Hommes et femmes dans un ministère rémunéré: Anne Herrenschmidt-Kohler, équipière avec JPC

Anne HK

Tu envisages de travailler dans un ministère rémunéré à temps-plein ou temps partiel ? L’idée t’a peut être effleuré l’esprit mais tout cela te fait peur ? La Rebellution a décidé d’interviewer plusieurs hommes et femmes qui ont sauté le pas…en espérant que ça en motivera certains ;-). Cette semaine, nous te présentons Anne. Tu peux visiter son blog à l’adresse suivante : annehkjpc.wordpress.com.

Qui es-tu ? Quel est ton arrière-plan et comment es-tu devenu chrétienne ? 

Hello, je m’appelle Anne, il paraît que j’ai 32 ans (mais j’en ai pas l’impression ! :)), je suis mariée avec Rémy depuis 5 ans et nous sommes les heureux parents de Maliyah (1 an).

J’ai le privilège d’avoir un papa et une maman chrétiens et j’ai toujours été convaincue de l’existence de Dieu. À l’âge de 6 ans, je me rappelle avoir prié avec une jeune femme qui s’occupait de nous un dimanche pendant le culte, et d’avoir demandé à Jésus de venir « habiter dans mon cœur ». Ça paraissait très logique pour moi, vu que Dieu faisait « déjà » partie de ma vie. J’ai été baptisée à l’âge de 13 ans. En regardant en arrière, toute ma démarche de suivre Christ a été quelque chose de progressif, avec des hauts et des bas.

Comment et quand as-tu su que tu voulais aller dans le ministère à temps plein ?

J’ai toujours été fascinée par les récits de vie des missionnaires que j’entendais à l’Église. Du coup, j’ai longtemps imaginé que je serai un jour « médecin missionnaire en Afrique » (ne me demandez pas pourquoi !). Et puis après, une autre vocation était de devenir « femme de pasteur » (ne rigolez pas !).

Au final, j’ai aujourd’hui un diplôme de médecin généraliste ; mais concrètement je ne travaille actuellement qu’une après-midi par semaine en tant que médecin. Le reste de mon temps, je m’occupe de ma fille et je travaille avec l’association Jeunesse pour Christ à mi-temps depuis plus d’un an, après y avoir été bénévole pendant une dizaine d’années.

Lorsque j’ai commencé mes études de médecine, je ne voulais pas faire « que ça » : étudier, étudier, étudier (et pourtant, c’est plutôt recommandé dans ce genre d’études…). Un soir, après avoir réussi ma 1re année (je l’ai redoublée d’ailleurs, eh oui !), année pendant laquelle j’avais commencé à faire des compromis dans ma marche chrétienne, je me rappelle avoir chanté de tout mon cœur :

 « Purifie mon cœur, rends-moi aussi pure que l’or et l’argent…

Feu du fondeur, je n’ai qu’un désir : être sainte, mise à part pour toi Seigneur,

Oui je choisis d’être sainte, mise à part pour toi, mon seul Maître, et prête à T’obéir »

Je ne sais pas pourquoi ce moment m’a tellement marquée. Je sais juste qu’à partir de là, Dieu a guidé mes pas d’une manière particulière.

Pourtant, et là j’aimerais parler à ceux qui se disent : Oui mais moi, Dieu ne m’a jamais parlé clairement… J’attends un signe pour faire ci ou ça… Je ne sais pas quelle est la volonté de Dieu pour ma vie… Moi aussi j’ai longtemps attendu des signes, prié des heures pour savoir quelle décision prendre… Et au final, je n’ai jamais eu de « grande-réponse-divine-style-lettres-de-feu-dans-le-ciel ». J’ai juste vécu un jour après l’autre, en demandant la sagesse à Dieu pour les « petits choix » de chaque jour, en prenant du temps pour lire la Bible, en écoutant les conseils de grands frères ou grandes sœurs chrétiens…

Et en avançant juste comme ça, j’ai eu le privilège de rencontrer les bonnes personnes, de me trouver « au bon endroit au bon moment » (et ça, ça s’appelle le timing parfait de Dieu), et de vivre des choses que je n’aurais jamais imaginées : chanter dans un groupe de gospel (Madison), contribuer à la naissance des soirées PULSE à Strasbourg, participer à la croissance des camps Plage Station et bien d’autres choses.

Alors attention ! Bien sûr je vais dire : Oh mais c’est Dieu qui a tout fait, moi je n’ai rien fait, c’est Dieu qu’il faut remercier… Et c’est vrai ! Mais j’aimerais juste dire que je suis persuadée aujourd’hui que ce que Dieu aime, c’est accomplir des choses avec nous et pas malgré nous.

Bref. Et avec tout ça, plus je côtoyais l’association JPC, plus j’étais encouragée à apprendre, à essayer de nouvelles choses. Ce désir de m’engager davantage est venu naturellement dans mon cœur en voyant comment Dieu m’avait placée là, à cet endroit et à ce moment précis.

Quels ont été tes plus gros(ses) galères/sacrifices et bénédictions/joies dans le ministère ?

Dans notre culture, ça semble un peu bizarre d’avoir un diplôme de médecin généraliste et de ne pas « l’exploiter » au maximum. De décider volontairement de gagner moins bien sa vie, de mettre de côté un certain « statut », une certaine « renommée », pour s’engager « dans le ministère », comme on dit. Voire même, de mettre en péril son avenir « terrestre » en risquant de « perdre la main » dans une telle profession. J’ai dû me battre moi-même avec de telles pensées. « Est-ce que c’est raisonnable, après 10 ans d’études de mettre ça de côté pour un temps donné ? »« Est-ce qu’on va s’en sortir financièrement ? »« Comment est-ce que je vais trouver mon soutien financier ? » (NB : les équipiers de JPC France sont soutenus uniquement par des dons) « Qu’est-ce que les gens vont penser de moi ? ».

Ça a mis du temps, mais lorsque j’ai vraiment abandonné ce désir de sécurité, ce désir d’être approuvée par les hommes, alors j’ai été libérée d’un gros poids et avec Rémy, nous avons pu expérimenter déjà bien des fois la fidélité de Dieu. Je dois encore apprendre à dépendre de sa souveraineté chaque jour, mais combien ma foi s’affermit à chaque fois qu’un obstacle est franchi. Je n’aurais jamais appris ces leçons sans être passée par là.

Au-delà de ces questions purement terrestres, j’ai une joie et une paix profondes de savoir que je suis juste là où Dieu veut que je sois, maintenant.Et surtout, je réalise (pas assez souvent !) qu’à travers mon « ministère », je participe pleinement à la propagation de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ en France. Quand je vois des milliers de jeunes Français qui se réunissent pour prier et s’édifier ensemble, mettre du temps à part et leurs talents en action pour aimer et servir leurs prochains, pour annoncer l’Évangile… Waouh, y a pas de mots pour exprimer ce que je ressens ! Merci Seigneur de me permettre de vivre et voir ça !

Que conseilles-tu à un jeune qui envisage le ministère à temps plein ?

Ne te laisse pas effrayer par les questions terrestres : pose-toi les bonnes questions du point de vue de l’éternité. Si tu es convaincu(e) que ta place est dans un « ministère » à plein temps et que c’est là que tu pourras mieux servir Dieu avec tes capacités, alors fonce ! Si tu es convaincu(e) que c’est dans ton métier, dans ta famille, dans ton Église locale, parmi tes collègues, voisins, amis, que tu pourras mieux servir Dieu, alors fonce aussi ! Vis « à temps plein » la vie que Dieu te donne en lui étant obéissant(e) et fidèle.

Sinon pour la suivre, Anne a un blog !

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Auteur : Fidji P-L

23 ans, Rébellutionnaire, mariée à Sam, étudiante en médecine à Lyon et co-auteure du livre Fidji et Sam, étudiants..

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