Le baptême en Questions

Crédits image : leboncombat.fr
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Depuis quelques semaines, Alexandre Sarran et Guillaume Bourin débattent amicalement autour de l’épineux sujet du baptême : la véritable pratique apostolique et biblique consiste-t-elle à baptiser les croyants et leurs enfants (position pédobaptiste), ou uniquement les croyants ayant fait profession de foi (position crédobaptiste) ?

Ces échanges devraient se poursuivre durant les prochains mois, et si vous désirez les suivre, rendez-vous sur le blog Le Bon Combat.  

Vous trouverez ci-dessous le 3e article de la série. Bonne lecture !!

Question : Existe-t-il des exemples bibliques concrets qui permettent de statuer en  faveur de l’une ou l’autre des positions ?

Position pédobaptiste (Alexandre Sarran)

La question de savoir s’il faut ou non, en certains cas, administrer le baptême aux nourrissons serait très vite résolue si le Nouveau Testament nous offrait l’exemple incontestable d’un enfant de croyants recevant le baptême sur la base de son appartenance à un foyer chrétien, avec l’aval explicite des apôtres.

À l’inverse, la question serait tout aussi vite résolue si le Nouveau Testament nous offrait l’exemple incontestable d’un enfant de croyants auquel les apôtres auraient refusé le baptême en raison de l’incapacité de l’enfant à professer la foi de manière intelligible et volontaire.

Le fait est qu’il n’existe aucun précédent biblique, dans le Nouveau Testament, qui soit suffisamment explicite pour qu’on puisse, sur cette base, statuer une fois pour toutes en faveur du pédobaptisme ou du crédobaptisme.

Il est vrai qu’il existe un motif récurrent dans le livre des Actes, où l’on voit des individus entendre l’Évangile, le comprendre, le croire, et le professer, avant de recevoir le baptême. Ce motif suffit-il à fonder une pratique qui réserverait le baptême aux personnes capables de le choisir ? Pas du tout, puisque les apôtres pouvaient très bien être des “pédobaptistes“ et avoir agi exactement de la même manière.

Dans le contexte du livre des Actes, la propagation de l’Évangile est en train de produire une première génération de chrétiens. Les personnes auxquelles les apôtres s’adressent sont naturellement des adultes, qui n’ont jamais reçu le baptême chrétien, et qui le reçoivent au moment où ils intègrent la communauté des chrétiens. Le texte ne dit pas explicitement si les enfants (et les futurs enfants) de ces nouveaux croyants ont reçu ou non le baptême en tant que nouveaux-nés.

En revanche, il y a un autre motif dans le livre des Actes qui mérite d’être relevé : c’est la façon dont les personnes qui professent la foi sont baptisées très vite après, généralement le jour-même. Ce délai très court montre que ce n’est pas sur la base de leur régénération (dont personne n’a pu encore observer les preuves) que ces personnes reçoivent le baptême, mais bien sur la base de leur volonté manifeste d’être comptés parmi les membres du peuple de Jésus.

Si donc le baptême n’est pas administré sur la base de la nouvelle naissance, mais bien sur la base de l’incorporation au peuple visible de Dieu, alors comment le refuser aux enfants des croyants, qui font naturellement partie du peuple visible de Dieu de par leur appartenance à un foyer chrétien ?

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 Position crédobaptiste (Guillaume Bourin)

Il existe, dans les Écritures, douze occurrences narratives de baptêmes ayant eu lieu durant la période apostolique (1). Si l’on se pose quelques questions simples à la lecture de chacun de ces textes, alors les conclusions suivantes s’imposent (2) :

  • Qui était baptisé ? Des individus ayant fait profession de foi
  • Qui baptisait ? Celui ou ceux ayant annoncé l’Évangile
  • Comment étaient-ils baptisés ? Par immersion, comme l’indique le sens premier du terme original (3)
  • Quand étaient-ils baptisés ? Immédiatement après la profession de foi (4)
  • Où étaient-ils baptisés ? Là où l’on trouvait suffisamment d’eau pour le faire

Ces conclusions semblent sans appel. Cependant certains de ces passages sont régulièrement revendiqués par les pédobaptistes.

C’est le cas, en particulier, pour les deux récits d’Actes 16 : il est courant d’invoquer le cas des oikos (οἶκος = ‘maison’) de Lydie et du geôlier pour justifier le baptême de la progéniture d’un croyant, certains allant même jusqu’à avancer la présence de jeunes enfants en leur sein.

Cette dernière assertion, hautement spéculative, s’auto-disqualifie : il n’y a aucun élément textuel permettant de conclure à la présence de nourrissons ou d’enfants en bas âge dans ces oikos.

La première affirmation, quant à elle, nécessite qu’on y consacre quelques lignes :

  1. Concernant le geôlier de Philippes, il nous faut avant tout considérer le verset 31 : “Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé, toi et ta famille“. Paul n’est, bien sur, pas en train d’annoncer au geôlier que sa foi personnelle sauvera l’ensemble de sa maison, mais plutôt que l’offre de grâce s’étend à tous ceux vivant sous son toit. Chacun de ces baptêmes a logiquement été administré sur la base d’une profession de foi individuelle.
  2. On ne peut pas déterminer avec exactitude le lien de parenté des membres de chaque oikos. Bien qu’il y ait de sérieuses raisons de penser que l’oikos du geôlier soit constituté de sa famille proche, il est impossible de le démontrer réellement. Quant à Lydie, qui était impliquée dans l’industrie locale, son oikos comprenait très certainement des serviteurs (5). Pourquoi donc ces derniers auraient-ils été baptisés sur la base de la foi de Lydie ? C’est un non-sens.
  3. Un autre croyant voit son oikos être baptisé avec lui : Crispus de Corinthe (Actes 18:8). Dans ce cas précis, la mention de la profession de foi préalable de l’ensemble de sa maison est explicite, de sorte qu’il est légitime de penser que ce qui est le cas dans ce récit l’est aussi dans les deux précédents. Aucun oikos n’est baptisé sur la base de la foi de son représentant, contrairement à ce que la position pédobaptiste soutient.

Les 12 occurrences narratives de baptêmes dans le Nouveau Testament constituent donc un faisceau d’arguments solides en faveur du crédobaptisme.

 Notes et références :

1- Dix d’entre elles se trouvent dans les Actes : 2:41 ; 8:5-13 ; 8:36-39 ; 9:18-19 ; 10:47-48 ; 16:13-15, 16:33 ; 18:8, 19:1-5 ; 22:14-16. Les deux autres sont dans 1 Corinthiens 1:14-16

2- Voir le détail des éléments textuels contenus dans chaque passage dans le tableau récapitulatif consultable ici.

3- baptizō (βαπτίζω), littéralement ‘plonger‘, ‘immerger‘. 

4- Voir à ce sujet cette intéressante réflexion de Steve Smith, issu de son process de discipulat T4T.  5- Voir Marshall, “Acts: An introduction and commentary“. Tyndale New Testament Commentaries. Downers Grove, IL: InterVarsity Press. p. 284

 

Alexandre S. et Guillaume B.

Alexandre et Guillaume sont amis et frères en Christ, mais ils s'opposent sur la question du baptême...

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7 Commentaires

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  • Je pense que la Bible est assez précise sur les faits importants. En fait, on remarque qu’il y a des détails importants accompagnants les faits majeurs. Etant donné que la question du baptême est primordiale, je vois mal pq Dieu aurait permis qu’il n’y ait pas suffisamment de détails, d’éléments permettant de comprendre raisonnanblement cette question. Du coup, je comprends mal la position des pédobaptistes: il n’y a que des exemples similaires de personnes ayant reçu le baptême en étant pleinement conscient de leur acte, et en le professant. Certes ils y allaient plus rapidemment quebde m nos jours mais il ne faut pas oublier que c’est une période particulière et incomparable à l’actuelle. De plus, il est écrit « si tu crois et que tu es baptisé, alors tu seras sauvé » et non pas ‘si tu es baptisé et que tu crois » ai

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    • Cher Zimt,

      Merci pour ces remarques. Oui, la question du baptême est importante, et oui, je crois que la Bible est suffisamment claire sur ce sujet pour qu’en en tire la conclusion qu’il faut baptiser tous ceux qui sont font partie de l’Église visible, enfants compris !

      Tu dis qu’il n’y a que des exemples de personnes recevant le baptême en ayant professé la foi. Que fais-tu de la famille de Lydie, dont il n’est jamais dit qu’ils ont professé la foi (Actes 16.15) ? Il y a donc au moins une exception à ta règle.

      Tu dis toi-même que la période des apôtres est une période particulière, incomparable à la nôtre. Exact ! C’est une période où la proclamation de l’Évangile, comme je l’ai dit, est en train de produire une première génération de chrétiens. Il est parfaitement logique que le livre des Actes nous rapporte principalement des histoires de conversions et de baptêmes d’adultes. C’est pourquoi le seul exemple du récit des Actes est insuffisant pour régler la question du baptême des enfants.

      N’hésite pas à suivre la suite du débat sur le site http://www.leboncombat.fr, notamment en lisant les commentaires.

      Amicalement.

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      • Nous devons laisser la Parole parler par elle-même et nous taire là où elle se tait. La Bible qui est la Parole de Dieu doit être SEULE autorité en matière de foi.Le Nouveau Testament ne contient aucune allusion directe ou indirecte au baptême des enfants…. et cela pour une raison plus que logique: le baptême est un acte qui engage toute la personnalité. C’est un acte de volonté, du coeur et de l’âme. Or comment un enfant peut-il exprimer sa foi, s’il en a une, ou se repentir, s’il en ressent le besoin? L’enfant subit le baptême plutôt que d’en être un sujet pleinement conscient et consentant.
        Le livre des Actes des Apôtres nous rapporte que ceux qui crurent à la Parole en Samarie se firent baptiser, hommes et femmes (Actes 8;12).
        Comme il aurait été facile au rédacteur du livre des Actes des Apôtres de nous dire, hommes, femmes et enfants se firent baptiser, pour insister sur le succès de la prédication de l’Evangile.
        Le baptême d’enfants est une pratique inventée par les hommes. Elle n’a aucun fondement sur les écritures. Elle est illégitime et doit être rejetée comme telle par ceux qui aiment et respectent la Parole de Dieu

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  • D’un point de vue historique il peut être intéressant de rappeler qu’on a plusieurs témoignages du IIème siècle qui affirment que les apôtres ont baptisé des enfants.

    On peut logiquement penser que ces personnes devaient certainement être mieux informées que nous.

    En fait le crédobaptisme est simplement une conséquence de l’individualisme moderne. Dans la Bible on voit au contraire que des parents peuvent prendre des engagements qui impliquent leurs enfants avant même que ceux-ci soient en mesure de faire un choix.

    La vraie erreur du catholicisme n’est pas tant le baptême des enfants que la sacramentalisation du baptême qui a transformé celui-ci en un acte magique.

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    • Nous devons laisser la Parole parler par elle-même et nous taire là où elle se tait. La Bible qui est la Parole de Dieu doit être SEULE autorité en matière de foi.Le Nouveau Testament ne contient aucune allusion directe ou indirecte au baptême des enfants…. et cela pour une raison plus que logique: le baptême est un acte qui engage toute la personnalité. C’est un acte de volonté, du coeur et de l’âme. Or comment un enfant peut-il exprimer sa foi, s’il en a une, ou se repentir, s’il en ressent le besoin? L’enfant subit le baptême plutôt que d’en être un sujet pleinement conscient et consentant.
      Le livre des Actes des Apôtres nous rapporte que ceux qui crurent à la Parole en Samarie se firent baptiser, hommes et femmes (Actes 8;12).
      Comme il aurait été facile au rédacteur du livre des Actes des Apôtres de nous dire, hommes, femmes et enfants se firent baptiser, pour insister sur le succès de la prédication de l’Evangile.
      Le baptême d’enfants est une pratique inventée par les hommes. Elle n’a aucun fondement sur les écritures. Elle est illégitime et doit être rejetée comme telle par ceux qui aiment et respectent la Parole de Dieu

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      • Non, la Bible n’est pas la seule autorité. Ce n’est pas biblique de dire cela. Dieu a institué un grand nombre d’autorités. La Bible est l’autorité suprême qui juge les autres. Cela n’annule pas la place des autres autorités.

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      • > Nous devons laisser la Parole parler par elle-même et nous taire là où elle se tait. La Bible qui est la Parole de Dieu doit être SEULE autorité en matière de foi. Le Nouveau Testament ne contient aucune allusion directe ou indirecte au baptême des enfants….

        Justement, il me semble que défendre le crédobaptême exclusif c’est ajouter quelque chose à la Bible. L’exclusivité pour les adultes nulle part dans la bible, et au contraire il y a plein d’allusion direct ou indirect que c’est aussi pour les enfants (« lui et toute sa famille », etc…). Si le auteur du nouveau testament tenaient au crédobaptisme exclusif, il me semble qu’il y aurai une précision quelque part, quand toute une famille est baptisé. Toute une famille (et surtout à l’époque), c’est pas mal de monde.

        > L’enfant subit le baptême plutôt que d’en être un sujet pleinement conscient et consentant.

        Les enfants d’Abraham, de Jacob, des israélites, ont-ils eu le choix de se faire circoncire ? Ils faisaient partit de l’alliance de Dieu par leur naissance. Certains l’on rejeté, d’autres non. Ils étaient tous appelé à accepter Dieu.
        Abraham est-il notre père dans la foi? Dieu a-t-il fait une seule alliance, depuis la chute, renouvelé en Jesus-Christ ? Si oui, les promesses qu’il fait aux chrétiens sont pour eux ET leurs enfants (Actes 2:39)

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