Fais ce que tu veux, tant pis ! Un jour tu comprendras, un jour tu t’en voudras.

22 Juil 2013 1 commentaire
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Crédits Photo : tuxboard.com

Fais ce que tu veux, tant pis ! Un jour tu comprendras, un jour tu t’en voudras est le septième article d’une série sur Proverbes co-écrite par Sam et Fidji. Il appartient à la catégorie « La parole selon Proverbes ».

As-tu parfois l’impression que l’on te donne des conseils pour t’embêter ? Comme quand ton prof t’a encouragé à refaire toute la dernière partie de ton exposé, car tu risquais le hors-sujet. Ou quand ton père t’a dit qu’avec les bouchons tu devrais partir 30 minutes plus tôt pour ne pas être en retard. Ou comme la mère de Mika dans sa fameuse chanson : « Ne t’enfermes pas dans ta chambre ». « Fais comme les autres garçons.»  « Qu’est-ce que tu fous sur Internet, regardes le temps que tu perds. » Tu seras d’accord que selon Mika, elle passe pour la rabat-joie de service, celle qui dit des choses que personne n’aime entendre. As-tu la même vision des conseils que Mika ? Est-ce que tu penses (par orgueil ou naïveté) que tu peux te débrouiller seul ? Est-ce que (par impatience ou esprit d’indépendance) tu préfèrerais parfois qu’on ne te dise rien, quitte à aller droit dans le mur ? Est-ce que parce que tu veux tout tout de suite et que tu cherches ce qui te plaît avant tout, tu refuses d’écouter les mises en gardes et les conseils ? Te reconnais-tu dans celui qui se tient à l’écart (qui) cherche ce qui lui plaît et (qui) s’irrite contre ce qui est sage (Proverbes 18.1) ? Es-tu coupable de ce désir d’indépendance motivé par le péché ? (Car c’est de cela qu’il s’agit.)

Pourtant le livre des Proverbes nous incite à chercher les conseils d’autrui – et ce dans toutes nos décisions. C’est particulièrement vrai pour les jeunes, comme nous, qui manquent d’expérience. Les versets à l’appui sont nombreux : Quand la prudence fait défaut le peuple tombe et le salut est dans le grand nombre des conseillers (11.14 et 24.6) ou encore c’est seulement par orgueil qu’on excite les querelles mais la sagesse est à ceux qui écoutent les conseils (13.10) Avoir de nombreux conseillers nous garanti 3 choses.

 

1. Le salut

Dans le livre de Proverbes, le mot hébreu utilisé dans le salut est dans le grand nombre des conseillers est le mot tshuah, c’est-à-dire « sécurité ». Le contexte nous porte fortement à croire que le salut dont il s’agit ici est bien de salut et de victoire militaire (dans les verset 11.14 comme 24.6, la première partie du verset fait référence à la guerre). Mais la tshuah peut aussi signifier une « aide » et une « délivrance » figurée ou littérale, spirituelle, personnelle ou nationale. La guerre était omniprésente à l’époque de Salomon. C’était ce qui occupait son esprit le plus souvent (hormis ses nombreuses femmes peut être !). Mais s’il avait écrit Proverbes aujourd’hui, il aurait peut-être écrit quelque chose qui ressemblerait à ça : « Choisis ta carrière prudemment, et la sécurité de ton choix viendra d’un grand nombre de conseillers », ou encore « Ne te précipite pas à faire la court à cette fille, mais cherche le conseil de ton entourage, qui te protègera d’un mauvais choix ».

 

2. La sagesse

Écoute les conseils et reçois l’instruction afin que tu sois sage dans la suite de ta vie (19.20). C’est bien en écoutant les avertissements et en apprenant des autres que l’on obtient la sagesse. Un ami me dit souvent : je pourrais passer ma vie à étudier un sujet en détail  et mettre 50 ans (voir plus) à obtenir mes conclusions. Ou bien je peux lire le meilleur livre d’un expert sur le sujet, et arriver aux même conclusions… en 5 heures ! Sans vouloir tuer ton esprit critique, je pense qu’il avait compris une partie de ce que nous dit Proverbes. Parfois, il faut avoir l’humilité de reconnaître qu’on ne sait pas, mais que d’autres peuvent nous éclairer.

 

3. La réussite des projets

Les projets non seulement s’affermissent par le conseil (20.18), mais ils réussissent quand il y a de nombreux conseillers alors qu’ils échouent faute d’une assemblée qui délibère (15.22).  Lors de mes fiançailles avec Samuel, nous avons été très entourés par nos préparateurs au mariage. Ils nous ont posé 20 000 questions dont certaines nous auraient déstabilisées, voire énervées si nous n’étions pas prêts pour le mariage. Aujourd’hui, la réussite des premiers mois de notre mariage est largement dûe à la manière dont nous avons été préparés : avec des experts qui nous ont mis en garde, encouragés, préparés, armés. Ils nous ont mis en main des cartes que nous n’avions pas avant et que nous sommes bien contents d’avoir à ce jour. Pourtant, nous aurions pu nous offenser de certains conseils : tel point révèle notre naïveté et notre manque d’anticipation par rapport à tel sujet, tel autre met le doigt sur une influence familiale que nous aurions préféré oublier, tel autre dévoile notre ignorance… Avoir tout à apprendre, c’est humiliant sur le coup. Mais cela nous évite une humiliation bien plus grande par la suite. Parfois, on te conseillera même de renoncer à un projet, ou de le reporter. Cela peut être frustrant, surtout si tu est persuadé que tu as raison. Dans ces moments-là, rappelle-toi de 1 Pierre 5.6 : Humiliez-vous donc sous la main puissante de Dieu, afin qu’il vous élève au temps convenable.

Mon encouragement est de changer ton point de vue sur le conseil (s’il a besoin de l’être). Les conseils n’ont pas pour but de te ralentir, de te contredire (même s’ils t’irriteront parfois), de te mettre des bâtons dans les roues gratuitement ou par sadisme. Les conseils affectueux d’un ami sont doux (27.9). Ils sont dispensés par amour et pour t’aider… Afin de sauver ton entreprise, de t’offrir un peu plus de sagesse et de garantir la réussite de tes projets. En temps que Rébellutionaire, accepte cette aide avec un attitude de coeur disposée et ouverte, plutôt que froide et vexée.  Sinon, à force de faire ce que veux, tu risques de dire : « Un jour j’ai compris, un jour je m’en suis voulu ».

Dans la même série Intro (Ce que la sagesse n’est pas… Alors, qu’est ce que la sagesse ? / Carte d’identité de la sagesse) / Le travail (Tiens, demain j’ai partiels… / Quand je serai grand, je veux être une fourmi) / La parole (J’aurais mieux fait de me taire !)

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Auteur : Fidji P-L

23 ans, Rébellutionnaire, mariée à Sam, étudiante en médecine à Lyon et co-auteure du livre Fidji et Sam, étudiants..

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