Le personnage du mois – Yaebets, maudit par les hommes, béni par Dieu

5 Juin 2013 4 commentaires
Crédits Photo : 2.bp.blogspot.com
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Le premier janvier, tu t’es résolu à lire ta Bible en un an. Bouillant, tu as commencé avec Genèse. Après quelques semaines, tu étais au top. Tu n’avais jamais réalisé à quel point les histoires de la Bible étaient passionnantes ! Et là, tu es arrivé au livre – gore et incompréhensible – de Lévitique. Aïe. Ta motivation s’est mise à vaciller, mais tu as persévéré. Quand tu es passé à Nombres, avec ses récits de batailles pittoresques, tu t’es exclamé : Yes, enfin, le plus dur a été fait !

Ca, c’est que tu croyais…

Un mois plus tard, tu as entamé le premier livre des Chroniques : « Adam, Seth, Enosh, Qénân, Mahalaléel, Yéred […]. Fils de Japhet : Gomer, Magog, Madaï, Yavân, Toubal, Méshek et Tiras… »

Tu t’es dit que c’était sûrement une mini-introduction. Mais tu as tourné dix pages plus loin et tu as lu : « Parmi les Qehatites, Hémân officiait comme musicien. Ses ascendants en ligne directe étaient : Joël, Samuel, Elqana, Yeroham, Eliel… »

Tu as réalisé avec effroi que tu allais devoir endurer une liste de tribus et de noms  sur des dizaines de pages ! Alors tu as eu une idée de génie. Quel intérêt de me noyer dans une liste de prénoms ? Je vais juste sauter ces chapitres et reprendre là où l’action réapparaît !

Erreur fatale. Tu viens de rater l’occasion de rencontrer l’un des personnages les plus encourageants de toute la Bible. Au milieu de ces généalogies soporifiques se cache Yaebets (1 Chroniques 4.9-10). Laisse-moi te le présenter.

Yaebets, c’est le gars qui semble être né sous une mauvaise étoile. Son prénom signifie « enfanté dans la douleur ». Sa mère a tellement souffert en le mettant au monde qu’elle lui a donné ce prénom stigmatisant (v.9). Vu l’importance des prénoms dans l’Ancien Testament, on pourrait presque dire que c’était une malédiction. Imagine, dans une telle société, grandir en portant un prénom que tout le monde associe à la malchance. Les piétons t’évitent dans la rue, tes camarades refusent de se mettre en binôme avec toi et les filles te fuient de peur que tu ne leur portes la poisse.

En gros, Yaebets était prédisposé à devenir un loser. C’était là son destin. Du moins, c’était ce que tout le monde croyait. C’était sans compter sur sa foi en Dieu. Yaebets n’était pas fataliste. Il refusait d’accepter que son destin était scellé par les circonstances de sa naissance. Le passage nous dit :

Yaebets invoqua le Dieu d’Israël en disant : « Si tu me bénis réellement et si tu agrandis mon territoire, si tu es avec moi, si tu éloignes de moi le malheur pour m’épargner la douleur… » (v.10)

Décortiquons la prière de Yaebets. Il demande à Dieu essentiellement trois choses.

Premièrement, de le bénir et d’être avec lui. Tout le monde – sa propre mère inclue – a beau le maudire, Yaebets reconnaît que son destin est entre les mains de Dieu. Si Dieu le bénit, alors il sera réellement béni. En d’autres termes, si « Dieu est pour [lui], qui se lèvera contre [lui] ? » (Romains 8.31)

Deuxièmement, d’« agrandir son territoire ». Certains ont l’impression que c’est une requête mégalomane et égoïste. Mais ce n’est pas le cas du tout. Dans l’Ancien Testament, l’étendue du territoire était un signe de la faveur de Dieu. Quand Dieu annonce à Abraham qu’il va le bénir, il lui dit : « Lève les yeux et regarde depuis l’endroit où tu es, vers le nord, le sud, l’est et l’ouest : tout le pays que tu vois, je te le donnerai » (Genèse 13.14). Ainsi, Yaebets demande simplement à Dieu de montrer de manière tangible – à lui et à tous ceux qui l’entourent – qu’il a sa faveur.

Troisièmement, d’éloigner de lui le malheur pour lui épargner la douleur. À nouveau, on pourrait croire que c’est une demande égoïste, un soupir vers une vie facile et sans souffrance. Mais en fait, Yaebets est en train de faire un jeu de mot sur son prénom. C’est comme s’il disait à Dieu : « Je sais que mon prénom signifie “douleur”. Mais je t’en prie, ne laisse pas mon prénom me définir.  Éloigne de moi la malédiction que j’ai l’impression de porter depuis mon enfance ! »

La conclusion du passage ? « Et Dieu lui accorda ce qu’il avait demandé » (v.10). Yaebets est passé d’un homme méprisé à un homme honoré. Un autre passage dans Chroniques nous montre qu’il a laissé son nom à une ville prestigieuse, où résidaient les « gens instruits » (1 Chroniques 2.54-55).

Comme Yaebets, ne laisse rien ni personne d’autre que Dieu définir ton identité et ton destin. Si tu as connu une enfance et une jeunesse difficiles, avec un héritage familial dont tu aimerais t’affranchir, sache que tu n’es pas prédisposé à devenir un loser. Au lieu de voir tes circonstances comme des obstacles, prie que Dieu en fasse des marchepieds pour te permettre d’aller plus haut. N’aie pas peur de demander à Dieu de te bénir, et de le faire d’une manière visible et tangible. N’oublie jamais que s’il est pour toi, qui se lèvera contre toi ?

Pour aller plus loin, je te recommande le mini-livre La prière de Jaebets de Bruce Wilkinson. Il se lit d’une traite en moins d’une heure, mais il a le potentiel de révolutionner ce que tu oses demander à Dieu.

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Auteur : Sam P-L

29 ans, marié à Fidji, père de 3 enfants, ingénieur informatique à Lyon et co-auteur du livre Être étudiant et chrétien: opportunités et défis.

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