Secret Story

26 Juil 2013 1 commentaire
Crédits Photo : fond-ecran.net
Crédits Photo : fond-ecran.net

Secret Story est le huitième article d’une série sur Proverbes co-écrite par Sam et Fidji. Il appartient à la catégorie « La parole selon Proverbes ».

Est-ce que tu regardes Secret Story ? Si oui, j’aimerais que tu m’expliques pourquoi. Sans rire ! J’ai essayé de regarder un épisode un jour (où plutôt j’ai dû le faire sous la contrainte – une amie, accro, m’a menacée de me séquestrer si je refusais !) et je suis restée perplexe. Je me demandais ce qu’il y avait de si captivant ! Pourtant, chaque semaine, 2 millions de personnes regardent Secret Story, lovés dans leur canapé avec une tasse de chocolat chaud. Chaque semaine également, 400 000  lecteurs achètent le magazine Closer. Sans compter Gala, Paris Match et Voici. Pourquoi des millions de Français (dont toi, peut -être) sont-ils captivés par la vie privée des stars ? Qu’est-ce qui les pousse à vouloir connaître les secrets des autres – inconnus ou princes et princesses ? Est-ce un voyeurisme malsain ? Une curiosité mal placée ? Le désir de se rassurer en sachant qu’ils sont « comme nous » ? Peut-être un peu des trois… Souvent, on le fait pour se comparer, et se rassurer : « Bon, je ne suis peut-être pas aussi connue que J-Lo, mais elle est adultère -elle- et pas moi ». On le fait aussi pour relativiser nos péchés : « Certes je mens, mais tu as vu ? Même une super star comme Vanessa Paradis trompe son mari. Pourtant, elle a tout pour être heureuse, sa vie est facile, mais elle pèche tellement. Franchement, mon péché n’est pas si grave après tout. Puis ma vie est plus difficile que la sienne, donc Dieu comprendra ».

Toujours est-il que dévoiler les secrets est devenu une industrie florissante, bien que basée sur le péché. Tu ne le réalises peut-être pas lorsque tu regardes ton épisode de Secret Story, mais le principe même du jeu est corrompu : mentir pour garder un secret d’un côté, tout mettre en oeuvre pour le dévoiler de l’autre (alors que certains de ces secrets sont franchement personnels !). De même, les magazines « people » rémunèrent des paparazzis une fortune pour un cliché volé d’une star en vacances ou vont même jusqu’à extirper des informations secrètes à l’entourage des stars. Ce système est pervers. D’une part, il s’attelle à dévoiler les secrets et d’autre part, à détruire les réputations.

Ne dévoile pas les secrets et ne cherche pas à connaître les secrets des autres !

Salomon nous exhorte à être fidèles en gardant les secrets que l’on nous a confiés, plutôt que de les révéler, ce qui s’apparente à de la calomnie : celui qui répand la calomnie dévoile les secrets mais celui qui est fidèle les garde (11.13). Pour lui, garder un secret est tellement important qu’il nous dissuade de le révéler même si ce dernier nous permettrait nous défendre devant un tribunal : Défends ta cause contre ton prochain mais ne révèle pas le secret d’un autre de peur qu’en l’apprenant il ne te couvre de honte et que ta mauvaise renommée ne s’efface pas (25.9-10).  Admettons que tu ailles chez ton voisin immigré tous les jours pour lui apprendre à lire. Il a très honte de son analphabétisme. Tu es le seul à être au courant que tous les jours, au supermarché il repère son paquet de céréales grâce aux dessins de l’emballage, pas au nom. Un jour, une rumeur se répand et prétend que toi et ton voisin vous adonnez à des activités illicites. Eh bien Salomon nous dit que garder un secret est tellement crucial qu’il te serait impossible de laver ton honneur en déclarant : « Non ! Je vais chez mon voisin pour lui apprendre à lire, car il ne sait pas ! » Une telle attitude, même si elle te blanchirait de prime abord, ruinerait – à terme – la confiance que les autres peuvent avoir en toi. Telle est la conséquence pour ceux qui dévoilent les secrets.

Nous avons tous connu cette expérience terrible quand l’un de nos secrets s’est ébruité. Et nous avons tous été assez blessés pour reconnaître qu’il est « mauvais » de répéter les secrets des autres. Mais Proverbes va plus loin ! Nous ne devons ni dévoiler les secrets des autres, ni chercher à connaître ceux des autres  (ça devient plus dur, hein !). Proverbes nous exhorte à fuir quand nous sommes en présence de ceux qui dévoilent les secrets : ne te mêle pas avec celui qui ouvre ses lèvres (20.19).  On aime dire ce que l’on sait, mais on aime aussi apprendre et savoir des autres. Une oreille réceptive aux ragots des autres est aussi coupable que la langue qui trahit un secret.

Ne détruis pas les réputations par des ragots.

Et Proverbes va encore plus loin. C’est une chose de « répéter » un secret alors que ton ami t’a dit explicitement : « Ne le répète à personne ! », mais que ce passe-t-il si tu apprends une nouvelle par hasard ? Tu sais, ces fameux ragots… Ai-je le droit de colporter ces informations qui sont -en théorie- passées dans le domaine public ? Un ragot, c’est par définition un bavardage malveillant  nuisant à la réputation de la personne qu’il concerne. Proverbes nous encourage à ne pas colporter de tels propos. Pourquoi ? Car le rapporteur au lieu d’agir avec amour (et donc de couvrir la faute commise en la faisant oublier) rappelle l’offense ou la mauvaise conduite. Souvent cela crée des tensions relationnelles qui auraient pu être évitées : celui qui couvre une faute cherche l’amour mais celui qui la rappelle dans ses discours divise les amis (17:9, voir aussi 16:28). Alors que les disputes s’apaisent quand on accepte d’enterrer les offenses commises dans le passé, elles resurgissent quand un rapporteur se délecte en rappelant les faits : Faute de bois le feu s’éteint et quand il n’y a point de rapporteur la querelle s’efface. (26:20) Ses lèvres brûlantes et son coeur mauvais sont comme des scories d’argent appliquées sur un vase de terre (26:23), c’est-à-dire irritantes et destructrices (du métal chaud  sur un vase de terre le brise).

Il est difficile de garder les secrets. Et ce pour plusieurs raisons, ayant le péché pour racine:

  • En dévoilant les secrets des autres, on se sent important (on t’a fait assez confiance pour te le dire!) et puissant (j’ai une connaissance que personne d’autre n’a!)
  • On croit avoir un moyen facile de se faire des amis (« on m’aimera plus si je leur dit un secret »). Jennifer te dit un secret. Tu partages le secret à Melissa en pensant créer une relation forte avec cette dernière. Pourtant réalise le paradoxe : tu mets en péril une relation très forte (celle avec Jennifer, qui a osé te partager son secret) dans l’espoir de créer une relation aussi forte avec Melissa. Tu hypothèques quelque chose que tu as déjà, dans l’espoir d’avoir quelque chose qui sera -au mieux- aussi bien ! Quelle folie. Et au final tu perds souvent les deux!
  • On se sent intéressant (on a quelque chose de croustillant à raconter alors que notre vie se résume aux cours et à notre train-train quotidien).
  • Mais finalement, on le fait car c’est bon. Salomon le disait: les paroles du rapporteur sont comme des friandises, elles descendent jusqu’au fond des entrailles (18:8 et 26:22). Comme des bonbons sucrés, on aime le dernier gossip. Il est toujours épicé et inattendu. Il donne du piment à notre vie pendant 5 minutes… Mais comme les bonbons ils t’écoeureront, te feront mal au ventre et gâteront tes dents.

Rébellutionnaire, tu as trop à perdre en révélant les secrets et en colportant les ragots : la confiance des autres, tes amis… et ton temps.

Dans la même série Intro (Ce que la sagesse n’est pas… Alors, qu’est ce que la sagesse ? / Carte d’identité de la sagesse) / Le travail (Tiens, demain j’ai partiels… / Quand je serai grand, je veux être une fourmi) / La parole (J’aurais mieux fait de me taire ! / Fais ce que tu veux, tant pis ! Un jour tu comprendras, un jour tu t’en voudras.)

Auteur : Fidji P-L

23 ans, Rébellutionnaire, mariée à Sam, étudiante en médecine à Lyon et co-auteure du livre Fidji et Sam, étudiants..

Voir tous ses articles →