Du caractère sacré de la vie : Contraception

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Crédits photo: topsante.com

Dans cette série, tu peux retrouver les grands principes sur la bioéthique (ici), la première partie d’un article sur l’avortement ici , la deuxième partie ici, et un article sur les cas particuliers ici.

Nous avons vu précédemment que l’homme peut stopper une vie en formation par le moyen de l’avortement, mais peut-il prévenir l’engendrement d’une vie ? En d’autres termes, peut-il intervenir pour empêcher la fécondation ? Cela reviendrait-il à vouloir se prendre pour Dieu (comme le pensent certains catholiques ultra-conservateurs) ?

 

La contraception chez Adam et Eve

Retournons à Genèse 1.28 : « Dieu les bénit et leur dit : soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la ». Les deux derniers verbes remplir (malea en hébreux = regorger, être pleine d’êtres humains) et soumettre (kavash en hébreux = dominer, vaincre, forcer, mettre sous ses pieds) vont de pair. D’un côté, il faut remplir la terre et de l’autre, l’assujettir. D’un côté, un processus naturel fait qu’un couple peut avoir un enfant tous les 10 mois, d’un autre la nature est assujettie à l’Homme (ce qui fait qu’il peut déterminer et contrôler la fréquence que la nature impose à sa reproduction).

On remarque d’ailleurs qu’une femme n’est fécondable que deux jours dans son cycle. Un fait pas si anodin que cela, car il laisse la place au choix. C’est un privilège de la race humaine (contrairement à certaines espèces animales comme les lapins, dont les femelles tombent enceinte à chaque rapport).

De plus, le but de la sexualité dans la Bible n’est pas que la procréation (cf. le Cantique des Cantiques).

Il me semble donc légitime de ne pas avoir 69 enfants, comme Mme Scheinberg1.

 

Définition de la contraception

Partons donc du principe que l’homme peut encadrer le processus naturel de la conception. Attention cependant à la définition du mot « contraception » dans la langue française… Voici la définition du Larousse :

Contraception (n.f.): Méthode visant à éviter, de façon réversible et temporaire, la fécondation d’un ovule par un spermatozoïde ou, s’il y a fécondation, la nidation de l’œuf fécondé.

Si tu es observateur(trice), tu auras remarqué que cette définition française de la contraception ne correspond pas à ce qu’un chrétien entend par contraception. Son rédacteur ne considère pas qu’il y a vie dès la conception (mais dès la nidation, c’est-à-dire le moment où l’embryon s’accroche à l’utérus). Selon la loi française, un fœtus existe lorsqu’il est créé et nidé. Selon les données bibliques, il n’est pas possible de faire cette distinction !! Il y a vie dès la fécondation (et donc avant la nidation). En pratique, cela veut dire que ton médecin ou gynécologue peut te présenter une méthode comme contraceptive alors que cette dernière est en réalité abortive, d’où l’intérêt d’être bien informé. Alors quelles méthodes utiliser ? Cela dépend de leur mode d’action.

 

Quelle méthode utiliser ?

Toute méthode qui empêche la rencontre des deux gamètes est acceptable, parmi lesquelles on trouve :

  • les méthodes naturelles (franchement pas fiables) comme l’abstinence temporaire ou méthode Ogino avec détection de l’ovulation ; la méthode des courbes de température ; la méthode d’inspection de la glaire cervicale ; la méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée ou la méthode dite du retrait. Ces méthodes ne requièrent par la prise de « médicaments », mais sont très aléatoires (la méthode Ogino est si peu efficace qu’on appelle « bébés Oginos » tous les bébés – et ils sont nombreux ! – à être nés alors que leur parent utilisaient cette méthode contraceptive) : jusqu’à 20 % d’échecs !
  • les méthodes non naturelles (ayant une fiabilité proche de 100% si les conseils d’utilisation sont scrupuleusement suivis) comme le préservatif, les produits spermicides, les oestro-progestatifs (la pilule classique) et la stérilisation chirurgicale – plus lourde (ligature définitive des trompes pour la femme, vasectomie pour l’homme).

En revanche, il existe des méthodes qui sont souvent présentées comme des méthodes contraceptives, mais qui sont en fait des méthodes abortives. Elles cherchent soit à détruire le fœtus, soit à empêcher que le fœtus s’implante dans l’utérus garantissant alors sa mort. Ces méthodes sont :

  • le stérilet. Son mécanisme d’action est double. D’un côté, c’est un dispositif intra-utérin qui empêche l’oeuf fécondé de s’implanter dans l’utérus (action abortive). De l’autre, il produit une action précoce sur les spermatozoïdes et sur l’ovule et rend ainsi la fécondation impossible (action qui serait tolérable sans la première).
  • les micro-pilules aux progestatifs purs et les implants contraceptifs. D’une part il y a inhibition de l’ovulation, mais d’autre part, il y a modification de l’endomètre et donc impossibilité pour le foetus de s’implanter (auquel cas la méthode est abortive). Cette pilule a donc un mécanisme d’action en partie abortive, comme le stérilet !
  • la pilule du lendemain ! Elle est souvent prise à la légère (35% des étudiantes y ont déjà eu recours2), mais son mécanisme d’action s’apparente bien à un avortement (même si ce dernier a lieu dans les premières heures de la vie).
 

N’oublions pas…

Je voudrais finir cet article en soulignant que la responsabilité du choix de la contraception appartient aux deux personnes du couple (et pas qu’à la femme). Bien que cette dernière soit la première concernée et la seule à pouvoir estimer les effets secondaires sur son corps de la plupart des méthodes choisies, son époux doit participer à la prise de décision. Remarquez les pluriels en Genèse 1.27-28. Il n’est pas écrit : « Dieu les bénit et dit à la femme : soit féconde, remplis la terre et assujettis la nature — quant à l’homme, don’t worry, be happy, en laissant ta femme s’occuper de tout ». C’est peut-être pour éviter la déresponsabilisation et l’indifférence des hommes que la Bible met en avant une responsabilité paternelle forte dans l’éducation. Les enfants ne concernent pas exclusivement les femmes, messieurs !

NOTES

Il va sans dire que pour le couple non marié, la méthode de contraception exclusive, c’est l’abstinence !!!

 

1 femme autrichienne ayant eu le plus d’enfants au monde!

2 http://lmde.com/fileadmin/pdf/securite_sociale/11587_enquete_ENSE_3.pdf

Pour ceux qui veulent aller plus loin et mieux comprendre:

La contraception oestro-progestative et progestative simple fonctionnent toutes les deux sur un triple mécanisme :
– épaississement de la glaire cervicale qui empêche le passage des spermatozoïdes = mécanisme pas abortif
– inhibition de l’épaississement de l’endomètre (atrophie endométriale), empêchant la nidation = mécanisme abortif
– blocage de l’ovulation = mécanisme pas abortif

Cependant dans la pilule oestro-progrestative l’effet repose presque exclusivement sur le mécanisme de blocage de l’ovulation (qui fonctionne dans 99% des cas) et non sur l’atrophie endométriale (autant dire jamais). Pour le progestatif simple en revanche le blocage de l’ovulation n’intervient qu’ autour de 33% des fois, ce qui veut dire que le mécanisme abortif (l’atrophie endométriale) est souvent « utilisé ». Pour simplifier, voilà pourquoi je légitime une pilule et pas l’autre même si je conviens que c’est une zone grise pour les chrétiens :)

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Auteur : Fidji P-L

23 ans, Rébellutionnaire, mariée à Sam, étudiante en médecine à Lyon et co-auteure du livre Fidji et Sam, étudiants..

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