La croix pour les nuls

Regardons ensemble à la croix. En vous approchant d’elle, ne présupposez pas que vous savez ou comprenez déjà ce qui s’y est passé. Venez-y comme si c’était la première fois. Dans le livre When God Weeps, Steven Estes et Joni Eareckson Tada livrent le récit suivant de la mort de Christ. Lisez-le sans vous autoriser à considérer la scène comme familière. Laissez sa dure réalité vous heurter et briser le cœur…

La face que Moïse avait demandé de en suppliant de voir, celle qu’il avait reçu l’interdiction de voir, était couverte de sang. Les épines que Dieu avait envoyées en guise de malédiction à cause de la rébellion de la terre s’entortillaient maintenant autour de son front…

« Sur le dos ! » Un homme lève un maillet pour mieux l’abattre sur le clou. Mais le cœur du soldat doit continuer à battre alors qu’il prépare le poignet du prisonnier. Quelqu’un doit le maintenir en vie minute après minute, car personne n’a cette force par lui-même. Qui fournit le souffle à ses poumons ? Qui donne l’énergie nécessaire à ses cellules ? Qui tient ses molécules ensemble ? C’est dans le Fils que toutes choses subsistent. La victime veut que le soldat continue à vivre, elle accorde une prolongation d’existence au guerrier.

Tandis que le soldat s’essaie à frapper, le Fils se rappelle comment, avec son Père, il a pour la première fois conçu le nerf médian de l’avant-bras humain et les sensations dont il serait pourvu. Le concept s’est avéré parfait : le nerf fonctionne à merveille. « Debout ! » Ils lèvent la croix. Le Fils de Dieu est exposé à la vue de tous, pouvant à peine respirer.

Mais ces souffrances ne constituent qu’un prélude à l’effroi qui commence à grandir en lui. Il commence à éprouver une sensation inconnue. Au cours de cette journée, une odeur étrange et fétide a commencé à flotter, non pas autour de son nez, mais autour de son cœur. Il a soif. La méchanceté humaine, les excréments vivants de notre âme, commencent à étreindre son être sans défaut. La prunelle de l’œil de son Père vire au noir.

Son Père ! C’est ainsi qu’il doit affronter son Père !

Du ciel le Père s’agite comme un lion en colère, il secoue sa crinière et rugit contre les restes desséchés d’un homme suspendu à une croix. Jamais encore le Fils n’a vu le Père le regarder de cette façon, jamais il n’a senti même une once de sa colère. Mais le rugissement ébranle le monde invisible et obscurcit le ciel visible. Le Fils ne reconnaît pas ce regard.

« Fils de l’homme ! Pourquoi t’es-tu ainsi comporté ? Tu as triché, convoité, volé, calomnié, tué, envié, haï, menti. Tu as maudit, pillé, tu t’es endetté, tu as fait des orgies, tu as forniqué, désobéi, tu t’es comporté en escroc, tu as blasphémé. Oh ! Les responsabilités que tu as esquivées, les enfants que tu as abandonnés ! Qui a jamais ignoré les pauvres de telle manière ? Qui s’est jamais montré si lâche, qui a jamais tant dénigré mon nom ? As-tu déjà tenu ta langue de vipère ? Quel propre juste ! Quel misérable ivrogne ! Tu as agressé de jeunes garçons, fait le trafic de drogues mortelles, fait des tournées en bandes, tu t’es moqué de tes parents. Qui t’a donné l’audace de truquer des élections, de fomenter des séditions, de torturer les animaux, de rendre un culte aux démons ? Et la liste n’est pas terminée : familles déchirées, viols, actes présomptueux, activités de souteneur, corruption de politiciens, harcèlement, pornographie, pots-de-vin. Tu as incendié des bâtiments, élaboré des tactiques terroristes, fondé de fausses religions, fait le commerce d’esclaves, savouré chacun de ces instants, et tu t’en es vanté ! Je déteste, je hais tout cela en toi. Le dégoût que j’éprouve face à tout ce que je vois en toi me consume. »

Bien sûr, le Fils est innocent. Il est la pureté même. Le Père le sait. Mais la paire divine a conclu un accord, et l’impensable doit maintenant se produire. Jésus va être traité comme s’il était personnellement responsable de tous les péchés commis au fil de l’histoire.
Le Père regarde son plus grand trésor, son propre reflet, et il le noie dans la crudité du péché. La colère que l’Eternel tenait en réserve contre toutes les générations de l’humanité a explosé dans une seule direction.

« Père ! Père ! Pourquoi m’as-tu abandonné ? »

Mais le ciel refuse d’entendre. Les Fils lève les yeux vers celui qui ne peut pas, qui ne veut pas, descendre vers lui ou répondre.

La Trinité avait planifié tout cela. Le Fils l’a enduré. L’Esprit l’en a rendu capable. Le Père a rejeté le Fils qu’il aimait. Jésus, l’homme-Dieu de Nazareth, est mort. Le Père a accepté son sacrifice pour le péché, et il en a été satisfait. Le salut a été accompli.

Ne détournez pas trop vite les yeux de cette scène. Continuez à regarder. Le salut accompli ici l’a été pour vous.

Voici ce que dit l’auteur John Stott, dans son livre « La Croix de Jésus » :

Avant de pouvoir considérer la croix comme intervenue pour nous (ce qui doit nous amener à la foi et à l’adoration), nous devons la considérer comme intervenue à cause de nous (ce qui doit nous amener à la repentance)… En regardant la croix, nous pouvons alors nous dire à la fois : « C’est moi qui suis responsable ; ce sont mes péchés qui ont envoyé Jésus ici » et : « C’est lui qui est responsable ; c’est son amour qui l’a conduit ici. »

Avez-vous vu vos propres fautes sur la liste des péchés qui ont rendu la croix nécessaire ? Sinon, énumérez-les vous-même. Nommez votre péché le plus grave. Maintenant, réfléchissez au fait que Christ a porté ce péché-là. Il a reçu la punition que vous méritiez. Sentez-vous l’amour infini et particulier qu’il vous porte ? Il est mort pour vous. Il a été condamné et maudit pour que vous puissiez être libre. Il a été abandonné par Dieu pour que vous-même ne soyez jamais abandonné…

Extrait du livre de Josh Harris, Jeune Homme Rencontre Jeune Fille

Déjà publié dans la série « Pour les Nuls »
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Auteur : Sam P-L

24 ans, Rébellutionnaire, marié à Fidji, étudiant en école d'ingénieur informatique à Lyon, et co-auteur du livre Fidji et Sam, étudiants.

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