Du caractère sacré de la vie : L’avortement (cas particuliers)

Après les grands principes sur la bioéthique (ici), tu peux retrouver la première partie d’un article sur l’avortement (IVG) ici et la deuxième partie ici.

Nous avons vu dans l’article précédent que l’avortement est un meurtre. Alors n’est-t-il jamais justifié ? Qu’en est-il des cas particuliers (viol, handicap, etc.) ? Avant d’aborder ces questions, je tiens à dire deux choses. Premièrement, même si ces cas particuliers sont souvent cités par nos amis non chrétiens comme arguments pour justifier l’IVG, ils ne représentent qu’une partie minime des IVG effectivement pratiquées. Quand on te dit : « Oui, mais imagine une fillette violée ?? », on essaye de détruire ton raisonnement en utilisant un exemple qui est très extrême (et qui met franchement mal à l’aise, parce qu’on à tous -bien sûr- beaucoup de compassion pour la personne qui a dû subir cela). Sans vouloir ignorer ces situations, il faut donc leur redonner leur juste place dans le débat : elles restent des cas particuliers sur lesquels ils ne faut pas exclusivement construire notre réflexion. Deuxièmement, les problématiques abordées dans cet article sont particulièrement chargées émotionnellement. Je suis consciente que je marche sur des œufs. Je ne prétends en aucun cas savoir ce que ressent un couple qui apprend que son enfant est trisomique sur l’échographie du 3e mois ou la jeune fille qui se fait violer et se retrouve enceinte. Ceci étant dit, commençons…

 

1. Si l’enfant est handicapé

Si le fœtus présente (selon les termes de la loi Veil) « une forte probabilité que l’enfant à naître soit atteint d’une affection d’une particulière gravité, reconnue comme incurable au moment du diagnostic » l’IMG (interruption médicale de grossesse) peut être pratiquée à n’importe quel moment, jusqu’au terme. Le problème est le suivant : qu’est-ce qui rend une vie indigne d’être vécue selon Dieu ? Et nous revenons à la question que nous avons déjà traitée : l’homme a-t-il droit de vie et de mort sur un enfant en fonction de son état ?

Considérer que la maladie mérite la mort serait scandaleux devant une personne vivante. Un malade mérite la protection, et sa famille mérite le soutien de la société. L’enfant ne peut mourir simplement parce qu’il ne correspond pas à l’idéal physique de notre société ! (Sans oublier que les erreurs de diagnostic arrivent plus souvent que ce que nous pensons.)

 

2. Si une femme tombe enceinte suite à un viol

C’est une proportion infime des statistiques, mais c’est souvent évoqué comme argument majeur pour justifier toutes les IVG. Plusieurs arguments sont utilisés pour légitimer l’avortement dans un tel cas : « Il vaut mieux éviter que le bébé ne voie le jour puisqu’il rappellerait chaque jour le viol à sa mère », « Puisque l’enfant ne fait pas l’objet d’un projet parental, il n’a pas d’existence sociale, et il est préférable qu’il ne vive pas », « Évacuer l’enfant est une thérapie pour la femme ». Je comprends la forte émotion que suscite une telle situation. Mais posons nous une autre question : Pourquoi l’enfant porterait par sa mort la culpabilité de l’acte ignoble de son père ? L’enfant existe, il porte l’image de Dieu et il n’y est pour rien. Ce n’est pas en le tuant qu’on résout le crime qui a été commis. On ne corrige pas le crime par le crime, mais par la justice.

Savais-tu que dans la politique juive on considère que la judaïcité est transmise par la mère ? (Contrairement aux musulmans qui considèrent que l’islam est transmis par le père.) Et bien, c’est des vagues de viols en Israël que vient ce « décret ». Je m’explique… Ce pauvre peuple avait tellement connu d’invasions et donc de viols de femmes, qu’ils ont dû édicter qu’un enfant naissant de mère juive était juif. Il appartenait à la communauté, même si on ne pouvait pas toujours savoir si le père n’avait pas été un des envahisseurs…

Il existe une alternative à l’avortement : l’adoption. Il est toujours possible de permettre à une famille d’adopter un enfant et de le rendre heureux.

 

3. Si la vie de la mère est mise en danger par le fœtus

C’est le dernier cas à considérer. Que faire dans le cas cornélien où l’on doit choisir entre la mère et l’enfant ? Un certain nombre de conditions imposent ce dilemme cruel (comme les grossesses extra-utérines, par exemple). Si le diagnostic est avéré et confirmé par plusieurs praticiens, il me semble qu’il puisse être moralement acceptable d’envisager un avortement. C’est certainement une question de conscience où l’on choisit le « moins pire » des scénarios. Voici la raison qui me pousse à penser que -dans ce cas- l’IVG peut être envisagée. Si un couple est guidé par le commandement d’aimer son prochain comme soi-même, l’amour des autres enfants (à venir ou déjà nés) comme l’amour d’un mari ira plutôt dans le sens du choix de garder la maman. (La prééminence du rôle parental dans l’Écriture peut aider à établir cette valeur.) Dans l’Évangile, le Père sacrifie son Fils pour que d’autres vivent en lui. Même si l’image me paraît tirée par les cheveux, la notion de sacrifice d’un pour la vie des autres est bien présente.

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Auteur : Fidji P-L

23 ans, Rébellutionnaire, mariée à Sam, étudiante en médecine à Lyon et co-auteure du livre Fidji et Sam, étudiants..

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