Chrétien et…mondain?

Crédits photo : fcochandieu.footeo.com
Crédits photo : fcochandieu.footeo.com

Post de Philippe Simo, 29 ans, leader de groupes de partage

L’histoire du peuple d’Israël est une bonne image de la vie chrétienne. Leur histoire commence en Égypte, sous le règne de Pharaon, un tyran, qui leur faisait porter de lourds fardeaux (ceci peut imager l’homme vivant dans le monde, esclave du péché, du diable). Ayant vu leur misère, Dieu vint à leur secours, afin de les délivrer de la main de Pharaon. Par le sang d’un agneau sans défaut appliqué sur les portes des maisons israélites, Il distingua son peuple des Égyptiens et l’épargna du jugement (Christ, le Rédempteur). Suite à cette délivrance, ils traversèrent la mer rouge (le baptême) avant de marcher dans le désert pendant 40 ans en direction de la terre promise (la marche du chrétien, en direction de la cité céleste).

Moïse avait reçu de Dieu l’ordre d’aller voir Pharaon afin de libérer son peuple, pour que celui-ci aille l’adorer dans le désert. Face aux différentes plaies qui s’abattent sur l’Égypte, Pharaon va proposer 3 compromis à Moïse. Ces compromis restent aujourd’hui ceux que le monde nous propose.

 

Le premier compromis : la duplicité dans l’attitude

Le premier compromis est celui de la duplicité : « Allez et offrez des sacrifices à votre Dieu dans le pays » (Exode 8.21). En d’autres termes, vivez en chrétien, tout en restant mondain. Voilà un compromis bien subtil : devenir chrétien, tout en gardant sa vie mondaine. Ainsi, on verra des jeunes qui, après leur conversion, gardent exactement le même répertoire de musique, continuent à aduler les stars mondaines, des jeunes qui participent à des soirées arrosées, qui consomment des produits illicites, qui s’autorisent des relations sexuelles hors mariage ; certains gardent leurs copines non chrétiennes et se donnent désormais pour mission de les convertir… En revanche, ce qui a changé, c’est que désormais le dimanche, ils vont dans une assemblée, ils ont une Bible, ils connaissent quelques cantiques, c’est déjà pas mal… Cette suggestion aboutit invariablement à la conformité au siècle présent. À ceux qui font face à ce compromis, rappelons que Christ s’est donné lui même pour nos péchés afin de nous arracher du présent siècle mauvais (Galates 1.4). On ne peut donc pas rester mondain.

 

Le deuxième compromis : la modération dans la consécration

Le deuxième compromis se traduit en ses termes : « Je vous laisserai aller, pour offrir à l’Éternel votre Dieu, des sacrifices dans le désert ; seulement, ne vous éloignez pas, en y allant » (Exode 8.24).  Pharaon modifie sa première suggestion, tout en proposant de ne pas « aller trop loin ». Il incite à être un « chrétien modéré ». Surtout pas trop en faire. Ne pas trop prier,  ne pas trop jeûner, ne pas trop méditer, ne pas trop s’engager dans sa communauté, ne pas avoir des positions tranchées… En revanche, il faudra toujours tenir compte des autres, ne pas leur présenter la vérité pour éviter à tout prix de les choquer ou de les offenser… Bref, vous l’aurez compris, il faudrait être un chrétien light. Pourtant, Dieu attend de chacun de ses enfants une consécration totale, un dévouement inconditionnel, qui entraîne une croix à porter chaque jour. Il n’y a pas de consécration propre à un pasteur, ni à un ancien. Chaque enfant de Dieu doit considérer que Dieu attend de lui d’être un modèle, représentant de Christ là où il est placé. Que ce soit au collège, au lycée, à la fac ou au bureau, notre vie et notre bouche doivent témoigner de notre foi. Etre un exemple, et ne pas être « mondain ». Saül a perdu sa royauté à cause d’un compromis, un seul…  À ceux qui font face à ce compromis, rappelons  que nul ne peut plaire à Dieu s’il veut plaire aux hommes. L’obéissance vaut mieux que les sacrifices, et la désobéissance est aussi coupable que la divination.

 

Le troisième compromis : un détachement incomplet du péché à cause du confort

Le dernier compromis proposé par Pharaon s’articule comme ceci : « Allez vous les hommes et servez l’Éternel votre Dieu… laissez vos enfants… » (Exode 10.8). C’est la plus subtile des propositions de pharaon. En effet, en Égypte, les conditions de vie sont meilleures qu’au désert. Pharaon propose donc aux Israélites de laisser une partie du peuple (en l’occurence les enfants) afin que ceux-ci bénéficient du confort de son territoire. Aujourd’hui, même des parents très pieux cèdent à cette séduction en se compromettant pour assurer le confort à leurs enfants. Ils recherchent les avantages offerts par le monde, même lorsque ces avantages sont susceptibles de soustraire leurs enfants de l’appel de Dieu. Combien d’entre nous rêvent encore de gagner le monde à Christ ? Où sont passés tous les rêves et projets que nous avons eus à nos débuts dans la foi ? Combien d’entre nous, lorsqu’ils se projettent dans l’avenir, se voient dans un beau bureau, avec une belle voiture, une belle maison, de beaux enfants ? Si vous remarquez bien, ceux qui n’ont pas Christ aspirent aux même choses, ont les mêmes rêves.. Alors fondamentalement qu’est-ce qui nous différencie d’eux ? Il est clair que quelque chose ne va pas. Nous sommes de futurs parents, quel avenir rêvons-nous pour nos enfants ? Les voyons-nous médecins, avocats, ou pasteurs, évangélistes ? Non pas qu’en soi, un métier séculier distingué pose problème ; c’est plutôt l’aspiration et les motifs qu’il convient d’examiner. À ceux qui font face à ce compromis, rappelons que Jésus nous demande de chercher premièrement le royaume de Dieu et sa justice. Le monde passe avec ses richesses et ses honneurs, mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure.

Puisse donc la mise à nu de ces compromis que le malin nous propose servir à nous libérer de son emprise. Celui qui est en nous est plus fort que celui qui est dans le monde, et en Christ aucune situation n’est désespérée.

Auteur : Philippe Simo

Philippe, 29 ans est leader de groupes de partage autour de la Bible.