2012, je fais quoi ?

Crédits Photo : popdefectradio.blogspot.com

Les éditions Clé ont gentiment accepté que je publie ma contribution au livre 2012 : la fin, le silence de l’Eglise sur la Rébellution. Voici comment j’introduis mon chapitre :

S’il vous restait un peu moins d’un an à vivre, que feriez-vous du temps qu’il vous reste ?

Certains, voyant que leurs jours sont comptés, prendraient cette échéance comme une claque, un appel à se réveiller. « Comment ? Moins d’un an à vivre ? Mais c’est horriblement court pour découvrir tout ce que je voudrais découvrir, pour aimer tous ceux que je voudrais aimer ! » Ces personnes profiteraient de ces derniers mois pour croquer la vie à pleines dents comme elles ne l’avaient jamais fait auparavant. Elles chercheraient à aimer avec une passion renouvelée. Elles décideraient de renoncer à toutes distractions pour se focaliser sur les choses qui leur paraissent essentielles. Un an, c’est court, mais c’est assez pour accomplir de belles choses et pour finir la course en beauté !

C’est ce qu’a découvert Steve Jobs, l’ancien PDG visionnaire d’Apple, qui nous a récemment quittés. Il a été diagnostiqué avec un cancer en 2003, à l’âge de 48 ans. Après avoir échappé à la mort in extremis, il en tira des leçons de vie importantes. Il les partagea ensuite lors d’une cérémonie de remise de diplômes d’une université américaine prestigieuse. Dans son discours, il dit : « Votre temps est limité, ne le gâchez pas en menant une existence qui n’est pas la vôtre. […] Ayez le courage de suivre votre cœur et votre intuition. L’un et l’autre savent ce que vous voulez réellement devenir. Le reste est secondaire. » Son attitude et ses paroles ont inspiré beaucoup à vivre chaque année comme si c’était la dernière qu’ils vivraient. Et si les prédictions sur 2012 sont vraies, nous sommes précisément dans cette situation… Comment nous y prendre pour finir notre course en beauté ?

D’autres réactions sont possibles. À la vue du compte à rebours, certains perdraient toute retenue. L’annonce d’une telle nouvelle serait l’opportunité parfaite pour réaliser tous leurs fantasmes. Le mot d’ordre deviendrait liberté : faire ce que l’on veut, où l’on veut, quand on le veut, avec qui l’on veut. Et ne laisser de place qu’à la fête, qu’au plaisir. Car après tout, pourquoi se priver, puisque nous allons tous mourir ? Toutes les économies seraient utilisées pour se payer boissons, voyages, prostituées… En d’autres termes : profiter un maximum, selon les goûts et les couleurs de chacun !

D’autres encore, un peu moins aventureux, se morfondraient sur leur sort. Si le compte à rebours a déjà commencé, alors pourquoi vivre ? Comment profiter de l’instant présent tout en ayant à l’esprit que la fin est imminente ? De toute façon, tout le plaisir que nous pourrions ressentir à ce moment-là ne serait que fumée, balayée par les vents du désastre qui se rapprochent rapidement. À vrai dire, ce sentiment deviendrait si fort et si oppressant que certains seraient poussés à mettre fin à leurs jours. Et puis d’un côté, je peux comprendre… Pourquoi trembler devant la tempête dévastatrice de demain si l’on peut se tirer une balle dans la tête aujourd’hui ? La vie vaut-elle vraiment la peine d’être vécue ?

Ces questions ne sont pas nouvelles, et 2012 ne marquera pas leur émergence mais leur mise à jour. Tout au long de l’histoire, beaucoup se sont torturé l’esprit sur ces dernières. D’ailleurs, Albert Camus fera du suicide le thème central d’un de ses essais, qu’il entamera par : « Il n’y a qu’un problème philosophique vraiment sérieux : c’est le suicide. » Face à l’absurdité de la vie, qui se limite irrémédiablement à la mort, pourquoi ne pas considérer le suicide comme la réponse ultime à cette absurdité ? Camus écartera cette solution. D’autres philosophes, en revanche, ne seront pas convaincus par l’alternative qu’il proposera. Ils iront jusqu’au bout de leurs convictions en mettant fin à leurs jours.

Avec une moyenne annuelle de 13 000 suicides en France, nous sommes l’un des pays industrialisés connaissant le plus haut taux de suicide. En verrons-nous une vague déferler sur notre pays alors que décembre 2012 se rapproche ? Seule l’histoire nous le dira…

Je suis conscient qu’il existe bien plus d’options que simplement les trois que je viens de présenter. D’ailleurs, il est possible que vous ne vous reconnaissiez dans aucune d’elles. En tout cas, vous serez sûrement d’accord avec moi pour dire qu’une telle nouvelle bouleverserait totalement notre quotidien, non ? Nous nous lèverions chaque matin avec le profond sentiment que la manière dont nous vivrons cette journée aura une grande importance. Et nous nous coucherions chaque soir en barrant la journée correspondante dans notre agenda. Une fois de plus, nous recalculerions le nombre d’aurores avant l’échéance fatidique : « J-… ». Les journées sembleraient étrangement courtes et longues à la fois, et notre état d’âme vacillerait entre la nostalgie des jours insouciants et l’appréhension des jours à venir…

De tels moments révèleraient ce que nous croyons vraiment. Nos convictions profondément enfouies ne pourraient alors plus être dissimulées. Elles reviendraient naturellement à la surface. Et c’est alors que nous verrions si les fondations sur lesquelles nous avons construit notre vie sont assez solides pour résister à la perspective tragique de ces vagues déferlantes…

Vous pouvez lire le chapitre entier ici.

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Sam P-L

29 ans, marié à Fidji, père de 3 enfants, ingénieur informatique à Lyon et co-auteur du livre Être étudiant et chrétien: opportunités et défis.

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