Les Hommes de Dieu

Crédits photo : flickr.com / Ben Russell
Post de Victoria Vickie, 23 ans, étudiante en école de management,
et écrivain anonyme.

 

Il me semble que notre mémoire est le sujet d’un comportement bien paradoxal. En général, on admire « les Hommes de Dieu ». Ce sont ceux-là qui nous challengent, ceux qui nous encouragent. Ils semblent sans arrêt nous dire « Follow me, as  I’m following Christ », et on veut les suivre.

 

Des « Hommes de Dieu » on retient plus facilement les victoires…On se souvient de l’appel de Jean dans le désert, on se souvient qu’il baptisa Jésus dans le Jourdain ; mais on n’oublie trop vite qu’il fut torturé, puis décapité par Hérode. C’est avec enthousiasme qu’on évoque les lettres de Paul pour oublier qu’il fut torturé à mort au point de craindre pour sa propre vie. Personne n’ignore l’appel de Pierre, et les 3000 convertis ; mais on se rappelle moins qu’il mourut sous la torture sous l’empereur Néron. Aucun de nous ne peut se rendre ignorant de la victoire de Jésus sur la mort, mais nous sommes bien amnésiques face aux contradictions et aux tortures dont il fit l’objet.

 

On se souvient des réformateurs, mais on reste assez loin de leur vie pour éviter de regarder la souffrance, et leurs douleurs. On voit l’Homme qui prêche pour oublier le disciple éprouvé, on compte les hommes qui le suivent pour fermer les yeux sur l’homme brisé, on bénit celui qui nous bâtit pour ne pas voir le disciple qui porte sa croix et on admire l’enseignant de la Parole pour enterrer le serviteur de Dieu. On parle de leurs victoires, et silence radio sur leurs peines. C’est encore plus paradoxal, car il me semble que ceux qui ont le plus souffert pour la cause de l’Évangile sont ceux qui ont accompli le plus de choses.

 

 « Les fils de Zébédée, Jacques et Jean, s’approchèrent de Jésus, et lui dirent : Maître, nous voudrions que tu fisses pour nous ce que nous te demanderons. Il leur dit : Que voulez-vous que je fasse pour vous ? Accorde-nous, lui dirent-ils, d’être assis l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, quand tu seras dans ta gloire.  Jésus leur répondit : Vous ne savez ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je dois boire, ou être baptisés du baptême dont je dois être baptisé ? Nous le pouvons, dirent-ils. Et Jésus leur répondit : Il est vrai que vous boirez la coupe que je dois boire, et que vous serez baptisés du baptême dont je dois être baptisé » Marc 10 : 35-39.

 

Le coeur de l’homme est tortueux, même celui des disciples que nous sommes. Nous désirons la gloire de notre Seigneur, faire à son image de grandes choses pour la cause de l’Évangile, mais nous reculons très souvent face aux douleurs et à la souffrance que cela exige. Mais le baptême de notre Seigneur ne fut pas seulement un  baptême de joie, et la coupe qui fut la sienne ne fut pas seulement une coupe de gloire. Son baptême fut aussi un baptême de douleurs, et sa coupe fut aussi remplie de souffrances.

 

David nous offre une image de la  coupe de gloire de notre Seigneur: « Tu oins d’huile ma tête, Et ma coupe déborde » Ps. 23 :5. Lui, en prière à Gethsémané, présente sa coupe de douleurs : « Père, si tu voulais éloigner de moi cette coupe ! Toutefois, que ma volonté ne se fasse pas, mais la tienne ».
Les propos de Jésus commencent par « Il est vrai »… c’est une affirmation et une vérité. Nous boirons la coupe avec tout ce qu’elle contient parce qu’Il nous en rend capables. Il semble donc impossible de dissocier la gloire de servir notre Dieu des souffrances que cela entraîne.

 

Mon propos ici  n’est pas d’étayer le sens de la souffrance, je viens juste t’encourager. Si tu désires la gloire de notre Seigneur, ne rejette pas les souffrances pour la cause de l’Évangile.  Ma prière est que tu boives courageusement  et entièrement ta coupe à l’image de notre Seigneur, et de nos prédécesseurs. Ne t’arrête pas de les admirer et de les suivre, mais souviens-toi de leurs victoires et de toutes leurs douleurs.

 

Auteur : Victoria V.