Hommes et femmes dans un ministère rémunéré: Saotra Rajaobelina, évangéliste avec France Evangélisation

Tu envisages de travailler dans un ministère rémunéré à temps-plein ou temps partiel ? L’idée t’a peut être effleuré l’esprit mais tout cela te fait peur ? La Rébellution a décidé d’interviewer plusieurs hommes et femmes qui ont sauté le pas… en espérant que ça en motivera certains ;-). Après AnneMarion et Nathan nous te présentons Saotra.

Qui es-tu ? Quel est ton arrière-plan et comment es-tu devenu chrétien ?

Je m’appelle Saotra, j’habite en Bretagne à Rennes. Je suis évangéliste itinérant au sein de l’association France-évangélisation. Je suis également détaché auprès de l’organisation Empart, dont l’objectif est l’implantation d’Églises parmi les peuples non atteints par l’Évangile en Asie du sud. Enfin, je suis aussi le coordinateur des activités de l’association « Un cœur pour le monde », association qui vise l’accueil et l’évangélisation des étudiants étrangers ainsi que l’encouragement des Églises en France à développer une vision internationale.

J’ai eu le privilège de naître dans une famille où Jésus a toujours été au centre. Mes parents nous ont non seulement enseigné l’Évangile, mais l’ont vécu concrètement au quotidien. Chaque jour, nous prenions le temps en famille pour louer le Seigneur par des chants, pour prier. Sa présence a toujours été palpable à la maison. Ainsi, je n’ai jamais douté de l’existence de Dieu, ou du fait que Jésus est « le chemin, la vérité et la vie ». Pourtant, ma vie intérieure n’était pas transformée par la présence de Jésus. Au collège et lycée, je vivais deux vies. Une avec mes copains en suivant ce qu’ils faisaient. Une avec ma famille et à l’Église, en suivant là aussi ce que les gens faisaient. Grandissant dans le milieu chrétien, j’ai fait pas mal de camps. Un jour lors d’un camp d’évangélisation, je me suis inscrit à l’activité « Évangélisation de rue ». Je ne réalisais pas à l’époque que je n’avais pas compris l’Évangile concrètement, mais simplement théoriquement. Incroyable : j’ai énormément apprécié annoncer l’Évangile. Au point qu’après le camp, je suis immédiatement allé accompagner un évangéliste de rue. Un jour, en expliquant le paradis et l’enfer à quelqu’un que j’avais rencontré, j’ai été pris de compassion pour cette personne, car j’étais conscient de l’urgence du message que je lui partageais. C’est depuis ce jour-là et les jours suivants que j’ai pris conscience de la réalité de la croix : Jésus a pris mon injustice sur lui et payé à ma place. J’avais toujours entendu ce message, je pensais l’avoir compris, mais non : ces jours-là, ce sont comme « des écailles qui tombaient de mes yeux ». Immédiatement, ma vie a été bouleversée. Je désirais annoncer l’Évangile partout et à tout le monde. J’étais chaque matin excité de me lever tôt et de lire la Bible. Je me suis même surpris à demander « pardon » quand je blessais des gens, chose que je n’avais jamais faite de tout cœur auparavant.

Comment et quand as-tu su que tu voulais aller dans le ministère à temps plein ?

Dès le départ de ma vie chrétienne j’ai commencé à partager l’Évangile. Lors de mes années d’études, j’ai rencontré Raphaël, un évangéliste dont l’objectif était d’encourager la multiplication des jeunes évangélistes en France. Il venait de finir ses études de théologie à l’étranger et avait une vision très claire sur l’évangélisation de la France. J’ai accroché avec lui et j’ai intégré le réseau de jeunes évangélistes qu’il lançait l’année d’après avec France-évangélisation (R2E). C’est ainsi que j’ai commencé à cheminer avec France-évangélisation. À la fin de mes études, le programme du R2E était fini, mais j’ai continué à être en lien avec France-évangélisation. Recherchant un poste après la réussite d’un concours de la fonction publique territoriale, j’avais aussi du temps pour répondre aux sollicitations pour la prédication. À tel point que quelques mois après, nous nous sommes posés la question avec France-évangélisation s’il ne fallait pas que je commence à mi-temps. C’est ce que nous avons fait. J’ai simplement créé une auto-entreprise sur l’autre mi-temps. Mais rapidement, je me suis retrouvé à plein-temps dans le ministère, et je le suis toujours.

Quels ont été tes plus gros(ses) galères/sacrifices et bénédictions/joies dans le ministère ?

On dit que la vie est faite de saisons. Pendant ces 3 années de ministère, j’ai l’impression de ne pas avoir rencontré de grandes déceptions ou désillusions. Sûrement que si la question m’était de nouveau posée dans 5 ans, j’en aurais davantage à raconter. Car je ne doute pas un seul instant que les épreuves et frustrations font partie intégrante du ministère. Ainsi, mis à part la pression financière (ma rémunération se fait par le biais de dons) qui parfois entraîne une panique de ma part, je n’ai pas vraiment eu de grosses « galères ».

Mes plus grandes bénédictions résident dans des rencontres avec des serviteurs et servantes remarquables de Dieu. Je les ai chacun rencontrés à des moments clés. Certains sont des leaders exemplaires, disponibles pour m’accompagner, malgré leur emploi du temps chargé. D’autres sont des amis avec lesquels nous nous encourageons mutuellement.

Que conseilles-tu à un jeune qui envisage le ministère à temps plein ?

L’appel de Dieu et les trajectoires de vie sont spécifiques. Je ne m’avancerai donc pas à donner un conseil général sur la question de l’appel. Par contre, voici quelques conseils pour un jeune, débutant le ministère « à plein-temps ». Ce sont des « maximes » dont j’aime me souvenir :

  • Les rendez-vous avec Dieu avant les rendez-vous pour Dieu
  • Les personnes avant les projets
  • Les paroles de Jésus avant celles de J.Calvin, Ch. Spurgeon, J.Piper, F. Chan, D. Carson, R.Warren ou de tout autre auteur renommé.

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Auteur : Fidji P-L

23 ans, Rébellutionnaire, mariée à Sam, étudiante en médecine à Lyon et co-auteure du livre Fidji et Sam, étudiants..

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