%@#&*µ£$ !!! (traduction censurée)

15 Fév 2013 8 commentaires
Crédits Photo : potiondevie.fr
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Après avoir introduit les 7 péchés capitaux et parlé de l’avarice, de l’envie, de la paresse, de la gourmandise et de l’orgueil, passons aujourd’hui à la colère !

Même réaction, différents motifs. Pour l’un vils, pour l’autre nobles. Voilà comment nous pourrions décrire la colère de Saül et de David, qui illustrent à merveille comment la colère révèle ce qu’il y a au plus profond du cœur de l’homme…

Commençons par Saül. Dieu l’a choisi pour être le premier roi d’Israël. En lisant ses débuts, on est attendri par le personnage, caractérisé par une candeur et une humilité certaines. Lorsque que le peuple veut l’introniser, il va vite se cacher (1 Samuel 10.22) ! Il se considère alors « comme un personnage peu important » (1 Samuel 15.19), condition sine qua none pour être utile entre les mains de Dieu. Mais son humilité va être mise à rude épreuve par la venue du jeune David sur les devants de la scène. À force de remporter des victoires militaires pour le compte de Saül (qui reste confortablement dans son palais), le refrain favori des femmes dans la rue devient « Saül a vaincu ses milliers et David ses dizaines de milliers » (1 Samuel 18.7). La réaction du roi ne se fait pas attendre : « Saül le prit très mal et se mit dans une grande colère. Elles en attribuent dix mille à David, dit-il, et à moi seulement mille ! Il ne lui manque plus que la royauté ! » (1 Samuel 18.8). Le diagnostic est sans appel : Saül est bien plus préoccupé par sa propre gloire en tant que roi que par le royaume dont il a la charge. Au lieu de se réjouir des victoires de son jeune général, il l’envie et cherche à l’exécuter…

Cette colère contraste avec celle de David. Bien avant d’arriver sur les devants de la scène, il doit en tant que petit dernier faire paître les brebis de son père, tandis que ses aînés sont sur le champ de bataille (1 Samuel 17.12-15). Après quelque temps, son père décide de l’envoyer voir ses frères pour leur apporter à manger et lui rapporter des nouvelles (1 Samuel 17.17-19). Comme tous les jours, le géant Goliath se présente devant l’armée d’Israël pour les provoquer et pour se moquer de leur Dieu. Et c’est juste à ce moment-là qu’arrive le petit David. Il est très vite consterné de voir que tous les soldats de l’armée de Dieu fuient devant le géant (1 Samuel 17.24). Et en l’entendant proférer des insultes à l’encontre du Créateur de l’univers, David s’indigne : « Qu’est-ce que l’on donnera à celui qui abattra ce Philistin et qui lavera le peuple d’Israël de la honte qui lui est infligée ? Qu’est donc cet incirconcis de Philistin, pour oser insulter les bataillons du Dieu vivant ? » (1 Samuel 17.26) Tu connais la suite de l’histoire… Une fois de plus, le diagnostic est sans appel : David est bien plus préoccupé par la gloire de Dieu que par sa propre vie.

Comme tu le vois par toi-même, la colère est stricto sensu neutre. Ce qui définit sa nature, bonne ou mauvaise, est ce qu’elle expose. La colère est une émotion, et en tant que telle, elle révèle notre perception de l’état des choses que nous estimons importantes. Je m’explique. Si tu marches dans la rue et que tu vois un chat se faire renverser par une voiture, tu seras sûrement surpris. En revanche, la veuve de 70 ans dont c’était le seul compagnon sera dévastée. Même événement, différentes réactions. La palette variée des émotions révèle simplement la valeur que chacun attache au chat.

Mais si le sentiment de colère est neutre, alors pourquoi y a-t-il tant de passages dans la Bible qui le condamnent ? Tu dois sûrement connaître les nombreux versets qui parlent de la colère. Tu sais que tu dois être « lent à la colère » parce que « la colère de l’homme n’accomplit pas la justice de Dieu » (Jacques 1.19-20), que tu dois « prier en élevant vers le ciel des mains pures et sans colère » (1 Timothée 2.8), que la colère est une « œuvre de la chair » (Galates 5.20), que tu ne dois pas te coucher en étant en colère (Éphésiens 4.26), etc. Bref, il semblerait que dans la Bible, eh bien la colère, c’est mal. Suis-je alors en train de contredire la Parole de Dieu ?

Pas du tout ! Si la colère y est tant condamnée, c’est parce que dans la majeure partie des cas, nous nous mettons en colère pour de mauvaises raisons, et que notre colère révèle la noirceur de notre cœur (Marc 7.20-22). Lorsque nous sentons que nos idoles – statut, relations, argent, confort, amour propre – sont en danger, nous nous mettons en colère. Nous avons l’impression que ce n’est pas juste, que nous ne sommes pas au contrôle, que le ciel va nous tomber sur la tête… Il peut certes nous arriver de nous mettre en colère pour de bonnes raisons, comme ce fut le cas pour Jésus face à la dureté du cœur des pharisiens (Marc 3.5), mais lorsque tu es en colère, tu ne prends pas trop de risques en partant du principe que tu l’es pour de mauvaises raisons !

Alors la prochaine fois que tu te mets en colère, pose-toi simplement les questions suivantes : « Pourquoi suis-je irrité à ce point ? De quoi ai-je si peur ? Quelle est cette chose que j’estime tant qui me semble être menacée ? » Puis isole-toi pour être seul avec toi-même et avec Dieu. Demande à l’Esprit saint de te montrer ce que ta colère révèle sur l’état de ton cœur, puis médite sur le diagnostic. Ensuite, selon ce dernier, remémore-toi les promesses de Dieu spécifiques à chaque condition. Si tu as peur de perdre quelqu’un ou quelque chose qui t’es cher, médite sur la souveraineté de Dieu qui fait « concourir toutes choses pour ton bien » (cf. Romains 8.28-39). Si tu es victime d’une injustice, médite sur le jugement de Dieu, lors duquel il « rendra à chacun son dû » (Romains 12.17-21). Si tu es jaloux de ton prochain, médite sur la providence de Dieu qui « garantit la part que tu reçois » (cf. Psaume 16). Bref, quel que soit le diagnostic, sois toujours prêt à dégainer « l’épée de l’Esprit » (Éphésiens 6.17).

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Auteur : Sam P-L

29 ans, marié à Fidji, père de 3 enfants, ingénieur informatique à Lyon et co-auteur du livre Être étudiant et chrétien: opportunités et défis.

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