Du caractère sacré de la vie : Introduction et grands principes

Crédits photo: nationalgeographic.com

Quand commence la vie ? Peut-on avorter un enfant trisomique ? Si je suis infirmière, dois-je encourager une jeune fille qui envisage l’avortement ? A-t-on le droit d’utiliser une méthode de contraception ? Et si oui, laquelle ? Pourquoi le handicap ? L’euthanasie est-elle justifiable ? Peut-on (et doit-on) donner ses organes ? Si mon mari est stérile, puis-je recourir à un don de sperme ? Peut-être t’es-tu déjà posé(e) une ou plusieurs de ces questions. Ou peut-être que l’un de tes amis non-chrétien t’as posé l’une de ces questions et tu ne savais pas trop quoi répondre… J’ai remarqué que souvent, les chrétiens « ont les bonnes réponses » concernant ces questions, mais ils ne savent pas les expliquer clairement. Que tu sois dans l’une ou l’autre situation, cette série est pour toi. Les progrès de la science ont été fulgurants ces dernières années et il est du devoir du chrétien de se tenir informé et d’avoir des convictions morales et bibliques sur ce que la technologie a à nous proposer. Que peut-on accepter ? Et que doit-on refuser (voire combattre) ?

Dans les semaines qui viennent, nous allons tenter de répondre à plusieurs des interrogations que les chrétiens peuvent avoir concernant la bioéthique (c’est-à-dire l’éthique du vivant). Je ne suis pas experte en la matière (ni théologienne, ni docteur en biologie ou philosophie). Je suis une simple étudiante en médecine qui a été confrontée de manière très pratique à certains de ces dilemmes (dans ma vie personnelle comme professionnelle). J’ai dû beaucoup réfléchir à ce que la Bible dit pour savoir comment agir. J’ai toujours voulu garder les Écritures comme autorité suprême (2 Timothée 3.16-17 et 2 Pierre 1.19-21) dans mes réflexions, sans oublier pour autant de rester ancrée dans la réalité, les possibilités et les préoccupations de notre époque. Je vous partage humblement certaines de mes réflexions1… à enrichir des vôtres !

Avant d’entrer dans des problématiques particulières (avortement, contraception, euthanasie, etc.), commençons par regarder les grands principes bibliques concernant l’éthique d’une part (de la racine ethos en grec) et la vie (de la racine bios en grec) d’autre part.

1. L’éthique

a. Nous avons besoin de principes éthiques pour éviter les dérives. Les règles d’éthique sont les règles et lois qui définissent le bien et le mal (elles déterminent ce qui est « faisable » et approprié et ce qui ne l’est pas). Sans ces dernières, notre société ne serait régie que par la seule loi qui gouverne la vie : la loi du plus fort… Tout le monde s’accorde donc à dire que des lignes directrices sont nécessaires.

b. L’homme ne peut pas décider de ce qui est bien ou mal. Le problème est que l’homme ne peut pas trouver en lui-même les règles du bien et du mal. Si l’homme est seul dans l’immensité indifférente de l’univers, alors la logique nazie est aussi justifiable que celle de PolPot, ou celle de Sadam Hussein, non ? Nous avons tous une interprétation subjective de ce qui est acceptable et de ce qui ne l’est pas. Sans absolu, comment dire qu’une règle est supérieure à une autre ?

c. Dieu est notre boussole morale. Voilà pourquoi nous devons chercher cet absolu en Dieu (l’une des caractéristique de la divinité est précisément de différencier ce qui est bien de ce qui est mal) et dans le livre qu’il nous a donné : la Bible.

2. La vie

a. C’est Dieu qui donne et qui reprend la vie (comme tout le reste, voir Job 1.21).

b. La vie humaine est unique et a une dignité intrinsèque. Dans Genèse, Dieu crée les hommes nettement différents des animaux. S’ils sont faits de la même matière (le patrimoine génétique d’un homme est équivalent à 98% à celui d’un chimpanzé), la création de l’homme fait l’objet d’une attention particulière. Dieu dit « faisons… » (Genèse 1.24-31) comme s’il avait un projet réfléchi, qui contraste avec la créativité bouillonnante et rapide des animaux. Deuxièmement, l’homme a été créé à l’image de Dieu. Et il est le seul à porter cette image. Sa valeur ne se mesure pas à ce qu’il fait, mais à ce qu’il est : le reflet de Dieu. Porter la main sur un être humain, c’est toucher à une partie de ce reflet. Voilà pourquoi chaque vie est précieuse.

NOTES

1 Je me suis inspirée de prédications de mon pasteur, F. Varak et de conversations avec un ami médecin de mon Église.

Avatar
Auteur : Fidji P-L

23 ans, Rébellutionnaire, mariée à Sam, étudiante en médecine à Lyon et co-auteure du livre Fidji et Sam, étudiants..

Voir tous ses articles →