Être ou faire, telle est la question…?

25 Jan 2013 5 commentaires
Crédits photo : National Geographic
Crédits photo : National Geographic

Après avoir introduit les 7 péchés capitaux et parlé de l’avarice et de l’envie, passons maintenant à la paresse !

Jack Campbell et Kate Reynolds s’aiment. Un jour, Jack a l’opportunité de faire fortune en devenant courtier à Londres. Pour cela, il doit quitter sa bien-aimée. Il décide donc de partir en Angleterre pour relever ce challenge. 13 ans plus tard, la situation de Jack a bien évolué. Il a acquis une certaine expérience en Angleterre et est désormais directeur du cabinet de conseil le plus prestigieux de Wall Street. Mais il vit seul. Peu importe, sa vie professionnelle est passionnante. Un jour, il fait une rencontre mystérieuse qui va changer le cours de son existence. Le destin va lui montrer comment sa vie aurait été s’il était resté avec Kate. Un matin, il se réveille mari de Kate et père de deux enfants… surprise totale ! Au début, il croit rêver. Il est expert en finances et ne sait absolument pas comment diriger un foyer. Dans cette vie avec Kate, il est un simple employé dans une entreprise qui fabrique des pneus. Il se retrouve vite dans toutes sortes de situations embarrassantes. Et bizarrement, il commence à prendre goût à cette vie. Il est amoureux de sa femme et tombe sous le charme du fait d’être papa. Finalement, il préfère cette vie familiale et modeste à son ancienne vie trépidante. Le problème, c’est qu’il ne peut pas y rester…ce n’est qu’un rêve ! Alors le voilà de retour dans son appartement new-yorkais. C’est Noël. Il est seul…

Voilà l’histoire du film Family Man avec Nicolas Cage. Comme tu le vois, le « bourreau du travail » (en anglais, « workaholic ») est présenté comme un vilain petit canard. Ce n’est pas surprenant. Dans les générations de nos parents et de nos grands-parents, beaucoup de familles ont été brisées par une attitude carriériste démesurée. En conséquence, cette conduite a été fortement dénoncée dans les films et romans qui ont bercé notre enfance. Lorsque Family Man est sorti, j’avais onze ans. Si un enfant de cet âge regarde un tel film, il se dira sûrement qu’il ne sera jamais trop ambitieux ni ne fera une grande carrière. Finalement, comme Jack, il préférera sûrement avoir une situation modeste en voyant sa famille à Noël qu’être un riche consultant new-yorkais sans foyer…

Quand nos parents étaient jeunes, beaucoup de personnes dans leur entourage étaient inspirées par les magnats de la finance comme Donald Trump, qui ont sacrifié leur vie entière dans leur business. Aujourd’hui, notre génération applaudit lorsque David Beckham refuse un contrat de plusieurs millions avec le PSG parce que les Beckhams se sentent bien à Los Angeles. Le message est clair : la carrière, c’est bien ; l’épanouissement personnel, c’est mieux… Finalement, peu d’entre nous veulent vraiment finir comme Steve Jobs, adulé pour ses innovations technologiques, mais isolé et frustré dans sa vie personnelle !

La conséquence pour notre génération ne s’est pas fait attendre. Être ambitieux a commencé à être vu de travers. Le mot d’ordre aujourd’hui est Carpe Diem. Profite de ton temps libre, de tes amis et de ta famille aujourd’hui, tant que tu le peux encore. Tu n’en auras peut-être plus l’occasion demain. Pourquoi te focaliser tant sur le faire ? Ne sommes-nous pas après tout des êtres humains et non pas des faires humains ? Comme bien souvent, un extrême est remplacé par son extrême inverse…

Cette mentalité s’est également infiltrée dans l’Église. Autant des milliardaires ont sacrifié leur vie dans leur business, autant des pasteurs et missionnaires ont sacrifié la leur dans leur ministère. Conséquence ? La notion de sacrifice, tant admirée par nos aînés, a été remplacée par celle de l’équilibre. Aime Jésus. Sers-le. Mais attention : reste équilibré. Prends soin de ton corps, de ton état émotionnel et de tes relations. Donne-toi certes, mais donne-toi avec réserve. Aie pour ambition la fidélité, pas l’impact.

À ces principes, je ne peux dire qu’un « Amen » partiel à cause de leurs dommages collatéraux. Soyons équilibrés et prenons soin de nous-mêmes et de nos relations, mais n’abandonnons pas pour autant la notion de sacrifice et d’ambition pour Celui qui a tout donné pour nous. Soyons fidèles dans les petites choses, mais ne délaissons pas nos rêves d’influence et d’impact à grande échelle pour le Royaume de Dieu. L’effort et la discipline ne sont pas synonymes de légalisme. Les grands rêves et les ambitions pour Dieu ne sont pas synonymes de mégalomanie et d’orgueil.

Si je parle autant d’effort, de discipline et d’ambition dans un article sur la paresse, c’est parce que la vie équilibrée est devenue l’excuse parfaite pour la vie paresseuse et sans ambition. J’ai réalisé que mes amis les plus ambitieux sont les moins paresseux (et vice-versa). S’ils ont la force de renoncer à la gratification instantanée que procurent les heures passées devant Facebook et les séries télé ou à juste traîner avec des potes, c’est parce qu’ils ont des rêves et des projets bien plus gratifiants sur le long-terme. Ils savent qu’il n’y a rien de tel que de voir les fruits visibles d’un projet pour lequel on a longtemps travaillé dans l’ombre. Si je vais manger dans un restaurant cinq étoiles le soir, je vais être beaucoup moins tenté de grignoter durant l’après-midi…

Alors retrouvons l’ambition, la discipline et l’abnégation incarnés par l’apôtre Paul. Osons déclarer comme lui que notre vie n’a aucune importance, mais que notre mission est capitale : « Ma vie m’importe peu, je ne lui accorde aucun prix ; mon but c’est d’aller jusqu’au bout de ma course et d’accomplir pleinement le service que le Seigneur m’a confié » (Actes 20.24). Comme lui, vivons de manière à pouvoir décrire notre ministère comme un combat : « Je travaille et je combats par la force du Christ qui agit puissamment en moi » (Colossiens 1.29). Imitons-le et demandons à Dieu de nous donner une ambition qui nous dépasse : « Mon ambition est de proclamer la Bonne Nouvelle là où le nom du Christ n’est pas encore connu » (Romains 15.20). Comme Paul, n’ayons pas peur d’être considérés comme des extrémistes, même par d’autres chrétiens (Actes 21.11-14) !

L’ambition pour Dieu exclut la paresse. Alors Rébellutionnaire, quelle est ton ambition ?

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Auteur : Sam P-L

29 ans, marié à Fidji, père de 3 enfants, ingénieur informatique à Lyon et co-auteur du livre Être étudiant et chrétien: opportunités et défis.

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