Le rôle de l’homme et de la femme selon la Bible (suite)

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Suite à mon article sur le rôle de l’homme et de la femme selon la Bible, G.O a remarqué à juste titre dans son commentaire que les conclusions de Blocher sont orientées d’une manière qui ne correspond pas tout à fait à la théologie de nombreux lecteurs, ainsi qu’à la Confession de Foi de la Rébellution.

Par souci d’intégrité, je vais partager quelques réflexions sur le sujet puis recommander quelques ressources pour alimenter votre réflexion. Mais avant de commencer, je rappele la position officielle de la Rébellution, telle que définie dans notre Confession de Foi (que nous avons reprise de The Gospel Coalition, ministère fondé en 2004 aux États-Unis par Don Carson et Tim Keller) :

Dans le ministère de l’Église, les hommes et les femmes sont encouragés à servir le Christ et à atteindre leur plein potentiel dans les divers ministères au sein du peuple de Dieu. Le rôle spécifique de leader confié dans l’Église à des hommes qualifiés est fondé bibliquement sur la création, la chute et la rédemption ; il ne doit pas être mis de côté en invoquant des développements culturels.

Il existe essentiellement deux positions dans les milieux évangéliques. La position que défend la Rébellution est appelée complémentarienne (ou complémentariste), et l’autre position est appelée égalitarienne (ou égalitariste).

Pour faire simple, les complémentariens croient que Dieu a créé les hommes et les femmes égaux, mais qu’il leur réserve des rôles différents. Au sein du couple, Dieu appelle l’homme à diriger et la femme à se soumettre. Au sein de l’Église, le ministère d’ancien (i.e. de responsable) est réservé aux hommes. Cette distinction est basée sur l’ordre créationnel. Les complémentariens croient que le fait que Dieu ait créé Adam avant Ève et qu’il ait créé Ève pour Adam (et non l’inverse) implique des rôles distincts. Ainsi, les injonctions des apôtres dans le Nouveau Testament ne dépendent pas de la culture, mais de l’ordre créationnel.

Voici quelques ressources pour mieux comprendre cette position :

  • Le livre Égaux, mais différents d’Alexander Strauch est une bonne introduction à la position complémentarienne. Voici une mini recension de Myriam, du blog NotreEglise.com.
  • John Glass, excellent prédicateur et pasteur de l’Église Évangélique Internationale de Genève a prêché une série de trois messages pour défendre cette position. Voici les fichiers mp3 : 1/3, 2/3, 3/3.
  • Alfred Kuen croit en une distinction de rôles (il est donc d’une certaine manière complémentarien), mais il croit aussi qu’une femme peut prêcher dans l’Église sous l’autorité des anciens. Il défend sa position en profondeur dans son livre La femme dans l’Église et la résume dans ce petit article tiré de la revue des éditions CAEF (Communautés et Assemblées Évangéliques de France).
  • Dans un article de la Revue Réformée, le théologien Sylvain Romerowski explique pourquoi il croit que la relation d’autorité et de soumission entre l’homme et la femme au sein du couple n’est pas culturelle, mais basée sur l’ordre créationnel.
  • Dans un article de la revue Théologie Évangélique, Sylvain Romerowski défend l’idée que le mot traduit par « tête » dans les passages qui disent que l’homme est la tête de la femme implique une notion d’autorité et soumission, et ne veut pas dire simplement « source » ou « origine » comme de nombreux égalitariens l’affirment.
  • Dans un article de la revue Théologie Évangélique, le théologien Jacques Buchhold interprète les passages clé dans 1 Corinthiens 14 et 1 Timothée 2 et conclut que « la prise en compte du contexte historique du premier siècle ne permet pas de limiter la portée des propos de l’apôtre à certaines femmes uniquement ». Il semble toutefois laisser la porte ouverte à une application moins rigide que la plupart des complémentariens, à l’instar d’Alfred Kuen.

A contrario, les égalitariens croient que Dieu a créé les hommes et les femmes égaux, mais qu’il n’y a pas de distinction de rôles basée sur les sexes. Au sein du couple, l’homme et la femme se servent mutuellement, sans que l’un ait autorité sur l’autre. Au sein de l’Église, tous les ministères sont ouverts autant aux hommes qu’aux femmes. D’après cette position, les différences de rôles prônées dans le Nouveau Testament étaient une accommodation à la culture du Ier siècle, pour éviter de rajouter une pierre d’achoppement pour les non-chrétiens au scandale de l’Évangile (i.e. suivre un sauveur humilié et torturé nu sur une croix). En d’autres termes, les apôtres voulaient que les chrétiens soient connus (et persécutés, le cas échéant) pour leur attachement à l’Évangile et pas à un progressisme social. Étant donné qu’aujourd’hui, de nombreuses femmes sont leaders dans la société (en politique, en business, etc.) et qu’il est tout à fait acceptable qu’une femme enseigne à un public mixte, les restrictions des apôtres n’auraient donc plus lieu d’être.

Voici quelques ressources pour mieux comprendre cette position :

  • Patrice Alcindor, président de France-Mission, a partagé des extraits clés de son livre « L’Église : Autorité, Direction, Ministère féminin » gratuitement en ligne.
  • Gilbert Bilézikian défend cette position en profondeur dans son livre Hommes & Femmes : Pour une relation égalitaire.
  • Même si Marie-Claude Saoût ne s’avoue pas égalitarienne explicitement, le ton de son article publié dans la revue Théologie Évangélique semble être en faveur d’une mixité sexuelle dans tous les ministères de l’Église.

Je vous encourage vivement à prendre quelques heures pour étudier cette question plus en profondeur. C’est un sujet très émotionnel pour beaucoup, et il est donc important que chaque chrétien se forge son propre avis après un examen minutieux des données.

Si vous connaissez des ressources utiles que je n’ai pas mentionnées, dites-le moi dans un commentaire et je les ajouterai.

Bonne étude les Rébellutionnaires :).

NB. Comme d’habitude, les ressources francophones sont beaucoup moins nombreuses et bien moins à jour que les ressources anglophones. Si vous lisez l’anglais, oubliez tous mes liens et lisez le livre Two Views on Women in Ministry, édité par James Beck. Il fait certes 368 pages, mais si vous ne lisez qu’un seul livre pour mieux comprendre le débat, c’est celui là  ! Quatre auteurs (deux complémentariens, deux égalitariens) défendent leur perspective, et à la fin de chaque exposé, les trois autres auteurs réagissent. Un format très pédagogique !

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Auteur : Sam P-L

29 ans, marié à Fidji, père de 3 enfants, ingénieur informatique à Lyon et co-auteur du livre Être étudiant et chrétien: opportunités et défis.

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