Du caractère sacré de la vie : Fin de vie – Le suicide

Crédits photos: www.noellefaubry.fr

Dans cette série, tu peux retrouver les grands principes sur la bioéthique, des articles sur l’avortement (iciici et ), un article sur la contraception, une introduction à la manipulation génétique, un article sur la procréaction médicalement assistée, un sur le don de gamètes, un sur le diagnostique prénatal, un sur les mères porteuses et un sur la thérapie génique et les guérisons génétiques.

Ouch ! Sujet tabou… et pourtant. Le suicide est la première cause de mortalité chez les 15-35 ans. Un ami du lycée de Sam s’est donné la mort cette année, ainsi que la soeur (chrétienne) d’un ami du Chemin Neuf. Il y a en France entre 10 et 15 000 suicides par an et 90 000 à 115 000 tentatives chaque année, soit 2 à 2,5 tentatives pour 1 000 habitants.

Mais la question du suicide ne peut être être résumée à des statistiques. Derrière chaque chiffre il y a un être humain. Je sais que la question est particulièrement délicate. Tu as peut-être un ami ou un membre de ta famille qui a tenté (ou réussi) à se suicider… même des chrétiens. Aux urgences, j’ai eu à recoudre les poignets de plusieurs jeunes filles qui ont fait des tentatives de suicides en s’ouvrant les veines. Dans le jargon on appelle ça une « tentative d’autolyse par phlébotomie ». Bel euphémisme. Toujours est-t-il que je me retrouvais particulièrement démunie face à ces patientes… alors j’imagine le malaise quand il s’agit de quelqu’un de ta propre famille. Je pourrais faire un article où je te balance à la figure que le suicide n’est pas biblique ( bah oui, c’est un meurtre commis sur soi-même), mais je pense qu’être super dogmatique ne t’aidera pas forcément (que tu envisages ou aies envisagé de « t’autolyser »). Je voudrais donc plutôt t’encourager à prendre du recul par rapport au désespoir que tu connais peut-être (ou que tu risques de connaître un jour) et aux mensonges que le diable te souffle à l’oreille.

Tu penses peut-être – à tort- qu’avec la mort, tu n’auras pas à rendre compte de tes actes. En temps que disciple de Christ, le suicide peut même sembler être une option géniale, car une fois avec Jésus toutes tes souffrances cesseront… En fait, Hébreux 4.13 nous dit qu’il « n’y a aucune créature, qui soit invisible devant lui : tout est mis à nu et terrassé aux yeux de Celui à qui nous devons rendre compte.» Donc si tu es chrétien, pense au tribunal du Christ. Tu es certes sauvé par la foi seule, et le suicide ne pourra pas te séparer de l’amour du Christ. En revanche, même en tant que chrétien, tu devras rendre compte pour tes actes et recevras des récompenses en fonction de ta fidélité (cf. Matthieu 25.14-30 ; Romains 14.12 ; 1 Corinthiens 3.11-15). Même si cela peut paraître facile à dire et moins facile à faire, mon premier conseil serait donc de contraster l’éternité des conséquences d’un suicide à la brièveté de tes problèmes.

Deuxièmement, je t’encourage à réaliser que ton corps (1 Corinthiens 6.13 ) et ta mort (Job 14.1-6) appartiennent au Seigneur, et pas à toi. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, je t’exhorte donc dans un moment de profond dénuement à t’humilier aux pieds de ton Créateur pour lui remettre toutes choses et lui faire confiance pour la suite.

Finalement, je finirais par un argument peut-être plus pragmatique… Je t’invite à réaliser la dévastation que crée le suicide sur ceux qui sont autour de toi. Les philosophes ont longtemps débattu sur cette question : le suicide – acte de bravoure ou de lâcheté? Personnellement, je dirais ni l’un ni l’autre.. .mais acte égoïste sûrement. On peut dire ce que l’on veut, mais un suicide affecte plus d’un individu. L’entourage est saisi de culpabilité (« on n’a rien vu venir », « on n’a rien fait pour l’aider », « et si… ») et doit souvent faire face aux conséquences des actes du suicidé. Des enfants et des parents sont à consoler, des vies à réorganiser… Au lieu de te focaliser sur tes propres problèmes, regarde ailleurs qu’à toi-même et cherche les occasions de servir d’autres personnes. J’imagine que cela doit être très difficile. La souffrance fait partie de la condition humaine, parfois de façon extrême et sans raison apparente. Mais le christianisme n’est pas utilitaire, mais centré sur Christ.

La Bible n’est pas muette quant au suicide. Les Écritures nous rapportent le cas de 5 personnes qui ont mis volontairement fin à leurs jours :

  • Saül et son écuyer (1 Samuel  31.4-5)
  • Ahitophel (2 Samuel 17.23)
  • Zimri (1 Rois 16.18)
  • Et enfin Judas de sinistre réputation (Matthieu 27.3-5)

Quatre des cinq n’ont clairement jamais marché dans les voies du Seigneur, et on n’a aucune information sur le cinquième (l’écuyer). En revanche, on trouve aussi quatre hommes de Dieu, terrassés par le découragement. Ils ont exprimé le désir de mourir, mais ils s’en sont remis entre les mains du Seigneur…. Ils s’appellent Moïse, Elie, Job et Jonas.1

Surtout, je t’en prie, ne reste pas seul si tu as des idées noires. Il y a beaucoup de personnes qui peuvent t’aider : un pasteur, un médecin…

Pour aller plus loin sur la question, voici un excellent PDF du Pr. Henri Blocher.

NOTES

1 voir Nombres 11.13-15 ; 1 Rois 19.4 ; Job 3.11 ; 7.15-16 et Jonas 4.3.

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Auteur : Fidji P-L

23 ans, Rébellutionnaire, mariée à Sam, étudiante en médecine à Lyon et co-auteure du livre Fidji et Sam, étudiants..

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