Mine, mine, mine !

11 Jan 2013 4 commentaires
Crédits photo : 2.bp.blogspot.com
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Après avoir introduit les 7 péchés capitaux la semaine dernière, commençons par l’avarice !

Dans les histoires qui ont bercé mon enfance, les avares ont toujours eu une mauvaise réputation. Gamin, je passais des journées entières à dévorer le Journal de Mickey. J’y retrouvais notamment le fameux Donald Duck et son univers. Donald, c’est le mec sympa avec qui l’on s’identifie tous. Toujours fauché et malchanceux, il attire malgré tout notre sympathie. On ne peut pas en dire autant de son oncle Picsou ! Sa fortune fictive, estimée à 44 milliards de dollars selon le magazine Forbes, fait de lui le plus riche personnage imaginaire, loin devant M. Burns des Simpson avec son lamentable milliard ! Malheureusement pour lui, son avarice le rend non seulement antipathique, mais également pitoyable. Picsou « se prive de tout pour ne manquer de rien ». Son amour pour Mammon, le dieu de l’argent, le rend anxieux, irritable et radin. Alors comme tout petit garçon à la conscience en formation, le Journal de Mickey m’a appris qu’il valait mieux être fauché, mais sympa (comme Donald) que riche, mais exécrable (comme Picsou). En posant mon dernier journal pour passer à autre chose (dans mon cas, aux mangas !), je me suis dit, résolu : « Que Dieu me garde de finir comme Picsou ! »

Picsou n’est qu’un exemple parmi d’autres. J’aurais pu te parler de Scrooge de Dickens, d’Harpagon de Molière dans L’Avare ou encore de Greed du manga Fullmetal alchemist ! Bref, en y réfléchissant, tu trouveras certainement des exemples de ce type dans les histoires de ta jeunesse. Dans la Bible, il y a aussi des exemples de « Picsous ». Lorsque Jésus lui a demandé de vendre tous ses biens pour les donner aux pauvres, le jeune riche « s’assombrit et s’en alla tout triste, car il était très riche » (Marc 10.22). Judas, quant à lui, a vendu Jésus pour trente minables pièces d’argent (Matthieu 26.15). Et que dire des scribes ? Alors que Jésus enseignait sur l’avarice, « les pharisiens, qui étaient très attachés à l’argent, se moquaient » (Luc 16.14). Alors tout comme moi, tu as sûrement grandi en cultivant une aversion pour tout ce qui se rapproche de près ou de loin à de l’avarice, non ? Dans ce cas, pourquoi devrais-tu continuer à lire cet article ? Laisse-moi te montrer que ce sujet te concerne bien plus que tu ne le penses…

L’une des premières expressions que les enfants prononcent est : « C’est à moi ! » Cette attitude est ancrée en nous depuis le berceau. Quand nos parents nous offrent de l’argent de poche pour la première fois, la première question que nous nous posons n’est pas : « Qui vais-je pouvoir bénir avec cet argent ? », mais plutôt : « Qu’est-ce qui me ferait plaisir ? » Dans mon cas, enfant, c’était les bonbons, adolescent, les habits, et aujourd’hui, les gadgets technologiques et les voyages. Mais heureusement, beaucoup d’entres nous ont eu des parents chrétiens qui leur ont inculqué la notion de dîme : « un euro pour Dieu, neuf euros pour moi ! » Une fois adultes, la notion persiste : « 150 euros pour Dieu, 1350 euros pour moi ! » Alors on donne un peu d’argent à l’Église, et avec le reste, on se fait plaisir… De toute façon, on a travaillé dur pour l’obtenir, alors c’est légitime, non ?

Le problème, c’est qu’on part du principe que notre argent nous appartient. Voilà toute l’essence de l’avarice ! Et si nous partons du principe que notre argent nous appartient, c’est parce que nous pensons que notre vie nous appartient. Or, il n’y a rien de plus faux !

Si tu es chrétien, tu ne t’appartiens pas, car tu as été racheté à un grand prix (1 Corinthiens 6.19-20). Oui, tu as bien lu. Tu ne t’appartiens pas. Ta vie appartient à Dieu, tout comme la vie d’un esclave appartenait à son seigneur. Ce n’est ni ton corps, ni ton temps, ni ton argent. Toutes ces choses sont des ressources que Dieu t’a confiées. Lorsque Jésus te demande de faire du règne de Dieu et de ce qui est juste à ses yeux ta préoccupation première (Matthieu 6.33), ce n’est pas une faveur qu’il te demande. C’est son droit… car tu lui appartiens !

En conséquence, la question ne devrait pas être : « Quel pourcentage de mon argent vais-je donner à Dieu ? », mais plutôt : « Comment vais-je utiliser tout l’argent que Dieu m’a confié pour faire avancer son règne ? » Oublie les pourcentages. De toute façon, Dieu possède 100% de tes ressources.

Tu vois, la question de l’argent n’est pas une question pratique avant tout (« Quel pourcentage ? »), mais une question de cœur (« Quel maître ? », cf. Luc 16.13). Mettre en place un virement automatique mensuel pour donner 10% de tes revenus, c’est facile. En revanche, garder le règne de Dieu et ce qui est juste à tes yeux ta préoccupation première, c’est un tout autre combat…

Quand Paul désire motiver les Corinthiens à donner aux chrétiens de Jérusalem affamés, il ne leur demande pas de « penser à ces pauvres frères et sœurs qui souffrent ». Il leur demande plutôt de considérer comment « notre Seigneur Jésus-Christ a manifesté sa grâce envers nous : lui qui était riche, il s’est fait pauvre pour vous afin que par sa pauvreté vous soyez enrichis » (2 Corinthiens 8.9).

Voilà le secret ultime. Médite sur l’Évangile. Laisse-ton cœur fondre au contact de la grâce. Ta carte bancaire suivra…

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Auteur : Sam P-L

24 ans, Rébellutionnaire, marié à Fidji, étudiant en école d'ingénieur informatique à Lyon, et co-auteur du livre Fidji et Sam, étudiants.

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