LA grosse question (2/2)

Nous avons terminé l’article d’hier en introduisant la notion de la « double volonté divine ». C’est là-dessus que j’aimerais me focaliser aujourd’hui, pour essayer de comprendre la perspective de Dieu concernant le mal.

On ne peut pas se réduire à dire que les actions « choquantes » de Dieu ne sont là que dans des contextes de punition. Il est dit dans la Bible par exemple que c’est Dieu qui a écrasé le Fils (Esaïe 53.10). Ou encore que Dieu a voulu le mal fait à Joseph, pour le bien (Genèse 50.20). Il est même dit que Dieu voit d’un bon œil nos souffrances présentes qui contribuent à sa gloire (1 Pierre 3.17).

Comment peut-on réconcilier tout cela avec la notion que Dieu hait le mal, qu’il n’en était pas ainsi au départ, qu’il est allé jusqu’à mourir pour assujettir le mal ? Dieu aime-t-il le mal ou pas ?

Comme je l’ai dit hier, pour avoir réponse à cette question, la chose la plus utile est de regarder à la croix. Dieu aime-t-il la croix ? OUI. Dieu hait-il la croix ? OUI.

Regardé dans son isolement, la croix est une horreur : le prince de gloire est en train d’être sauvagement tué. Le créateur est trahi par les créatures. L’homme de paix est tué par des gens avides de pouvoir. Dieu est mort ! Il n’y a pas de lieu plus atroce, plus profondément dépravé que la croix de Jésus. A la croix, le ciel devient sombre.

Mais vu dans une perspective globale, la croix est la seule raison au monde de réellement être heureux ! Dieu a frayé un chemin là où il semble ne pas y en avoir. L’accès à la présence de Dieu – bien suprême de toute la création – est maintenant possible. Le rideau  qui nous séparait de Dieu est brisé. L’amour a gagné. La mort est morte. Des gens de tout peuple, de toute tribu, de toute nation accourront maintenant à Dieu pour demeurer avec lui. Et à la croix, le ciel fait la fête. Des morts reviennent à la vie et rentrent dans Jérusalem pour y faire une « zombie-party prophétique ».

Dans la pensée de Dieu, tout acte mauvais, tout désastre naturel, toute crise économique, toute situation qui relève de la chute est vue dans cette optique.

Dieu est attristé par le mal. Il nous faut l’affirmer, et y tenir avec force, et le prêcher avec vigueur. Ne pas commencer à dire que ce qui est mal est bien.

Et pourtant, Dieu n’est jamais frustré, il est toujours infiniment heureux, parce que son Plan A passe toujours ! Et son Plan A est tel qu’il ne puisse pas y en avoir de plus glorieux. Au final, Dieu gagne, et il le fait d’une telle manière que, en regardant en arrière sur toute l’histoire de la planète terre, nous allons voir la sagesse de Dieu à l’oeuvre dans l’histoire.

Pour essayer de le comprendre un petit peu, imaginez une histoire où il n’y a pas de péché. Pas de péché, pas de croix. Pas de grâce. Pas de besoin pour Dieu de nous montrer les mesures qu’il est prêt à prendre par amour pour nous. Il pourrait apprendre à Adam et Eve qu’il est un Dieu gracieux. Ils le sauraient intellectuellement. Mais on ne saurait pas dans notre vécu combien Dieu nous aime de façon inconditionnelle s’il n’y avait pas eu la faute d’Adam et la mort de la création qui s’en est suivie.

Je pense que, face à toutes sortes d’affirmations de l’Ecriture, on apprend à avoir une vision un petit peu intelligente et fine de la volonté de Dieu, ainsi que de son amour. Nous n’allons pas apprendre à Dieu comment nous aimer, ou comment gouverner l’histoire pour que le meilleur bien possible en ressorte. Comme si un pot pouvait dire à son potier : « pourquoi ne m’as-tu pas créé autrement ? »

Mais faisons attention avec la façon dont nous, en tant qu’humains, utilisons cette compréhension de la volonté de Dieu.

Avatar
Auteur : Nathan L

26 ans, Rébellutionaire depuis une bonne dizaine d'années, marié à Beki, papa d'Emilie et de Caleb, responsable à l'Eglise CVV Paris et auteur du livre Devenir un Homme Selon Jésus.

Voir tous ses articles →