Les contes de fées sont dangereux…

16 Jan 2013 22 commentaires Neige
Crédits Photo : anamardoll.com
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Article de Neige, 18 ans, étudiante en prépa lettre à Nancy.

À l’occasion de mes dix ans, j’ai reçu un énorme pavé : les Chroniques de Narnia de C.S. Lewis, sept tomes en un seul volume. En un mois, j’avais tout dévoré et c’était tellement passionnant (je suppose que ceux qui ont lu ou vu cette œuvre ne me contrediront pas !) que je pris l’habitude d’en relire un chapitre de temps en temps, quand j’avais le moral dans les chaussettes et besoin de courage – au point d’en connaître des passages par cœur. Je me demandais pourtant ce qui m’attirait particulièrement dans cette œuvre. Entrer au lycée et avoir encore comme référence une série de contes pour enfants, avec des lions qui parlent, des centaures et des portes entre les mondes…

«  Un jeune homme qui voudrait rester sérieusement athée ne saurait choisir avec trop de précautions ses lectures. » C’est ce qu’écrit C.S. Lewis en relatant sa conversion : ses auteurs préférés étaient – comme par hasard – chrétiens et c’était là leur seul défaut à ses yeux de jeune athée. Quand j’ai lu cette phrase pour la première fois, je n’ai pu m’empêcher de rire, parce que la seule chose qui pouvait me faire regarder avec suspicion les Chroniques de Narnia était le souvenir d’une phrase de ma mère : « Ce livre est bourré de références chrétiennes ». Et en effet, pour une ado qui voyait la religion comme un fardeau inutile, un auteur chrétien (pire, encouragé par ses parents !) ne pouvait être que barbant comme un sermon, c’était évident. Donc, Lewis, comme son grand ami Tolkien, l’auteur de la saga du Seigneur des Anneaux, ne pouvaient être que de bons auteurs malgré leur foi.

En réalité, il s’est passé dans ma vie la même chose que pour Lewis. Il s’est trouvé que les livres qui me passionnaient le plus, les personnes que j’admirais le plus, les idées qui me paraissaient les plus cohérentes… venaient – toujours comme par hasard – du christianisme. Et les histoires de C.S. Lewis « collaient » si particulièrement bien avec ce qui se passait en moi qu’il devait bien y avoir une réalité derrière tout ça. La facilité avec laquelle toute la logique de ce livre pouvait être transposée à la vie chrétienne m’étonnait beaucoup.

C’était loin d’être du hasard, bien entendu. Une œuvre de fantasy qui tient debout, un monde imaginaire qui ne coupe pas du monde réel, mais y ramène… cela  n’existe que si l’auteur y a mis (ou mieux l’a fondé sur) l’essentiel, ce qui est « invisible pour les yeux », bref si Dieu est présent quelque part dans cette œuvre. Allez-y, cherchez : quels sont les histoires, les livres, les films, les dessins animés qui sont restés dans votre mémoire, dont les personnages sont devenus des modèles ou des amis ? Vous verrez que très probablement, ce sont ceux qui, malgré les apparences, sont le plus près de la vie réelle. Pas la « vie réelle » qui veut dire la banalité, la routine quotidienne, la rationalité sans espoir… Au contraire, celle qui est la plus vivante, au fond de nous-mêmes.

Lewis était parfaitement conscient de cela – tout comme l’inventeur du concept de la fantasy, Tolkien. Il savait qu’on fait mieux passer les grandes vérités par des histoires agréables à lire que par des ouvrages énormes de théologie ou de philosophie qui traitent pendant des pages et des pages du sens d’un simple adjectif. C’est nécessaire, mais ce n’est pas la priorité. Jésus discutait avec les docteurs de la Loi, mais la plus grande partie du temps, il enseignait le peuple par des paraboles. C’est comme cela qu’après sa conversion en 1929, Lewis, partant de son expérience d’athée, a voulu exposer dans une langue simple, avec des exemples concrets, les idées du christianisme.

Bien sûr, en tant qu’enfant, on se laisse captiver par les histoires. C’est comme une aiguille qu’on frotte contre un aimant et qui finit par prendre d’elle-même la direction du Nord. Mais en grandissant, il faut se mettre en quête de ce qui est derrière les paraboles. « Moi-même, mes frères, ce n’est pas comme à des hommes spirituels que j’ai pu vous parler, mais comme à des hommes charnels, comme à de petits enfants dans le Christ. Je vous ai donné du lait à boire, non de la nourriture solide, car vous n’en étiez pas capables » (écrit Paul en 1 Corinthiens 3.1-2). Mais pour devenir adulte, il faut passer à la nourriture solide, sinon on se perd dans des idées plus que vagues à propos de Dieu et de la foi. Les livres de C.S. Lewis sont pour cela un très bon guide de voyage dans l’aventure chrétienne. Deux d’entre eux sont particulièrement faciles à lire, divisés en chapitres assez courts (pour ceux qui prennent la fuite au-delà de 10 pages alignées…), et pourtant riches d’enseignements concrets et actuels dans tous les domaines de la vie chrétienne. J’aimerais vous parler plus en détail dans d’autres articles de ces deux livres, qui sont faciles à trouver en librairie ou sur Internet : Les Fondements du Christianisme (Mere Christianity) et Tactique du Diable (The Screwtape’s Letters).

Auteur : Neige

Neige, 18 ans, est étudiante en prépa lettre à Nancy.