Du caractère sacré de la vie – Conclusion (la valeur de la faiblesse)

Crédits photos; files.myopera.com
Crédits photos; files.myopera.com

C’est la fin de notre série… tu peux retrouver les grands principes sur la bioéthique, des articles sur l’avortement (iciici et ), un article sur la contraception, une introduction à la manipulation génétique, un article sur la procréation médicalement assistée, un sur le don de gamètes, un sur le diagnostique prénatal, un sur les mères porteuses et un sur la thérapie génique et les guérisons génétiques. De plus, dans les problématiques de fin de vie, nous avons déjà parlé du suicide, de l’euthanasie (partie 1 et 2) et de la souffrance. Finalement, nous avons évoqué la place du personnel médical. Laisse-moi aujourd’hui conclure en parlant de la valeur de la faiblesse.

Notre souhait est de vivre une vie sans embûches, des relations humaines parfaites, une santé de fer, et une mort dans un lit douillet au milieu de la nuit. Mais la réalité est toute autre. Dans notre condition d’homme déchu, nous connaissons la faiblesse, la maladie, la fatigue, la déception, la stérilité et plein de choses affligeantes. Nous sommes souvent faibles, méprisables et impuissants. Notre société se voile la face. Les gens souffrent et meurent encore… à l’hôpital, loin des regards. Mais ils souffrent et meurent tout de même.

Devant la faiblesse et la maladie, Dieu ne nous demande pas d’éliminer les faibles. Il nous demande parfois d’alléger le poids de la chute (ça c’est mon métier), mais surtout, il nous demande de manifester de l’empathie et de la compassion. Regardez ce que Jésus a fait. Le Fils de Dieu, glorieux et solennel, puissant et majestueux, a pris forme humaine. Il a partagé notre misère. Il a connu la soif, la faim, la fatigue, et la torture, la souffrance et la mort. La faiblesse que nous partageons tous offre une occasion unique que nous n’aurons plus lorsque nous serons avec Dieu : l’occasion de s’unir, de ressentir les larmes de l’autre, de faire un avec d’autres qui souffrent. Voici ce qu’écrivit H.E Sigerist, un historien juif éminent :

C’est au christianisme que l’on doit les progrès les plus importants et les plus décisifs en matière de statut des malades. Cet enseignement nouveau, contrairement aux autres religions qui s’adressaient aux bien-portants et aux justes, défendait la cause des malades, des faibles et des infirmes. Il parlait de guérison spirituelle, mais ne négligeait pas pour autant celle du corps. La place des malades dans la société avait changé du tout au tout. Alors que d’isoler complètement le malade, dans la société chrétienne, elle rapprochait en fait celui qui souffrait de ses semblables. Prendre soin de lui était un devoir chrétien. L’heure de la prise en charge organisée et généralisée des malades avait sonné. Celle-ci est à présent du ressort de l’Église. L’évêque en est le responsable, tandis que les diacres et les laïques sont ses agents.

Et si tu souffres toi-même, rappelle-toi que Job a souhaité la mort lorsqu’il était couvert d’ulcères et qu’il se grattait avec des morceaux de briques, alité sur un lit de cendre pour éviter la douleur… David a connu les pires angoisses de l’injustice, et ses Psaumes disent la lassitude qu’il a connue. L’apôtre Paul souffrait. Sa maladie a perduré. Mais voici ce qu’il en dit :

D’ailleurs, parce que ces révélations étaient extraordinaires, pour me garder de l’orgueil, Dieu m’a imposé une épreuve qui, telle une écharde, tourmente mon corps. Elle me vient de Satan qui a été chargé de me frapper pour que je ne sois pas rempli d’orgueil.  Au sujet de cette épreuve, j’ai prié par trois fois le Seigneur de l’éloigner de moi, mais il m’a répondu : « Ma grâce te suffit, c’est dans la faiblesse que ma puissance se manifeste pleinement. » C’est pourquoi je me vanterai plutôt de mes faiblesses, afin que la puissance du Christ repose sur moi. Je trouve ainsi ma joie dans la faiblesse, les insultes, la détresse, les persécutions et les angoisses que j’endure pour le Christ. Car c’est lorsque je suis faible que je suis réellement fort. (2 Cor. 12)

Notre faiblesse dans ce monde qui ne marche pas bien est l’occasion de nous appuyer sur Christ, de nous confier en lui. À l’inverse d’Asa qui « eut les pieds atteints d’une très grave maladie ; toutefois, même pendant sa maladie, il ne rechercha pas l’Éternel, mais consulta les médecins », (2 Chroniques 16.12) recherchons l’Éternel, sa force qui se manifeste quand on est faible.

Pour aller plus loin sur toutes les questions de bioéthique, je t’encourage à lire Questions de vie et de mort de John Wyatt. Je lui laisse d’ailleurs le mot de la fin concernant la valeur de la faiblesse :

Mon métier de pédiatre me donne le privilège de soigner des bébés mourants. Cela fait partie de mes fonctions, c’est mon rôle. Il m’est arrivé de tenir le corps mort d’un bébé dans mes bras et de pleurer avec les parents, submergé par un sentiment d’impuissance, de vide, d’indignation devant cette mort cruelle prématurée. Et pratiquement chaque fois qu’une telle chose m’arrive, je puise ma consolation dans la merveilleuse description que donne Ésaïe :

Réjouissez-vous plutôt et soyez à toujours dans l’allégresse, à cause de ce que je crée ; car je crée Jérusalem pour l’allégresse et son peuple pour la joie. Je ferai de Jérusalem mon allégresse et de mon peuple ma joie ; on n’y entendra plus le bruit des pleurs et le bruit des cris. Il n’y aura plus là de nourrisson vivant quelques jours seulement, ni de vieillard qui n’accomplisse pas ses jours ; car le plus jeune mourra à cent ans, et le pécheur âgé de cent ans sera (considéré comme) maudit. (Ésaïe 65.18-20)

Auteur : Fidji P-L

23 ans, Rébellutionnaire, mariée à Sam, étudiante en médecine à Lyon et co-auteure du livre Fidji et Sam, étudiants..

Voir tous ses articles →