Du caractère sacré de la vie : Manipulation génétique – diagnostic prénatal

Crédits photo : metrofrance.com

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Dans cette série, tu peux retrouver les grands principes sur la bioéthique, des articles sur l’avortement (iciici et ), un article sur la contraception, une introduction à la manipulation génétique, un article sur la procréaction médicalement assistée et un sur le don de gamètes.

Le diagnostic prénatal, c’est l’ensemble des pratiques médicales ayant pour but de détecter in utero chez le fœtus une affection grave afin de donner aux futurs parents le choix d’interrompre – ou non – la grossesse. La plus connue est l’amniocentèse. L’amniocentèse est une procédure invasive dans laquelle 20 ml de liquide amniotique sont extraits de la cavité amniotique dans laquelle se trouve le fœtus. Elle permet de rechercher certaines infections fœtales, maladies héréditaires, mais essentiellement d’éventuelles anomalies chromosomiques liées aux chromosomes X et Y, dont la plus courante est la trisomie 21.

Le but essentiel du diagnostic prénatal, c’est donc de déterminer si l’enfant est digne de vivre – aux yeux des parents, de la médecine et de la société – ou s’il serait « préférable » de terminer son existence. Lisez ce que dit ce pédiatre :

La plupart des tests médicaux sont prescrits pour permettre de préciser le traitement, dans le but de soigner ou, du moins, de soulager la maladie. Les médecins sont en général d’accord pour dire que s’il n’existe pas de traitement, il est contraire à l’éthique de pratiquer des tests de dépistage sur des personnes apparemment en bonne santé. Mais les principes éthiques qui gouvernent les diagnostics prénataux sont tout autres. S’il existe bien quelques traitements, il n’y a pour la majorité des anomalies qu’une option : l’avortement. […] C’est la seule forme de médecine qui traite une maladie en éliminant le malade.

Je déconseille fortement le diagnostic prénatal et je vais essayer d’expliquer pourquoi. Premièrement, certaines méthodes de diagnostic prénatal mettent le fœtus en danger. C’est le cas de l’amniocentèse qui conduit à 1% de fausses couches environ. L’acte n’est pas anodin… Et si l’on compte garder l’enfant de toute manière, alors pourquoi prendre le risque de perdre son enfant pour un geste superflu ? Sans compter les erreurs de diagnostic qui sont possibles, même si elles sont rares… De plus, une bonne partie des anomalies seront décelables sur l’échographie du troisième mois, une manière de se préparer psychologiquement à la réception d’un enfant handicapé pour les parents chrétiens.

Deuxièmement, éliminer des enfants suite au diagnostic prénatal s’apparente à de l’eugénisme. Pour l’instant, on élimine les enfants trisomiques, mais cela pourrait aller plus loin… Plus on connaîtra les maladies génétiques, plus on aura d’informations sur les risques encourus par le fœtus en temps que futur individu.. .et plus on se demandera si cet enfant mérite vraiment de vivre. Doit-on laisser naître un enfant qui a la mucoviscidose (comme Grégory Lemarchal ou Sabrina de Secret Story) ? Un enfant qui a la chorée de Huntington (maladie que tu connais peut-être si tu regardes la série Dr House – Numéro 13, interprétée par Olivia Wilde, en est atteinte) ? Un enfant diabétique de type 1 (comme Halle Berry,Steve Redgrave ou Billie Jean King) ? Et si on diagnostiquait que votre enfant passera les 5 dernières années de sa vie avec la maladie d’Alzheimer, demanderiez-vous l’avortement ? Les personnes handicapées perçoivent de plus en plus le diagnostic prénatal comme une forme de discrimination sociale à leur encontre. C’est un moyen technologique au service de la majorité en bonne santé pour créer des préjugés sociaux envers la minorité handicapée. Qu’est-ce qui nous permet de dire que la vie d’un  trisomique ne vaut pas la peine d’être vécue et qu’elle n’est rien d’autre qu’un fardeau pour la société ? N’est-ce pas là une nouvelle forme de discrimination ? À la discrimination sur la base de la couleur de peau ou du pays d’origine, nommé racisme, nous avons substitué une discrimination sur la base des chromosomes : du « chromosomalisme ».

Les dérives ont déjà lieu dans certains pays, même si nous ne sommes pas encore dans Le meilleur des mondes d’A.Huxley. En Inde, la famille d’une femme enceinte force souvent cette dernière à subir certains tests prénataux tels que des examens échographiques ou même des amniocenthèses, pour connaître le sexe de l’enfant. S’il s’agit d’une fille, on procède à un avortement. Selon un rapport paru dans le British Medical Journal, on estime qu’au moins 50 000 fœtus femelles sont ainsi éliminés chaque année en Inde. La plupart de ces avortements sont pratiqués dans des cliniques privées et de petits laboratoires spécialisée, dont 2000 existent  rien qu’à Delhi. On estime que dans la seule ville de Delhi, 70 % des avortements ont pour cause la présence d’un fœtus femelle. Les parents considèrent les filles comme un fardeau économique, du fait de la dot indispensable pour tout mariage. Le meurtre des fœtus et des bébés femelles a rompu l’équilibre social, de sorte qu’il n’y a plus actuellement que 927 femmes pour 1000 hommes. Pour avoir été en Inde, je peux vous dire qu’on voit vraiment moins de femmes que d’hommes ! À chaque fois qu’une famille n’a que des garçons, je me demandais si c’était « la chance » ou bien si…

N’importe quel enfant reflètera la beauté du Créateur, même s’il sort (un peu) de la norme :)

Tu m’as fait ce que je suis, et tu m’as tissé dans le ventre de ma mère. Merci d’avoir fait de moi une créature aussi merveilleuse : tu fais des merveilles, et je le reconnais bien. Mon corps n’était pas caché à tes yeux quand, dans le secret, je fus façonné et tissé comme dans les profondeurs de la terre. (Psaume 139.13-15)

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Auteur : Fidji P-L

23 ans, Rébellutionnaire, mariée à Sam, étudiante en médecine à Lyon et co-auteure du livre Fidji et Sam, étudiants..

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