il pourvoirait à nos besoins, comme il l’a promis : « Faites donc du règne de Dieu et de ce qui est juste à ses yeux votre préoccupation première, et toutes ces choses vous seront données en plus » (Matthieu 6.33). C’est ce que nous avons expérimenté ! À ce jour, nous sommes toujours en vie (au moment de la rédaction, nous nous trouvions dans un train en Inde !), et le petit Abdallah que nous parrainons au Burkina Faso continue de recevoir nos lettres et notre argent !

Notre parrainage avec le SEL nous revient à une trentaine d’euros par mois. C’est l’équivalent de deux sorties ciné avec fastfood, ou d’un T-shirt bon marché ! Tu es bien placé pour savoir que les étudiants investissent énormément de ressources dans leurs loisirs et leur image. La plupart de ces dépenses – événements sportifs, dernier gadget technologique, vêtements de la dernière collection, etc. – rendent la vie plus agréable mais ne sont pas indispensables. Alors, sans pour autant devenir un ermite, sacrifie de ton superflu pour que d’autres puissent avoir le nécessaire ! Concrètement, fais la liste de toutes tes dépenses du mois dernier. Ensuite, pour chaque élément, pose-toi la question suivante : « En avais-je vraiment besoin? » Tu réaliseras alors que tu peux donner davantage.

Alors que je (Sam) cherchais un soutien pour mon année missionnaire au Royaume-Uni, mon amie Soon m’a fait un don de plusieurs milliers d’euros. J’étais choqué. Elle vivait très simplement et je savais qu’elle aurait pu utiliser cet argent pour améliorer son niveau de vie. Soon avait suivi l’exemple des Macédoniens. Malgré leur « extrême pauvreté », ils ont soutenu les chrétiens affamés de Jérusalem avec une « très grande générosité » (2 Corinthiens 8.2). Comme eux, il est important que tu commences avec le peu que tu as (10 % de ta bourse étudiante par exemple). Jésus te félicitera comme il a félicité la veuve dans l’Évangile: « Vraiment, je vous l’assure, cette pauvre veuve (ou cette pauvre étudiante) a donné bien plus que tous ceux qui ont mis de l’argent dans le tronc. Car tous les autres ont seulement donné de leur superflu, mais elle, dans sa pauvreté, elle a donné tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre » (Marc 12.43-44). Ce n’est donc pas la quantité qui compte mais la proportion. Si tu ne donnes rien en attendant d’avoir un salaire, ne t’attends pas à devenir libéral quand ta première paie tombera !

Rappelle-toi que la façon dont nous dépensons notre argent […] reflète nos valeurs et nos priorités. Cela montre à tous ceux qui nous entourent – chrétiens ou non – que Jésus est le plus important pour nous. John Stott va jusqu’à affirmer que « les chrétiens sont des gens “tatoués”. Le monde les regarde. Et la manière de Dieu de changer notre vieille société est de développer en elle sa nouvelle société, avec des valeurs différentes, de nouvelles normes, d’autres motifs de joie et d’autres buts. Notre espoir est que le monde autour de nous voie ces différences, les trouve attirantes pour qu’il “glorifie votre Père qui est dans les cieux” (Matthieu 5.16). » Amen ?

Rébellutionnaire, est-ce que ton relevé de compte montre bien que Jésus est ton Roi ? Si ce n’est pas le cas, engage-toi aujourd’hui à changer ça :).

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Extrait du livre « Fidji et Sam, Étudiants », pages 57-62 aux Éditions Clé. Reproduit avec autorisation. www.editionscle.com.

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Auteur : Sam P-L

24 ans, Rébellutionnaire, marié à Fidji, étudiant en école d'ingénieur informatique à Lyon, et co-auteur du livre Fidji et Sam, étudiants.

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