Hommes et femmes dans un ministère rémunéré: Yohan Salvat, musicien

Crédits photo: muziktus.com
Crédits photo: muziktus.com

Tu envisages de travailler dans un ministère rémunéré à temps-plein ou temps partiel ? L’idée t’a peut être effleuré l’esprit mais tout cela te fait peur ? La Rébellution a décidé d’interviewer plusieurs hommes et femmes qui ont sauté le pas… en espérant que ça en motivera certains ;-). Après AnneMarion , NathanSaotra et Clément voici Yohan. Visite son site web ici.

Qui es-tu ? Quel est ton arrière-plan et comment es-tu devenu chrétien ?

Je m’appelle Yohan et j’ai 28 ans.

Ma mère s’est tournée vers le Dieu de la Bible quand j’avais 2 ans. À ce moment-là, elle m’a, en quelque sorte, consacré à lui : vois mon enfant, fais-en ce que toi tu veux !

C’est donc dans un foyer chrétien que j’ai grandi, à Nice, jusqu’à mes 18 ans. J’ai entendu parler de Dieu depuis que je suis tout petit et en grandissant, j’ai compris que la foi n’était pas héréditaire, mais que je devais me l’approprier pour avancer moi-même avec Dieu et faire mes propres choix. Je me souviens d’un soir de ma préadolescence où j’ai remis ma vie entre ses mains, je lui ai demandé pardon pour mes fautes ; je lui ai donné mon cœur. À cette époque, ma mère m’élevait seule, avec des revenus très modestes, mais nous n’avons jamais manqué de rien de ce qui nous était nécessaire. Dès mon plus jeune âge, j’ai vu le Seigneur tenir sa promesse et répondre à nos prières.

Comment et quand as-tu su que tu voulais aller dans le ministère à temps plein ?

À seize ans, peu après mon baptême, j’ai été convaincu d’un appel de Dieu à le servir à plein temps. Je ne savais pas encore comment, mais je voulais m’engager dans cette voie. J’ai pris cet appel très au sérieux en décidant de me former. J’ai ressenti que ma place était à la faculté de théologie de Vaux-sur-Seine (78). J’y ai étudié pendant quatre ans. Ce fut le premier temps de sacrifice dans ma vie. J’ai dû quitter mes amis et ma famille juste après avoir obtenu mon bac pour partir vivre à 1000 km de chez moi. Je me suis parfois senti seul pendant les longs week-ends, lorsque tout le monde rentrait dans sa famille. Le financement des études, quant à lui, a demandé également un sacrifice, d’ordre pécuniaire, impliquant certaines privations. Mais Dieu, dans sa bonté, a pourvu à tous mes besoins de différentes manières.

Quand je suis rentré à la fac, mon objectif était de servir Dieu à plein temps, mais je ne savais pas encore comment… C’est au cours de mes études que la lumière s’est faite peu à peu devant mes yeux. Dieu a transformé mon caractère et m’a équipé pour le ministère pastoral, si bien qu’à l’issue de ces quatre années j’ai pris un poste de pasteur sur Lyon. Stagiaire à l’époque, je n’avais pas de réel salaire ; je vivais surtout grâce aux dons. Là encore, je peux témoigner que je n’ai jamais manqué de rien. Dieu a toujours pourvu au nécessaire, et bien plus encore.

Mais le chrétien que je suis n’a pas été épargné par les épreuves et les erreurs de parcours. Pour des raisons personnelles, j’ai dû suspendre mon ministère pastoral à l’âge de vingt-quatre ans, et ce jusqu’à ce jour. Je travaille actuellement à plein temps dans un travail séculier qui ne me passionne guère. Mais je sais que c’est une étape dans ma vie et qu’en respectant le temps de Dieu, il guidera mes pas vers ce plan extraordinaire qu’il a pour ma vie.

Grâce à Dieu, j’ai mis ce temps de pause à profit pour développer le ministère musical qu’il m’a confié. La musique a toujours fait partie de ma vie. À maintes reprises, Dieu m’a appelé à le servir dans ce domaine. Je suis aujourd’hui reconnu en tant qu’auteur-compositeur-interprète, musicien live et studio, sollicité sur différents projets. Je fais également près d’une vingtaine de concerts par an, développant mes propres projets et ceux d’autres artistes. Cela me permet de sillonner régulièrement les routes de France et, au-delà, d’y partager en paroles, en musique et en actes, cette Bonne Nouvelle qui a changé ma manière de voir le monde et qui a tout simplement transformé ma vie.

Aujourd’hui, je m’apprête à reprendre peu à peu un service, au moins partiel, pour le Seigneur. C’est une période de ma vie pendant laquelle j’apprends d’une manière toute nouvelle à lui faire confiance. Plusieurs portes s’ouvrent, d’autres se ferment… Je réalise combien il serait tentant de suivre mes propres intentions, mais je veux lui faire confiance, car je sais que c’est en remettant tout entre ses mains et en le laissant agir qu’il se servira de moi, au-delà de mes attentes.

Quels ont été tes plus gros(ses) galères/sacrifices et bénédictions/joies dans le ministère ?

Les épreuves et les défis, il y en a. La Bible nous enseigne qu’ils sont plus grands pour les chrétiens que pour les autres. Je pense qu’ils sont probablement encore plus grands pour les serviteurs qui se consacrent au service à plein temps. J’évoquais entre autres le sacrifice financier ; tout un chacun qui s’engage sur ce chemin le ressent de façon plus ou moins prononcée.

Une des choses qui m’a frappé est l’isolement de la plupart des serviteurs à plein temps. Bien souvent, ils travaillent seuls, sans avoir de vis-à-vis. Ils ne côtoient que des chrétiens, ou presque. Un des grands défis est de garder les pieds sur terre tout en entretenant une relation profonde avec celui qui appelle à vivre cette aventure.

Je peux témoigner que vivre d’un ministère à plein temps exerce la patience et la confiance en notre Dieu qui se soucie de tous les moindres détails. Vivre d’un ministère à plein temps, c’est apprendre la reconnaissance au quotidien, car tout dépend de lui, à commencer par la raison de notre service.

Que conseilles-tu à un jeune qui envisage le ministère à temps plein ?

Jeune ou âgé, homme ou femme, si le Seigneur t’appelle, et si tu sais au fond de ton cœur que cela ne vient pas de toi, alors je veux t’encourager à prendre au sérieux cet appel. Même si la chose semble folle, n’oublie pas que rien ne lui est impossible. Fais-lui confiance, avance un pas après l’autre, il fera le reste. Si c’est vraiment lui qui t’appelle, il pourvoira à tous les détails de la réalisation. Saint Augustin disait avec justesse : Dieu donne ce qu’il ordonne !

Il est le Dieu fidèle, en route à nos côtés jusqu’à la fin du monde. Il n’abandonne jamais ses enfants. Il l’a promis pour toi, pour moi, pour tous ceux qui se confient en lui. Il le fera !

Pour des photos, des extraits, des infos et plus encore, visite son site web: yohansalvat.fr/

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Auteur : Fidji P-L

23 ans, Rébellutionnaire, mariée à Sam, étudiante en médecine à Lyon et co-auteure du livre Fidji et Sam, étudiants..

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