Jusques à quand…?

Crédits Photo : National Geographic

Post de Michael Mutzner, 29 ans, secrétaire général du Réseau Évangélique Suisse.

« J’ai touché le fond, écrit un auteur, et je peux vous dire qu’il est solide ! » Je confirme !! Il y a quelques années, alors que je lisais un ouvrage sur la souffrance (Jusques à quand ? Réflexions sur le mal et la souffrance, Donald A. Carson), j’avais l’impression que Dieu me disait : « Michael, tu vas toi aussi passer par des temps difficiles. Sache que je t’aime d’un amour immense. N’en doute jamais, même si les circonstances de ta vie sembleront démontrer le contraire ». Cette certitude m’a accompagné lorsque la tempête s’est abattue sur moi.

Lorsque j’avais 26 ans, Dieu a répondu à l’une des prières qui me tenait le plus à cœur : il m’a permis de rencontrer une fille extraordinaire ; je n’ai pas eu besoin de beaucoup de temps pour savoir que c’était avec elle que je souhaiterais poursuivre ma vie et la réciproque était vraie aussi (ouf ! ;) ). Nous avions le désir de servir Dieu ensemble, de fonder une famille ouverte et accueillante et nous louions Dieu de nous avoir fait la grâce de nous trouver. Le Walt Disney s’arrête malheureusement ici. Car elle avait ces douleurs au dos. Des douleurs de plus en plus fortes que les médecins n’expliquaient pas. Puis, la première mauvaise nouvelle. Cancer. Opération chirurgicale. Un premier rêve qui se brise : nous ne pourrions jamais avoir d’enfants ensemble. Les douleurs au dos qui ne disparaissent pas. Nouveau coup de massue. C’est pire que ce que les médecins pensaient. Nouvelle opération chirurgicale. Délicate. Lourde. Très douloureuse. Et ce n’est pas fini. C’est encore pire que ce qui avait été diagnostiqué jusque-là. Nous nous accrochons tout de même à l’espoir d’une guérison, alors que les traitements – violents – s’enchaînent. Le rêve s’effrite doucement sous les assauts de la tempête, malgré nos supplications et celles de centaines de personnes solidaires, tristes, qui ne comprennent pas plus que nous pourquoi Dieu conduit ainsi le cours de notre histoire. Il n’y a pas de mots pour décrire les émotions par lesquelles nous sommes passés pendant ce temps.

Mais cette fondation, la certitude de l’amour de Jésus pour nous, a été l’appui qu’Il nous a donné pour tenir bon (Matthieu 7.24-27). Le sens de cette souffrance nous échappant totalement, nous avons refusé cette question qui ne nous menait nulle part, choisissant simplement de Lui faire confiance. Son amour, Sa bienveillance, nous entouraient avec une intensité que je n’avais pas connue avant. Au lieu du miracle de guérison, il nous accordait le miracle de la persévérance et de la foi au milieu de souffrances insupportables (Hébreux 11.31-40). Alors nous avons profité à fond du temps qu’il nous était donné de passer ensemble. Nous avons compris aussi que Dieu nous avait réunis pour que nous soyons ensemble pendant cette épreuve : mon rôle était de l’accompagner dans ce qui serait la dernière année de sa vie. Et Dieu s’est aussi servi d’elle pour me transformer, me montrer Sa bonté, et il s’est servi de notre témoignage pour encourager beaucoup de personnes dans l’épreuve. Alors que nos prières pour la guérison ne semblaient pas trouver de réponse, nous avons senti que nous devions demander à Dieu de nous préparer pour la perspective de son départ. Nous avons décidé de nous réjouir dans l’espérance de la vie après la mort. Nous avons commencé à lire ensemble un livre qui parle du ciel (Heaven, Randy Alcorn). Petit à petit, ma fiancée se réjouissait de rejoindre son Sauveur ainsi que tous ceux qui nous ont précédés dans Sa présence. Tandis que son être extérieur se détruisait douloureusement sous nos yeux, son être intérieur se renouvelait (2 Corinthiens 4.16) ; elle était de plus en plus en paix. C’était comme si une fenêtre s’ouvrait au-dessus de nous et que pour un temps, un peu de ciel venait nous inonder. Quiétude. Paix. Confiance. Espérance. Joie. Ce qui lui coûtait toutefois beaucoup, c’était de laisser derrière elle ses proches (en particulier son fiancé bien sûr ;) ). Mais là aussi, elle a accepté de faire confiance à Dieu : il prendrait soin de moi. Quant à moi, la perspective de la revoir bientôt, lorsque mon tour sera venu de rejoindre notre Père, m’était d’une grande consolation. Et je décidai de me réjouir pour elle, sachant la vie merveilleuse qui l’attendait.

Un rêve s’est effondré. Un autre, plus beau encore – et indestructible celui-là ! – l’a remplacé : la vie éternelle, la délivrance définitive de la maladie, du péché et de la mort, la présence de Dieu et les retrouvailles avec tous les saints. Ce rêve, nous avons pu y croire, parce que Dieu nous avait fait la grâce de nous appuyer sur le Roc, sur la certitude de l’amour de Jésus-Christ pour nous.

Toi aussi, mets en place cette fondation, avant que la tempête arrive ! Et si des rêves se brisent, des projets s’effondrent, tu ne tomberas jamais plus bas que sur ce fond solide que je t’encourage à proclamer avec foi : Jésus m’aime d’un amour immense ! Aucune circonstance ne pourra jamais me séparer de Lui (Rom. 8.37-39).

Michael Mutzner

Michael, 29 ans, est secrétaire général du Réseau Évangélique Suisse.

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5 Commentaires

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  • Waw merci pour ce témoignage! Je suis contente que vous avez pu vous en sortir, tenir bon dans la foi! Heureuse de la savoir près de notre Père! Merci encore!…

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  • Merci pour ce témoignage.
    Merci de le rapporter sans tenter d’enjoliver ou de faire paraitre mieux que ce que le monde attendrait.

  • […] La Rébellution : Jusques à quand? Share this:TwitterFacebookWordPress:J'aimeSoyez le premier à aimer ceci. Posté dans Méditation […]

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  • Très émouvant ! Il faut toujours avoir confiance en Dieu dans les épreuves car il a un plan pour chacun de nous. Quelque soit l’épreuve que tu vis en ce moment , n’abandonne jamais espoir. Osée 6:01 dit: «Venez, retournons à l’Éternel. Il nous a déchiré, mais il nous guérira. Il nous a blessé, mais il va guérir nos blessures. « 

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  • Merci Michaël d’avoir posté ce témoignage. Le miracle réside en effet dans la façon de vivre les épreuves que nous traversons et vous avez passé « l’examen » haut la main! Facile de conseiller, c’est autre chose de le vivre.
    Que Dieu fasse de toi une personne ressource pour tous ceux qui t’entourent.

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