L’apologétique pour les nuls

Post d’Aurélien L., responsable du site www.raisonsdecroire.wordpress.com (à mettre à tout prix dans vos favoris !).

– Si Dieu existe, pourquoi tant de malheurs ?
– Prouve-moi que ton Dieu existe !
– Pourquoi Dieu met-il des barrières à la sexualité ?
– La science n’a-t-elle pas mis Dieu au placard ?

On a tous déjà entendu ces objections, n’est-ce pas ? Pour y répondre, rien de mieux que l’apologétique.

« Apoca-quoi ? »

L’apologétique, c’est l’art de défendre la foi chrétienne, de montrer sa pertinence face aux autres croyances et visions du monde (athéisme, bouddhisme, islam, etc. …).

Le mot « apologétique » vient du mot grec apologia qui signifie « défense verbale ». Il est utilisé 8 fois dans le Nouveau Testament (Actes 22.1, Actes 25.16, 1 Corinthiens 9.3, 2 Corinthiens 7.11, Philippiens 1.7, 2 Timothée 4.16, 1 Pierre 3.15). Dans les tribunaux, pour se défendre, on formulait une apologie.  C’est un plaidoyer en faveur de sa position. C’est le mot employé en 1 Pierre 3.15 :

Mais sanctifiez dans vos cœurs Christ le Seigneur, étant toujours prêts à vous défendre (littéralement : à formuler une apologie), avec douceur et respect, devant quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous.

L’apologétique chrétienne consiste à formuler des réponses claires et bibliques aux questions difficiles de nos contemporains.

Comment démarrer l’apologétique ? Une stratégie et trois conseils.

Premièrement, quand quelqu’un te pose une question difficile comme : « Si Dieu, existe pourquoi tant de souffrances ? » Ne pars pas sur un exposé philosophique sur l’existence du mal, car tu ne sais pas pourquoi la personne a posé cette question. Cette personne a peut-être perdu un membre de sa famille dernièrement. C’est donc une souffrance subjective et personnelle (par opposition à objective et générale) qui est à l’origine de cette question. On est davantage dans les émotions que dans le raisonnement objectif et philosophique. Par conséquent, peu importe la question, la première réaction de l’apologète est la suivante : on répond à la question en posant une autre question.

Par exemple :

– Je ne peux pas croire en Dieu, j’aime trop ma liberté !
– Pourquoi me dis-tu cela ?
– Croire en Dieu m’obligera à changer de vie et je n’en ai pas envie !

As-tu remarqué que les gens emploient les mêmes mots sans pourtant signifier la même chose ? Par exemple, pour certains, Dieu est un adorable papi assis sur un nuage entouré de chérubins en culotte Pampers jouant de la harpe. Pour d’autres, c’est une force cosmique comme Eywa dans Avatar qu’il faut invoquer en se tenant les bras en dansant « I Will Survive ». La deuxième question qu’il faut donc poser est la suivante : « qu’est-ce que tu entends par ____ ? »  (Remplis le blanc).

Dans notre exemple ci-dessus, il faudra savoir ce que la personne met derrière les mots « Dieu » et « liberté » :

– Je ne peux pas croire en Dieu, j’aime trop ma liberté !
– Qui est Dieu et qu’est-ce que la liberté pour toi ?

(Note : On pourrait très bien aussi demander d’abord ce que la personne entend par le mot « liberté ». Plus tard, dans la conversation, on pourra demander la signification du mot « Dieu » pour cette personne.)

Pourquoi poser des questions ? Cela montre qu’on veut dialoguer avec la personne, qu’on veut réfléchir avec elle sur ces grandes questions et non lui mettre un grand coup de Bible dans les dents !

Enfin, n’oublions pas : Jésus est la réponse ultime aux questions et aux aspirations du cœur humain. Quand on est engagé dans un tel dialogue, notre désir brûlant est de prêcher «  Christ crucifié » (1 Corinthiens 1.23). La présentation de l’évangile, voilà notre but. Comme le définissait un apologète : « L’apologétique, c’est faire une taille franche dans le buisson du doute pour que le sceptique ait une bonne vue sur la croix. »

Deuxièmement, voici trois conseils :

  1. Sois constamment en mode « apprentissage » : cherche toi-même les réponses à ces questions/objections. Lis des livres et des articles, renseigne-toi, pose des questions à des personnes de confiance, écoute des podcasts sur www.questionsuivante.fr pour voir comment on peut répondre aux questions difficiles. En résumé, sois un vrai rebellutionnaire, accomplis des choses difficiles pour la gloire de Dieu : apprends constamment !
  2. Sois honnête : des fois, il vaut mieux dire « je ne sais pas » que de partir en « live » sur une question qu’on ne maîtrise pas. Dire « je ne sais pas », ce n’est pas défaillir dans son témoignage, c’est faire preuve d’honnêteté. Quand tu ne peux pas répondre, demande simplement du temps pour te renseigner, rentre à la maison, fais tes devoirs : cherche la réponse à la question et reviens-y plus tard. Tes amis apprécieront ton attitude.
  3. Prie plus que tu ne parles : l’apologétique n’est pas simplement un exercice intellectuel. C’est aussi un combat spirituel. Nous ne sommes pas seuls dans nos discussions avec nos amis. Dieu peut nous venir en aide et parfois il agit de manière surprenante.

Rebelutionnaire, trouves-tu ces conseils utiles ?
Quelle est ton expérience de l’apologétique ?

Du même auteur facebook pour les nuls / Série : Nous croyons…

Auteur : Aurélien L.

Aurélien est le fondateur du blog. Il est actuellement pasteur impliqué dans le ministère du FEU et celui d'Evangile21.