Mon seul abri (2/3)

Crédits photo : supergelule.fr

Post de Christelle A., 24 ans, étudiante à Grenoble. La première partie de la série, qui est un poème, se trouve ici.

J’ai 5 ans quand je demande à Jésus d’entrer dans ma vie. Mes parents sont chrétiens, j’ai la foi d’une enfant. Je crois déjà profondément que Dieu est mon seul abri. Je me souviens de la joie intense de ce moment. J’ai fermé les yeux, agenouillée dans un coin de notre petite salle à manger, et je lui ai demandé d’entrer dans mon coeur. Je le voulais parce que j’aimais Jésus. Et bien que n’ayant pas tout compris du mystère de la croix, je savais que si Jésus était mort, c’était pour moi. Me voilà donc fille du Roi, sautillant dans la pièce et annonçant la nouvelle à maman.

À partir de ce jour, j’ai voulu aimer mon Dieu de toutes mes forces. Avant mes 10 ans, voyant les ados de familles chrétiennes s’éloigner de Dieu les uns après les autres, j’ai prié : Seigneur, fais que je ne m’éloigne jamais de toi. Même quand je serai plus grande. C’est ce qu’il a fait, comme tu vas le découvrir…

À la maison, le climat familial était tendu. Mes parents se sont séparés quand j’avais 12 ans. Au collège, rien de facile non plus. Je faisais partie de ces enfants dont il est facile de se moquer. D’autant plus que j’avais pris la ferme résolution de ne jamais dire de « gros mots » et de rester fidèle à Dieu dans mon attitude. C’est à cette période que Dieu m’a appris à aimer mes ennemis. Je me savais faire partie des pécheurs. À la fois d’une grande timidité et pouvant pourtant faire preuve de beaucoup de violence dans mes mots et mes gestes. Le combat était rude. Et Dieu restait mon seul abri.

Puis vient l’année de mes 16 ans. Et un certain 17 Janvier 2005… J’ai encore des souvenirs plein la tête d’un nouvel an inoubliable passé avec mes amis scouts. Et ce soir-là, j’ai terriblement mal au côté. Tellement mal. J’essaie de dormir, mais je ne peux pas m’allonger. Je pleure, pourtant je ne suis pas douillette. Le lendemain, le médecin décèle un kyste dans mon rein. Une radio précise les choses : c’est une tumeur. Elle fait déjà 7 cm de diamètre. Peut-être un cancer…

Maman m’emmène au McDonald. Je pense : « C’est peut-être mon dernier hamburger ». Avec maman, on parle de la vie et de la mort. Je me souviens alors d’un ami de la famille, Roger, décédé quelques années auparavant. Plusieurs personnes avaient rencontré le Seigneur suite à sa mort. Je me rends compte que, bien que n’ayant pas très faim, je n’ai pas peur. Dieu est là. Ok, je peux mourir. Merci Seigneur pour la vie que tu m’as donnée, tout ce temps passé, tu m’as offert une super vie. Si par ma mort, au moins une personne te rencontre, alors ça en vaut la peine. Il y a une étrange paix dans mon cœur. Aucune crainte de la mort. Mais quand même, en sortant, j’ai un vertige. C’est pas tous les jours qu’on se dit qu’on ne reviendra peut-être plus à McDo ! Dieu restait mon seul abri.

J’entre à l’hôpital le 22 Janvier 2005. Les médecins interviennent en kidnappant mon rein pour le disséquer. Cancer ? Pas cancer ? Après 9 heures d’opération, je me réveille. Des tubes qui sortent de partout. Une douleur quasi insoutenable, inconnue jusque-là. Comment mon corps peut-il supporter tant de douleur sans lâcher ? Clouée au lit, je peux à peine soulever mes paupières. Papa prend ma main, m’aide à me concentrer sur autre chose. Fixe un point devant toi sous tes paupières. Fixe-le. Dans mon cœur, une paix incroyable. Je sens l’amour de Dieu qui me traverse. Je suis à l’abri dans sa main puissante, je le sais.

Puis le verdict tombe. J’ai un cancer. Un cancer rare et difficile à soigner. Je dois suivre un traitement lourd avec chimiothérapie et radiothérapie. En même temps, Dieu me fait une promesse. Et Dieu, qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés (ou éprouvés) au-delà de vos forces, mais avec la tentation il préparera le moyen d’en sortir, afin que vous puissiez la supporter (1 Corinthien 10.13). Jeannine, une femme de prière, m’encourage : Il ne faut pas se résigner, mais accepter, il ne faut pas abandonner, mais s’abandonner à Dieu. Cette phrase devient ma bannière.

A suivre…

Auteur : Christelle A.

Christelle a 24 ans, elle est étudiante à Grenoble.