%@#&*µ£$ !!! (traduction censurée)

Crédits Photo : potiondevie.fr
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Après avoir introduit les 7 péchés capitaux et parlé de l’avarice, de l’envie, de la paresse, de la gourmandise et de l’orgueil, passons aujourd’hui à la colère !

Même réaction, différents motifs. Pour l’un vils, pour l’autre nobles. Voilà comment nous pourrions décrire la colère de Saül et de David, qui illustrent à merveille comment la colère révèle ce qu’il y a au plus profond du cœur de l’homme…

Commençons par Saül. Dieu l’a choisi pour être le premier roi d’Israël. En lisant ses débuts, on est attendri par le personnage, caractérisé par une candeur et une humilité certaines. Lorsque que le peuple veut l’introniser, il va vite se cacher (1 Samuel 10.22) ! Il se considère alors « comme un personnage peu important » (1 Samuel 15.19), condition sine qua none pour être utile entre les mains de Dieu. Mais son humilité va être mise à rude épreuve par la venue du jeune David sur les devants de la scène. À force de remporter des victoires militaires pour le compte de Saül (qui reste confortablement dans son palais), le refrain favori des femmes dans la rue devient « Saül a vaincu ses milliers et David ses dizaines de milliers » (1 Samuel 18.7). La réaction du roi ne se fait pas attendre : « Saül le prit très mal et se mit dans une grande colère. Elles en attribuent dix mille à David, dit-il, et à moi seulement mille ! Il ne lui manque plus que la royauté ! » (1 Samuel 18.8). Le diagnostic est sans appel : Saül est bien plus préoccupé par sa propre gloire en tant que roi que par le royaume dont il a la charge. Au lieu de se réjouir des victoires de son jeune général, il l’envie et cherche à l’exécuter…

Cette colère contraste avec celle de David. Bien avant d’arriver sur les devants de la scène, il doit en tant que petit dernier faire paître les brebis de son père, tandis que ses aînés sont sur le champ de bataille (1 Samuel 17.12-15). Après quelque temps, son père décide de l’envoyer voir ses frères pour leur apporter à manger et lui rapporter des nouvelles (1 Samuel 17.17-19). Comme tous les jours, le géant Goliath se présente devant l’armée d’Israël pour les provoquer et pour se moquer de leur Dieu. Et c’est juste à ce moment-là qu’arrive le petit David. Il est très vite consterné de voir que tous les soldats de l’armée de Dieu fuient devant le géant (1 Samuel 17.24). Et en l’entendant proférer des insultes à l’encontre du Créateur de l’univers, David s’indigne : « Qu’est-ce que l’on donnera à celui qui abattra ce Philistin et qui lavera le peuple d’Israël de la honte qui lui est infligée ? Qu’est donc cet incirconcis de Philistin, pour oser insulter les bataillons du Dieu vivant ? » (1 Samuel 17.26) Tu connais la suite de l’histoire… Une fois de plus, le diagnostic est sans appel : David est bien plus préoccupé par la gloire de Dieu que par sa propre vie.

Comme tu le vois par toi-même, la colère est stricto sensu neutre. Ce qui définit sa nature, bonne ou mauvaise, est ce qu’elle expose. La colère est une émotion, et en tant que telle, elle révèle notre perception de l’état des choses que nous estimons importantes. Je m’explique. Si tu marches dans la rue et que tu vois un chat se faire renverser par une voiture, tu seras sûrement surpris. En revanche, la veuve de 70 ans dont c’était le seul compagnon sera dévastée. Même événement, différentes réactions. La palette variée des émotions révèle simplement la valeur que chacun attache au chat.

Mais si le sentiment de colère est neutre, alors pourquoi y a-t-il tant de passages dans la Bible qui le condamnent ? Tu dois sûrement connaître les nombreux versets qui parlent de la colère. Tu sais que tu dois être « lent à la colère » parce que « la colère de l’homme n’accomplit pas la justice de Dieu » (Jacques 1.19-20), que tu dois « prier en élevant vers le ciel des mains pures et sans colère » (1 Timothée 2.8), que la colère est une « œuvre de la chair » (Galates 5.20), que tu ne dois pas te coucher en étant en colère (Éphésiens 4.26), etc. Bref, il semblerait que dans la Bible, eh bien la colère, c’est mal. Suis-je alors en train de contredire la Parole de Dieu ?

Pas du tout ! Si la colère y est tant condamnée, c’est parce que dans la majeure partie des cas, nous nous mettons en colère pour de mauvaises raisons, et que notre colère révèle la noirceur de notre cœur (Marc 7.20-22). Lorsque nous sentons que nos idoles – statut, relations, argent, confort, amour propre – sont en danger, nous nous mettons en colère. Nous avons l’impression que ce n’est pas juste, que nous ne sommes pas au contrôle, que le ciel va nous tomber sur la tête… Il peut certes nous arriver de nous mettre en colère pour de bonnes raisons, comme ce fut le cas pour Jésus face à la dureté du cœur des pharisiens (Marc 3.5), mais lorsque tu es en colère, tu ne prends pas trop de risques en partant du principe que tu l’es pour de mauvaises raisons !

Alors la prochaine fois que tu te mets en colère, pose-toi simplement les questions suivantes : « Pourquoi suis-je irrité à ce point ? De quoi ai-je si peur ? Quelle est cette chose que j’estime tant qui me semble être menacée ? » Puis isole-toi pour être seul avec toi-même et avec Dieu. Demande à l’Esprit saint de te montrer ce que ta colère révèle sur l’état de ton cœur, puis médite sur le diagnostic. Ensuite, selon ce dernier, remémore-toi les promesses de Dieu spécifiques à chaque condition. Si tu as peur de perdre quelqu’un ou quelque chose qui t’es cher, médite sur la souveraineté de Dieu qui fait « concourir toutes choses pour ton bien » (cf. Romains 8.28-39). Si tu es victime d’une injustice, médite sur le jugement de Dieu, lors duquel il « rendra à chacun son dû » (Romains 12.17-21). Si tu es jaloux de ton prochain, médite sur la providence de Dieu qui « garantit la part que tu reçois » (cf. Psaume 16). Bref, quel que soit le diagnostic, sois toujours prêt à dégainer « l’épée de l’Esprit » (Éphésiens 6.17).

Rébellutionnaire, are you ready ?

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Sam P-L

29 ans, marié à Fidji, père de 3 enfants, ingénieur informatique à Lyon et co-auteur du livre Être étudiant et chrétien: opportunités et défis.

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8 Commentaires

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  • Excellent article. Bravo Sam !

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    • Merci JB, c’est gentil !

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  • Bravo Sam. Je t’attendais au tournant sur celui-là, parce que, comme je te l’avais dit, je ne crois pas que la colère est un péché, et tu l’expliques très bien : la colère n’est pas un péché, cependant, elle révèle des attitudes pécheresses soujacentes, bien souvent.

    Je rajouterai à cela que je pense que la raison pour laquelle bien des passages mettent en garde contre la colère est à cause de ce que la colère mal gérée peut causer comme péchés (amertume, rancœur, etc.). Je le sais parce que ce sont des choses que j’ai expérimenté dans ma vie, en demeurant sur ma colère, plutôt que de libérer les gens par le pardon.

    Mais je pense que c’est bon d’affirmer que la colère n’est pas un péché, et la classification classique de les lister parmi les péchés capitaux est un tort. Elle a le même rôle que les autres péchés capitaux, en ce qu’elle est quelque chose qui crée en nous d’autres péchés, mais elle n’est pas elle-même péché.

    Il faut une génération de chrétiens qui sachent aussi se mettre en colère quand il le faut. Pas des mous du genou, mais plutôt des gens qui sachent aussi être indignés par les choses qui indignent Dieu. Ça c’est une bonne raison de se mettre en colère !

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    • Amen ! Jésus était certes doux, mais il n’était pas mou. Plus on se rapproche de lui, plus on est censé aimer ce qu’il aime et haïr ce qu’il hait. Donc ce qui le réjouit devrait nous réjouir et ce qui le met en colère devrait nous mettre en colère !

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  • Selon toi Nath, devrions nous nous indigner de l’adoption du projet « Mariage pour tous » et a posteriori pour ladoption homoparentale ? Semi-question piege, mais ton avis m’interesse beaucoup.

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  • Réponse brève : oui, je pense absolument qu’il faille s’en indigner. Cependant, un autre élément important à ressortir dans la Bible est que la colère de Jésus et du Père ne sont jamais hors de contrôle. Il faut que, devant la force de nos émotions, nous sachions nous maîtriser pour faire de cette colère quelque chose d’utile. Parfois, l’expression virulente de cette colère est la meilleure chose à faire, pour donner comme l’électrochoc nécessaire pour que les gens changent. Parfois, une phrase paisible, entourée d’actes d’amour et d’acceptation sont de mise. Je pense à un certain « je ne te condamne pas non plus. Va, et ne pêche plus. »

    Je pense que, dans le contexte actuel, c’est le deuxième type de réaction, et d’indignation qui est de mise dans notre façon de répondre au projet de loi sur le mariage pour tous.

    Nous voulons faire passer un message clair, et je crains que beaucoup de nos réactions face à ce projet ont eu la fâcheuse tendance de ne pas prendre en compte l’embrouille que peuvent produire, dans la pensée de nos contemporains, nos façons d’exprimer notre désaccord. Il y a une profonde incompréhension dans notre société de ce qui est de l’homophobie et de ce qui n’en est pas. Cependant, c’est à cette difficulté que nous devons faire face, et composer avec. Ils sont peut-être en tort en ne sachant pas bien comprendre notre message ; cependant, le fait reste qu’ils ne le comprennent pas, et notre rôle, dans ces conditions, est de faire l’effort de dire les choses autrement pour qu’ils les comprennent mieux.

    Pour prendre un exemple : il y a, dans une classe de trente élèves, un élève qui ne comprend pas ce que sa prof de maths explique sur le théorème de Pythagore. Un mauvais prof répèterait ce qu’il vient de dire, en s’attendant à ce que l’élève le comprenne. Un bon prof trouverait une façon différente de l’expliquer.

    Si notre façon de dire que l’on est contre, jusque là, fait que les médias nous prennent pour des homophobes arriérés et bigots, alors il nous faut non pas redoubler de force dans notre façon de le dire, mais plutôt trouver des façons alternatives de le dire d’une façon que notre société pourra mieux comprendre. Je pense que pour cela, une approche relationnelle est la meilleure façon de procéder. C’est comme cela que Jésus procédait très souvent en tous cas.

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  • Merci Sam !

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  • Yes !!!

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