Les Trois Vertus Cardinales – l’Amour

Au cours des dernières semaines, nous avons étudié chacune des trois vertus cardinales : la foi, l’espérance et aujourd’hui l’amour (1 Co 13.13), pour essayer de les appliquer dans nos vies. La raison pour laquelle ces trois vertus sont si importantes est qu’en plus d’être plaisantes à Dieu en elles-mêmes, si nous les appliquons dans nos vies, elles produiront d’autres vertus, qui découlent de celles-ci. Terminons donc avec l’amour. 

1. Définition de l’amour

Il sera beaucoup plus facile de définir l’amour que les deux autres vertus cardinales mentionnées par Paul en 1 Co 13.13, parce qu’il vient tout juste de le définir lui-même. Il n’y a rien d’autre à ajouter à cette définition poétique, inspirante, magnifique :

L’amour est patient, il est plein de bonté; l’amour n’est pas envieux; l’amour ne se vante pas, il ne s’enfle pas d’orgueil, il ne fait rien de malhonnête, il ne cherche pas son intérêt, il ne s’irrite pas, il ne soupçonne pas le mal, il ne se réjouit pas de l’injustice, mais il se réjouit de la vérité; il pardonne tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout. L’amour ne meurt jamais.

1 Corinthiens 13.4-8

Comment le dire autrement ? L’amour est la vertu par excellence.

2. Pourquoi l’amour ?

Pour définir à quel point l’amour est la vertu qui englobe toutes les autres, je vais citer un des plus grands théologiens de l’histoire de l’Eglise : Augustin, qui était évêque de la ville de Hippone, en Algérie actuelle, et qui a vécu de 354 à 430 a dit ceci : « aime et fais ce que tu veux ». Il s’agissait de sa règle en termes d’éthique. Un acte ne peut pas être bon, juste, éthique s’il n’est pas produit par l’amour. Si nous aimons, nos actions seront bonnes.

C’est pour cela que l’amour est la vertu la plus importante parmi ces trois vertus séminales que sont la foi, l’espérance et l’amour. Elle englobe tout le reste. Elle est la base de tout le reste. Elle est le barème de tout le reste. Je peux faire la meilleure action du monde, être la personne la plus spirituelle qui soit. Si je n’ai pas l’amour, même l’acte qui paraîtrait le plus désintéressé au monde ne serait en fait que du vent au mieux et de la folie au pire.

3. Comment aimer ?

C’est là que le bât blesse, parce que l’amour que nous présente la Bible n’est pas un amour de petite taille, facile à englober et à insérer dans notre confortable mode de vie occidental.

a. Aimez vous les uns les autres (Jn 13.34)

Ca commence ici. On commence par aimer ceux qui sont comme nous. Jésus donne ce « nouveau commandement » aux disciples rassemblés. Il faut aimer nos frères et nos soeurs. Nos parents. Nos amis à l’Eglise. Nos co-disciples. Mais pas de n’importe quel amour. Jésus dit « comme je vous ai aimé, aimez vous les uns les autres ». Comment exactement Jésus nous aime-t-il ? Il vient de prédire que Judas va le trahir et que Pierre va le renier. Que faites-vous quand vous vous sentez trahis ? Aimez ! Lorsque vous n’êtes pas d’accord ? Aimez ! Ça fait mal, mais aimez ! Pas qu’en paroles. Pas en refusant de détester. Aimez de façon active. Parfois ceux qui sont les plus proches de nous sont les plus durs à aimer. Faites-vous violence pour aimer. On ne parle pas d’aimer quand tout va bien et quand on en a envie. L’amour n’est pas un sentiment, contrairement à ce qu’on le pense. L’amour produit beaucoup d’émotions, mais il n’en est pas un. L’amour est une qualité, une caractéristique. Une caractéristique qui se trouve en Dieu. Nous pouvons décider d’aimer, de porter nos affects vers une personne plutôt que de nous en détourner. Aimez-vous les uns autres, pour l’amour de Dieu ! Oui, j’utilise bien cette expression, non par blasphème, mais par conviction théologique : c’est pour que le monde voie l’amour de notre Seigneur qu’il est de prime importance que vous vous aimiez : « C’est à cela que tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples: si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » (Jean 13.35).

b. Aimez votre prochain (Luc 10.26)

Jésus cite l’Ancien Testament pour souligner que son commandement le plus fondamental est d’aimer Dieu de tout son être et son prochain comme soi-même. La question lui revient donc : « qui est mon prochain ». Et Jésus de raconter une des histoires les plus controversées de tout son ministère. Adaptons-le au contexte chrétien du 21e siècle : un vieillard de votre Eglise est attaqué et laissé pour mort. Votre pasteur passe à côté et le voit. Mais trop pressé pour se rendre au culte, il passe sa route. Puis arrive le responsable du comité PULSE de votre région. Mais il est en retard pour sa réunion de comité. Il ne peut pas juste s’arrêter. Puis, un Rébellutionaire (vous peut-être ?) passe. Il est sur le point de sortir évangéliser, et le reste du groupe l’attend. Il voit l’homme mais ne fait rien. Puis un Témoin de Jéhovah passe en faisant du porte-à-porte. Il voit l’homme, le relève, lui donne à manger, utilise ses dernières minutes de crédit pour appeler ses proches, lui paie l’hôpital et un séjour à l’hôtel, sans rien demander en retour et sans même essayer de lui refiler une « Tour de Garde ». Qui a été le prochain de cet homme ? Soyez comme cela envers les athées les plus endurcis, les musulmans férus, les témoins de Jéhovah qui sonnent chez vous. Aimez sans compter. Aimez tous ceux que vous croisez. Aimez, aimez, aimez !

c. Aimez vos ennemis (Mt 5.43-44)

J’avais dit que le bât blesse. Jésus cite ici l’Ancien Testament qu’il a recommandé dans le passage précédent : aimer son prochain ne suffit pas pour Jésus. Aimez votre ennemi. Voici comme ça marche : en l’an 2001, l’Amérique part en guerre contre l’Irak. Un jeune chrétien du nom de Shane Claiborne part en Irak pour aider et guérir les Irakiens blessés de guerre. Dans les années 1980, alors que les sud-africains blancs discriminent contre les sud-africains noirs, Desmond Tutu, archevêque anglican du Cap prêche contre l’apartheid, mais aussi contre la violence envers les oppresseurs. Lors de l’élection de Nelson Mandela, premier président noir d’Afrique du Sud, lutte pour l’égalité plutôt que pour une discrimination anti-blancs. En l’an 30, Jésus meurt pour ceux-là même qui le crucifient.

Conclusion

Tout cela parait bien stratosphérique. Mais concrètement, comment faire ? Je n’ai qu’un conseil à vous donner : regardez les personnes que vous avez du mal à aimer avec le yeux de Dieu. Vous le pouvez : il vit en vous. Et il veut porter du fruit en vous, fruit dont la manifestation principale est l’amour (Galates 5.23)

Rébellutionaire, veux-tu changer le monde ? Regarde-le avec les yeux de Dieu !

Avatar

Nathan L

http://nathanlambert.net/

26 ans, Rébellutionaire depuis une bonne dizaine d'années, marié à Beki, papa d'Emilie et de Caleb, responsable à l'Eglise CVV Paris et auteur du livre Devenir un Homme Selon Jésus.

Voir tous ses articles →

Tu devrais aussi aimer...

Répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *