Wow, trop fou ce que Dieu a fait dans ta vie ! Ah, et dans la mienne ? Oh, tu sais, c’est moins intéressant…

témoignage
Crédits Photo : starseeker.com

Post d’Isabelle V., secrétaire itinérante régionale pour les Groupes Bibliques Universitaires (GBU) en Lorraine & Franche-Comté.

J’ai envie de hurler à chaque fois que j’entends quelqu’un dire que c’est encourageant d’entendre les témoignages d’autres personnes et de se refermer dès  lors qu’il s’agit de donner le sien !

Pourtant, dans ceux qui sont encourageants, il n’est pas uniquement question de passages d’un extrême de vie à un autre ! Honnêtement, de tous les témoignages que j’ai pu entendre, moins de la moitié étaient « spectaculaires ». Encore heureux que Dieu n’appelle pas à lui que des drogués ou que des « Paul »… ça voudrait dire que les premiers disciples et moi-même n’aurions pas pu profiter de cette  grâce ! Non, Jésus appelle à lui des possédés (Légion par exemple), des gens de « mauvaise vie », des meurtriers… mais il appelle aussi Simon, André, Jean-Baptiste, des Juifs. Des gens qui ne vivent pas de conversion extraordinaire mais qui, tout comme les autres, réalisent que sans Jésus, ils ne peuvent accéder à Dieu en toute pureté et que sans Jésus ils ne peuvent échapper à l’imperfection qui nous détourne de Dieu, qui ne nous permet pas de le connaître et de lui obéir.

Alors, certes, ça peut nous paraître bien plus facile et percutant d’avoir une date précise à donner, une situation de départ vraiment mauvaise qui a été résolue d’un coup par le secours de Dieu… mais plusieurs problèmes se posent.

  • « Si ce n’est pas mon témoignage, dois-je le changer ? » Bien entendu que non… et ce n’est pas pour autant que le tien perdra de la valeur ou de l’efficacité ! Essaie de t’imaginer là où tu es, mais sans Jésus dans ta vie. Qu’est-ce que ça changerait ? Quels sont les moments où tu as pu sentir sa protection, son aide, sa direction ?
  • « Si mon témoignage me paraît trop banal, trop classique, il ne risque certainement pas d’impressionner celui à qui je le donne… » Inverse les rôles : imagine que tu es la personne en face de toi, qui t’écoute. Si tous les témoignages racontés et entendus ne sont que des changements hyper visibles de modes de vie, alors je vais me dire que si moi je ne suis pas dans les grosses bêtises, je n’ai pas besoin/ni de chance de rencontrer Christ. Et là, on entre dans un gros risque et une mauvaise spirale ! Par contre, tu as raison sur une chose. Si tu pars dans l’idée que ton témoignage ne servira à rien, tu ne donneras pas envie à l’autre de t’écouter, et il risque de ne pas te prêter une oreille très attentive ni même de comprendre pourquoi tu dirais le reste du temps qu’être chrétien c’est génial ! (Ça ne veut pas dire que tu dois être tout guilleret et ne jamais parler de l’œuvre de Dieu dans ta vie quand tu es triste ou déprimé, mais que tu devrais plutôt t’écouter en même temps que tu parles pour t’émerveiller et t’encourager à nouveau par les rappels de sa fidélité et de sa bonté.)
  • Deux situations peuvent être frustrantes quand on réfléchit au témoignage : si on vient d’une famille chrétienne, par exemple, on se dit que ça vaut moins la peine de le raconter. Premièrement, on oublie de rendre gloire à Dieu pour ce qu’il a fait dans notre vie, on oublie de dire que Jésus nous a touchés et qu’on a fait le choix de le suivre. Moi qui jusque très récemment avais une sœur non chrétienne alors que tout le reste de la famille l’était, je sais que ce n’est pas l’éducation ou la culture qui fait la foi. C’est une rencontre, un choix personnel face à l’offre divine, et je peux très bien choisir de dire non. Que je dise oui implique que j’ai une bonne raison et c’est cette raison qui fait mon témoignage, mon histoire. Sinon, je minimiserais l’importance de ce choix pour ma vie. Or, sans forcément tomber dans de « gros péchés » (visibles et très destructeurs pour moi et les autres), ma vie sans Jésus n’aurait pas été la même que celle que j’ai depuis que j’ai choisi de le suivre (en dehors du fait que déjà, oui, je n’aurais pas le même travail, étant dans le ministère). Elle aurait été différente (et moins bien !)  pour la simple et bonne raison que je n’aurais pas eu Christ dans ma vie et donc je n’aurais pas de relation avec un Père créateur, bienveillant et souverain. Deuxièmement, ça pourrait donner l’impression qu’au lieu d’être préservé, on aurait préféré vivre des choses bien moches pour mieux ressentir le « sauvetage divin »… ce qui n’est pourtant (j’espère !) sûrement pas le cas !

Alors oui, parfois, on peut se demander nous-mêmes comment définir le moment ou le processus qui nous a amenés à la foi. Mais je crois que c’est un bon exercice qui nous aide à revenir aux bases de notre choix et qui nous permet de nous émerveiller à nouveau des bienfaits de Dieu à notre égard. Un autre exercice intéressant est de se poser la question peut-être un peu différemment : plutôt que de se demander comment on est devenu chrétien, on peut alors se demander pourquoi on l’est encore. Parce que mine de rien, dans le monde qui nous entoure, les tentations et invitations à changer notre choix ne manquent pas ! Si l’on demeure ferme, c’est bien qu’il doit y avoir une raison et que ce qu’on a choisi ne l’a pas été sur un coup de tête ou sans réflexion.

Dernière question que je me repose à moi-même chaque fois que je commence à douter de l’importance de mon témoignage : dans ta foi, dans ta démarche quand tu as commencé à devoir décider par toi-même, quels témoignages, quelles personnes t’ont encouragé, t’ont aidé ? Et là je me rends compte que si certains témoignages, avec de grands changements extraordinaires, me rappellent la toute puissance de Dieu, ce sont notamment ceux des gens comme moi qui m’ont tout autant – voire plus touchée. Alors rendons gloire à Dieu pour la manière dont il a pu agir dans nos vies ; soyons reconnaissants du processus, quel qu’il soit, dont il s’est servi pour nous amener à lui, et laissons-lui le soin de nous utiliser et de travailler le cœur des gens qui entendent ce qu’on peut dire des raisons de notre foi !

Auteur : Isabelle V.

Isabelle est secrétaire itinérante régionale pour les Groupes Bibliques Universitaires (GBU) en Lorraine et en Franche-Comté.