Du caractère sacré de la vie : L’avortement (1/2)

Le nombre d’IVG se situe aux alentours de 200 000 chaque année, soit près d’une IVG pour trois naissances1. Près de la moitié (46 %) des femmes qui ont eu une IVG avait entre 20 et 30 ans ; 35 % avaient entre 30 et 40 ans et 11 % moins de 20 ans ; 4 % avaient moins de 18 ans2 . C’est aux âges extrêmes que la fréquence des avortements par rapport à celle des grossesses est la plus élevée. Après 40 ans, une grossesse sur deux se termine par une IVG. À l’autre extrême, on dénombrait, 6 709 avortements chez des moins de 18 ans, pour 2 653 accouchements. Vu la fréquence des IVGs, il est intéressant de se poser la question : l’homme peut-il clore une vie avant la naissance ? Ma réponse est non, et ce pour 3 raisons :

1. La vie commence dès la conception

En d’autre termes un embryon et un fœtus sont déjà à considérer comme êtres humains. Déterminer quand commence la vie est un prérequis nécessaire au reste de notre débat. Si tu penses qu’un fœtus n’est pas un être humain, alors on peut l’éliminer, et cela sans problème moral. Mais je pense que bibliquement, comme biologiquement, la vie commence dès la conception, et plus précisément dès la fécondation (le moment où les deux gamètes mâle et femelle se rencontrent et forment une cellule unique qui contient tout l’ADN du futur individu).

Dans la Bible, la poésie du psaume 139 nous montre que David établit une continuité d’existence entre sa vie à l’air libre et sa vie dans le sein de sa mère (139.13-16). Le prophète Ésaïe tient le même type de langage (Ésaïe 49.5), tout comme Job (Job 10.8-12) Le vocabulaire biblique ne fait pas de distinction entre l’enfant dans le ventre de sa mère et l’enfant qui apprend à lire et à écrire3.

Dans mes cours d’embryologie, j’ai observé qu’il n’y a pas non plus d’étape déterminante à partir de laquelle on puisse dire : « Maintenant – et maintenant seulement – il y a la vie ». Le processus de développement d’un embryon est progressif et nul n’est capable de donner une date butoir pour l’acquisition de l’essence de l’humain. Un fœtus est-il un être humain à partir du moment où son cœur bat ? (À 21 jours !) Ou bien à partir du moment où son cerveau est fonctionnel ? Ou bien encore à partir du moment où il peut ressentir la douleur ? Personne ne peut répondre (d’ailleurs les dates limites pour la pratique légale de l’IVG sont différentes dans tous les pays européens – 12 semaines en France, 24 en Grande-Bretagne…). La ligne doit être tracée (si tant est que nous devions la tracer) dans le sable et elle est complètement subjective. Considérer que la vie débute après la nidation, ou au moment d’une possible scission en jumeau du fœtus, c’est établir une barrière artificielle. Le processus ne connaît qu’une longue continuité.

En conclusion, il n’existe ni dans la Bible, ni dans la biologie, une rupture dans la progression du fœtus. Dès les premières heures de la pénétration du spermatozoïde dans l’ovocyte, il y a une ‘explosion de vie’ continue et ininterrompue qui ne s’achèvera qu’après la naissance.

2. L’homme ne peut pas déterminer le mérite d’une vie

Imaginons que je vous présente une famille que je suis à l’hôpital : le père a une maladie sexuellement transmissible, probablement comme sa femme qui a la tuberculose. Ils ont 4 enfants. Le premier est aveugle, le deuxième est sourd, le troisième a la tuberculose et le quatrième est mort à la naissance. La femme est de nouveau enceinte. Conseillez-vous l’avortement ? Si tu me dis oui, tu viens de tuer Beethoven. Souvent, on te dira : « L’IVG est ce qu’il y a de mieux pour l’enfant ! Sa famille ne le désire pas, il ne viendra pas au monde dans les meilleures conditions, etc. » Au final, l’exterminer est presque… lui rendre service ! Mais, comme nous l’avons vu, la valeur d’une vie ne dépend pas de son utilité sociale, ni de son intelligence relative, ni du rôle qu’elle jouera dans la population mondiale. Sa valeur vient du fait précis qu’elle est à l’image de Dieu. Regarde la considération que Christ démontre pour les malades, les estropiés et les aveugles. Les sociétés grecques et romaines considéraient la valeur d’une vie en fonction de son potentiel et éliminaient impitoyablement tout enfant né avec un défaut de santé. Mais cette pratique me rappelle celle d’Hilter et conduit à l’eugénisme4. Si nous commençons à éliminer les enfants sous prétexte qu’ils n’auront pas toutes les meilleures conditions de leur côté, pourquoi ne pas commencer à tuer les petits et tous ceux dont le QI est inférieur à 100 ?

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NOTES

1. Statistiques de l’état civil.
2. Données du Ministère de l’emploi et de la solidarité en 1996.
3. Si tu ne me crois pas, compare quelques termes du Nouveau Testament en grec :
« Dès qu’Élisabeth entendit la salutation de Marie, son enfant [brephos] tressaillit dans son sein. » (Luc 1:41)
« Et ceci sera pour vous un signe: vous trouverez un nouveau-né [brephos] emmailloté et couché dans une crèche. » (Luc 2:12)
«  depuis ton enfance [brephos], tu connais les Écrits sacrés; ils peuvent te donner la sagesse en vue du salut par la foi en Christ-Jésus. »(2 Timothée 3:15).
Dans les 3 passages, le mot brephos est utilisé sans distinction !
4. L’eugénisme peut être défini comme l’ensemble des méthodes et pratiques visant à transformer le patrimoine génétique de l’espèce humaine dans le but de le faire tendre vers un idéal déterminé.

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Auteur : Fidji P-L

23 ans, Rébellutionnaire, mariée à Sam, étudiante en médecine à Lyon et co-auteure du livre Fidji et Sam, étudiants..

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