A propos Fidji P-L

23 ans, Rébellutionnaire, mariée à Sam, étudiante en médecine à Lyon et globe-trotteuse.

Du caractère sacré de la vie (Sommaire)

Crédits photo: atilolou-scrapbooking.com

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Voici le sommaire de mes 17 articles sur la bioéthique. Je suis consciente que cette série a été longue et n’est peut être pas passionnante pour les non-spécialistes. Merci pour votre patience !!! Cependant, je trouve intéressant qu’il y ait à présent sur la Rébellution des ressources sur ces questions… J’espère que vous serez nombreux à consulter un des ces articles de temps en temps, au besoin.

  1. Introduction - Les grands principes sur la bioéthique
  2. Début de vie
    1. L’avortement (partie 1, partie 2 et les cas particuliers )
    2. La contraception
  3. La manipulation génétique
    1. Introduction
    2. La procréaction médicalement assistée
    3. Le don de gamètes
    4. Le diagnostique prénatal
    5. Les mères porteuses
    6. La thérapie génique et les guérisons génétiques.
  4. Fin de vie
    1. Le suicide
    2. L’euthanasie (partie 1 et 2)
    3. La souffrance
  5. La place du personnel médical
  6. Conclusion- La valeur de la faiblesse

Hommes et femmes dans un ministère rémunéré: Marion Poujol, équipière avec les GBU

Crédits Photo : La fontaine à films

Tu envisages de travailler dans un ministère rémunéré à temps-plein ou temps partiel ? L’idée t’a peut être effleuré l’esprit mais tout cela te fait peur ? La Rébellution a décidé d’interviewer plusieurs hommes et femmes qui ont sauté le pas…en espérant que ça en motivera certains ;-). Après Anne, nous te présentons Marion.

Qui es-tu ? Quel est ton arrière-plan et comment es-tu devenu chrétien ?

Je m’appelle Marion Poujol, j’ai 31 ans et je travaille pour les Groupes Bibliques Universitaires (GBU) en Île-de-France.

Je me suis convertie plus ou moins en Terminale. Étant née dans une famille chrétienne, j’ai toujours cru en l’existence de Dieu ; mais, pour différentes raisons qu’il serait trop long d’expliquer ici, je mettais systématiquement en doute les dogmes chrétiens. L’année de mon bac, en cours de philo, je me suis confrontée à une prof athée et militante qui, à force de provocations, m’a obligée à me plonger vraiment dans les textes bibliques. Je le faisais uniquement pour avoir des choses à lui rétorquer et ne pas perdre la face. Mais s’il y a un truc que Dieu aime faire, c’est transformer nos âneries en bénédictions. J’ai donc, grâce à mes lectures, compris cette année-là deux choses qui m’ont fait basculer définitivement dans le camp des chrétiens convaincus.

La première est que la Bible a le bon diagnostic sur notre monde, donc la bonne solution, et nous donne la bonne façon de vivre ; la deuxième est que Jésus est venu pour les gens pécheurs (et j’avais une très forte conscience de l’être !) et qu’il les sauve sans qu’ils ne méritent rien. Depuis lors, je continue à découvrir tous les enjeux de ces affirmations et à en faire les ancres de ma vie.

Comment et quand as-tu su que tu voulais aller dans le ministère à temps plein ? 

Ce fut un processus plutôt long. Je suis « tombée » dans les GBU lors de ma première année de fac d’histoire, donc peu après ma conversion. J’avais soif d’apprendre, je suis devenue très régulière et j’ai aimé ça.

Tranquillement, j’ai commencé à prendre des responsabilités au niveau local puis au niveau régional. Je ne me souviens plus exactement comment l’idée de travailler au GBU est arrivée dans ma tête, sans doute me l’a-t-on susurrée, mais j’avais pas mal de craintes et de questions. Notamment celle de savoir si c’était par vocation ou par amour du GBU que je voulais faire cela. Et aussi, je voulais vraiment être enseignante ! J’ai décidé néanmoins de me lancer un an dans un stage de formation au ministère à temps plein que proposaient les GBU (le stage relais) pour « écouter Dieu », juste au cas où…

Après cette année, qui fut géniale, il m’a fallu encore 5 ans avant de me décider. 5 années durant lesquelles, étant enseignante d’histoire-géographie à temps plein, je passais de l’enthousiasme débordant pour le ministère à la peur paralysante de m’y lancer. C’était une période difficile parce que je priais Dieu pour qu’il me dise quoi faire, et que lui … il se taisait.

Finalement, au cours de l’été 2008, une discussion avec des responsables des GBU a dissipé la plupart de mes craintes (les principales – ne riez pas : Comment vais-je vivre avec le Smic ? Qui va bien vouloir m’épouser si je suis dans le ministère ?). Et la question qui tue d’une étudiante m’a fait réaliser que c’était ce que je voulais vraiment faire (la question en cause : « Tu es missionnaire de toutes manières, mais préfères-tu l’être au GBU ou à l’Éducation nationale ? »). J’ai laissé quelques mois s’écouler pour vérifier que ce n’était pas juste une décision prise à la légère, liée à un été merveilleux. Mais la volonté s’est affermie et j’étais apaisée en pensant à mon avenir.

Dieu parle en son temps et son temps est toujours le bon.

Quels ont été tes plus gros(ses) galères/sacrifices et bénédictions/joies dans le ministère ?

Je suis encore une apprentie, je ne suis qu’au milieu de ma troisième année dans le ministère, je n’ai donc pas beaucoup de recul et je sais bien que je n’ai pas vécu grand-chose : le pire et le meilleur sont encore devant moi !

Je peux cependant déjà dire qu’il y a quelques galères liées au petit salaire, aux horaires et au cahier des charges extensible à volonté. C’est difficile, voire impossible, de ne plus être ministre (c’est-à-dire serviteur) hors des moments où l’on travaille, ce qui peut rendre la gestion de la vie personnelle un peu compliquée.

Mais pour l’instant, c’est ma liste de joies qui est beaucoup plus longue. C’est une bénédiction de voir des gens être convaincus de la vérité de la Bible, devenir chrétien, s’enraciner en Christ, se repentir, progresser et prendre des responsabilités. Voir l’action de Dieu dans la vie des gens est une véritable drogue : participer à cela avec toutes nos erreurs et nos manquements est un privilège hallucinant.

Que conseilles-tu à un jeune qui envisage le ministère à temps plein ?

Je lui dirais de :

- Demander des avis à des gens qu’il estime, qui le connaissent bien et qui sont déjà dans le ministère. Je sais, cela fait beaucoup de critères, mais vous avez le droit de prendre plusieurs personnes, chacune recouvrant un domaine…

- S’essayer, soit dans un stage comme je l’ai fait, soit en prenant des responsabilités dans l’Église, dans une association et en s’y tenant fidèlement, sur une longue période, avec les joies et malgré les échecs.

- Se former : il existe des centres de formation vraiment bien dans le monde francophone.

- Prendre courage parce que le chemin peut être difficile. Il faut parfois prendre des décisions radicales (moi j’ai démissionné de l’Éducation nationale, ce qui veut dire que j’ai perdu mon CAPES et hop’ ! 2 années de concours parties en fumée !), parfois convaincre sa famille (« Quoi ? Tu as fait une grande école qui t’assure un bon avenir et tu veux être pasteur ?!!! Tu veux me tuer mon fils !! ») et faire face à ses propres questions et craintes.

- Prendre patience parce que le chemin peut être long. C’est le travail de Dieu, c’est lui qui appelle les ouvriers et il le fait quand il sait que c’est bon. Eprouvez votre vocation et acceptez de faire les choses dans le temps de Dieu. Ne vous inquiétez pas, il sait se faire bruyant quand il veut nous faire comprendre quelque chose.

Je lui dirais enfin : tu désires une excellente chose, prie pour que cela arrive et que Dieu te mette à la bonne place pour que tu sois utile à son royaume et que tu continues à apprendre à compter sur sa grâce.

Du caractère sacré de la vie – Conclusion (la valeur de la faiblesse)

Crédits photos; files.myopera.com

Crédits photos; files.myopera.com

C’est la fin de notre série… tu peux retrouver les grands principes sur la bioéthique, des articles sur l’avortement (iciici et ), un article sur la contraception, une introduction à la manipulation génétique, un article sur la procréation médicalement assistée, un sur le don de gamètes, un sur le diagnostique prénatal, un sur les mères porteuses et un sur la thérapie génique et les guérisons génétiques. De plus, dans les problématiques de fin de vie, nous avons déjà parlé du suicide, de l’euthanasie (partie 1 et 2) et de la souffrance. Finalement, nous avons évoqué la place du personnel médical. Laisse-moi aujourd’hui conclure en parlant de la valeur de la faiblesse.

Notre souhait est de vivre une vie sans embûches, des relations humaines parfaites, une santé de fer, et une mort dans un lit douillet au milieu de la nuit. Mais la réalité est toute autre. Dans notre condition d’homme déchu, nous connaissons la faiblesse, la maladie, la fatigue, la déception, la stérilité et plein de choses affligeantes. Nous sommes souvent faibles, méprisables et impuissants. Notre société se voile la face. Les gens souffrent et meurent encore…  l’hôpital, loin des regards. Mais ils souffrent et meurent tout de même.

Devant la faiblesse et la maladie, Dieu ne nous demande pas d’éliminer les faibles. Il nous demande parfois d’alléger le poids de la chute (ça c’est mon métier), mais surtout, il nous demande de manifester de l’empathie et de la compassion. Regardez ce que Jésus a fait. Le Fils de Dieu, glorieux et solennel, puissant et majestueux, a pris forme humaine. Il a partagé notre misère. Il a connu la soif, la faim, la fatigue, et la torture, la souffrance et la mort. La faiblesse que nous partageons tous offre une occasion unique que nous n’aurons plus lorsque nous serons avec Dieu : l’occasion de s’unir, de ressentir les larmes de l’autre, de faire un avec d’autres qui souffrent. Voici ce qu’écrivit H.E Sigerist, un historien juif éminent :

C’est au christianisme que l’on doit les progrès les plus importants et les plus décisifs en matière de statut des malades. Cet enseignement nouveau, contrairement aux autres religions qui s’adressaient aux bien-portants et aux justes, défendait la cause des malades, des faibles et des infirmes. Il parlait de guérison spirituelle, mais ne négligeait pas pour autant celle du corps. La place des malades dans la société avait changé du tout au tout. Alors que d’isoler complètement le malade, dans la société chrétienne, elle rapprochait en fait celui qui souffrait de ses semblables. Prendre soin de lui était un devoir chrétien. L’heure de la prise en charge organisée et généralisée des malades avait sonné. Celle-ci est à présent du ressort de l’Église. L’évêque en est le responsable, tandis que les diacres et les laïques sont ses agents.

Et si tu souffres toi-même, rappelle-toi que Job a souhaité la mort lorsqu’il était couvert d’ulcères et qu’il se grattait avec des morceaux de briques, alité sur un lit de cendre pour éviter la douleur… David a connu les pires angoisses de l’injustice, et ses Psaumes disent la lassitude qu’il a connue. L’apôtre Paul souffrait. Sa maladie a perduré. Mais voici ce qu’il en dit :

D’ailleurs, parce que ces révélations étaient extraordinaires, pour me garder de l’orgueil, Dieu m’a imposé une épreuve qui, telle une écharde, tourmente mon corps. Elle me vient de Satan qui a été chargé de me frapper pour que je ne sois pas rempli d’orgueil.  Au sujet de cette épreuve, j’ai prié par trois fois le Seigneur de l’éloigner de moi, mais il m’a répondu : « Ma grâce te suffit, c’est dans la faiblesse que ma puissance se manifeste pleinement. » C’est pourquoi je me vanterai plutôt de mes faiblesses, afin que la puissance du Christ repose sur moi. Je trouve ainsi ma joie dans la faiblesse, les insultes, la détresse, les persécutions et les angoisses que j’endure pour le Christ. Car c’est lorsque je suis faible que je suis réellement fort. (2 Cor. 12)

Notre faiblesse dans ce monde qui ne marche pas bien est l’occasion de nous appuyer sur Christ, de nous confier en lui. À l’inverse d’Asa qui « eut les pieds atteints d’une très grave maladie ; toutefois, même pendant sa maladie, il ne rechercha pas l’Éternel, mais consulta les médecins », (2 Chroniques 16.12) recherchons l’Éternel, sa force qui se manifeste quand on est faible.

Pour aller plus loin sur toutes les questions de bioéthique, je t’encourage à lire Questions de vie et de mort de John Wyatt. Je lui laisse d’ailleurs le mot de la fin concernant la valeur de la faiblesse :

Mon métier de pédiatre me donne le privilège de soigner des bébés mourants. Cela fait partie de mes fonctions, c’est mon rôle. Il m’est arrivé de tenir le corps mort d’un bébé dans mes bras et de pleurer avec les parents, submergé par un sentiment d’impuissance, de vide, d’indignation devant cette mort cruelle prématurée. Et pratiquement chaque fois qu’une telle chose m’arrive, je puise ma consolation dans la merveilleuse description que donne Ésaïe :

Réjouissez-vous plutôt et soyez à toujours dans l’allégresse, à cause de ce que je crée ; car je crée Jérusalem pour l’allégresse et son peuple pour la joie. Je ferai de Jérusalem mon allégresse et de mon peuple ma joie ; on n’y entendra plus le bruit des pleurs et le bruit des cris. Il n’y aura plus là de nourrisson vivant quelques jours seulement, ni de vieillard qui n’accomplisse pas ses jours ; car le plus jeune mourra à cent ans, et le pécheur âgé de cent ans sera (considéré comme) maudit. (Ésaïe 65.18-20)

Hommes et femmes dans un ministère rémunéré: Anne Herrenschmidt-Kohler, équipière avec JPC

Anne HK

Tu envisages de travailler dans un ministère rémunéré à temps-plein ou temps partiel ? L’idée t’a peut être effleuré l’esprit mais tout cela te fait peur ? La Rebellution a décidé d’interviewer plusieurs hommes et femmes qui ont sauté le pas…en espérant que ça en motivera certains ;-). Cette semaine, nous te présentons Anne. Tu peux visiter son blog à l’adresse suivante : annehkjpc.wordpress.com.

Qui es-tu ? Quel est ton arrière-plan et comment es-tu devenu chrétienne ? 

Hello, je m’appelle Anne, il paraît que j’ai 32 ans (mais j’en ai pas l’impression ! :)), je suis mariée avec Rémy depuis 5 ans et nous sommes les heureux parents de Maliyah (1 an).

J’ai le privilège d’avoir un papa et une maman chrétiens et j’ai toujours été convaincue de l’existence de Dieu. À l’âge de 6 ans, je me rappelle avoir prié avec une jeune femme qui s’occupait de nous un dimanche pendant le culte, et d’avoir demandé à Jésus de venir « habiter dans mon cœur ». Ça paraissait très logique pour moi, vu que Dieu faisait « déjà » partie de ma vie. J’ai été baptisée à l’âge de 13 ans. En regardant en arrière, toute ma démarche de suivre Christ a été quelque chose de progressif, avec des hauts et des bas.

Comment et quand as-tu su que tu voulais aller dans le ministère à temps plein ?

J’ai toujours été fascinée par les récits de vie des missionnaires que j’entendais à l’Église. Du coup, j’ai longtemps imaginé que je serai un jour « médecin missionnaire en Afrique » (ne me demandez pas pourquoi !). Et puis après, une autre vocation était de devenir « femme de pasteur » (ne rigolez pas !).

Au final, j’ai aujourd’hui un diplôme de médecin généraliste ; mais concrètement je ne travaille actuellement qu’une après-midi par semaine en tant que médecin. Le reste de mon temps, je m’occupe de ma fille et je travaille avec l’association Jeunesse pour Christ à mi-temps depuis plus d’un an, après y avoir été bénévole pendant une dizaine d’années.

Lorsque j’ai commencé mes études de médecine, je ne voulais pas faire « que ça » : étudier, étudier, étudier (et pourtant, c’est plutôt recommandé dans ce genre d’études…). Un soir, après avoir réussi ma 1re année (je l’ai redoublée d’ailleurs, eh oui !), année pendant laquelle j’avais commencé à faire des compromis dans ma marche chrétienne, je me rappelle avoir chanté de tout mon cœur :

 « Purifie mon cœur, rends-moi aussi pure que l’or et l’argent…

Feu du fondeur, je n’ai qu’un désir : être sainte, mise à part pour toi Seigneur,

Oui je choisis d’être sainte, mise à part pour toi, mon seul Maître, et prête à T’obéir »

Je ne sais pas pourquoi ce moment m’a tellement marquée. Je sais juste qu’à partir de là, Dieu a guidé mes pas d’une manière particulière.

Pourtant, et là j’aimerais parler à ceux qui se disent : Oui mais moi, Dieu ne m’a jamais parlé clairement… J’attends un signe pour faire ci ou ça… Je ne sais pas quelle est la volonté de Dieu pour ma vie… Moi aussi j’ai longtemps attendu des signes, prié des heures pour savoir quelle décision prendre… Et au final, je n’ai jamais eu de « grande-réponse-divine-style-lettres-de-feu-dans-le-ciel ». J’ai juste vécu un jour après l’autre, en demandant la sagesse à Dieu pour les « petits choix » de chaque jour, en prenant du temps pour lire la Bible, en écoutant les conseils de grands frères ou grandes sœurs chrétiens…

Et en avançant juste comme ça, j’ai eu le privilège de rencontrer les bonnes personnes, de me trouver « au bon endroit au bon moment » (et ça, ça s’appelle le timing parfait de Dieu), et de vivre des choses que je n’aurais jamais imaginées : chanter dans un groupe de gospel (Madison), contribuer à la naissance des soirées PULSE à Strasbourg, participer à la croissance des camps Plage Station et bien d’autres choses.

Alors attention ! Bien sûr je vais dire : Oh mais c’est Dieu qui a tout fait, moi je n’ai rien fait, c’est Dieu qu’il faut remercier… Et c’est vrai ! Mais j’aimerais juste dire que je suis persuadée aujourd’hui que ce que Dieu aime, c’est accomplir des choses avec nous et pas malgré nous.

Bref. Et avec tout ça, plus je côtoyais l’association JPC, plus j’étais encouragée à apprendre, à essayer de nouvelles choses. Ce désir de m’engager davantage est venu naturellement dans mon cœur en voyant comment Dieu m’avait placée là, à cet endroit et à ce moment précis.

Quels ont été tes plus gros(ses) galères/sacrifices et bénédictions/joies dans le ministère ?

Dans notre culture, ça semble un peu bizarre d’avoir un diplôme de médecin généraliste et de ne pas « l’exploiter » au maximum. De décider volontairement de gagner moins bien sa vie, de mettre de côté un certain « statut », une certaine « renommée », pour s’engager « dans le ministère », comme on dit. Voire même, de mettre en péril son avenir « terrestre » en risquant de « perdre la main » dans une telle profession. J’ai dû me battre moi-même avec de telles pensées. « Est-ce que c’est raisonnable, après 10 ans d’études de mettre ça de côté pour un temps donné ? »« Est-ce qu’on va s’en sortir financièrement ? »« Comment est-ce que je vais trouver mon soutien financier ? » (NB : les équipiers de JPC France sont soutenus uniquement par des dons) « Qu’est-ce que les gens vont penser de moi ? ».

Ça a mis du temps, mais lorsque j’ai vraiment abandonné ce désir de sécurité, ce désir d’être approuvée par les hommes, alors j’ai été libérée d’un gros poids et avec Rémy, nous avons pu expérimenter déjà bien des fois la fidélité de Dieu. Je dois encore apprendre à dépendre de sa souveraineté chaque jour, mais combien ma foi s’affermit à chaque fois qu’un obstacle est franchi. Je n’aurais jamais appris ces leçons sans être passée par là.

Au-delà de ces questions purement terrestres, j’ai une joie et une paix profondes de savoir que je suis juste là où Dieu veut que je sois, maintenant.Et surtout, je réalise (pas assez souvent !) qu’à travers mon « ministère », je participe pleinement à la propagation de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ en France. Quand je vois des milliers de jeunes Français qui se réunissent pour prier et s’édifier ensemble, mettre du temps à part et leurs talents en action pour aimer et servir leurs prochains, pour annoncer l’Évangile… Waouh, y a pas de mots pour exprimer ce que je ressens ! Merci Seigneur de me permettre de vivre et voir ça !

Que conseilles-tu à un jeune qui envisage le ministère à temps plein ?

Ne te laisse pas effrayer par les questions terrestres : pose-toi les bonnes questions du point de vue de l’éternité. Si tu es convaincu(e) que ta place est dans un « ministère » à plein temps et que c’est là que tu pourras mieux servir Dieu avec tes capacités, alors fonce ! Si tu es convaincu(e) que c’est dans ton métier, dans ta famille, dans ton Église locale, parmi tes collègues, voisins, amis, que tu pourras mieux servir Dieu, alors fonce aussi ! Vis « à temps plein » la vie que Dieu te donne en lui étant obéissant(e) et fidèle.

Sinon pour la suivre, Anne a un blog !

Du caractère sacré de la vie : Le personnel médical dans tout ça.

Crédits photos: ville-pierre-benite.fr

Crédits photos: ville-pierre-benite.fr

Dans cette série, tu peux retrouver les grands principes sur la bioéthique, des articles sur l’avortement (iciici et ), un article sur la contraception, une introduction à la manipulation génétique, un article sur la procréation médicalement assistée, un sur le don de gamètes, un sur le diagnostique prénatal, un sur les mères porteuses et un sur la thérapie génique et les guérisons génétiques. Enfin, dans les problématiques de fin de vie, nous avons déjà parlé du suicide, de l’euthanasie (partie 1 et 2) et de la souffrance.

Je me pose personnellement la question du rôle du personnel médical dans tout cela. Je pense qu’il en est de même pour les étudiant(e)s dans le médical et paramédical. Il y a dans la Bible un exemple très poignant d’un personnel médical confronté au choix entre la loi du pays, et la morale de Dieu. Lisons en Exode 1.15-22, pour voir comment se comporter :

Le roi d’Égypte parla aussi aux sages-femmes des Hébreux, nommées l’une Schiphra, et l’autre Pua. Il leur dit: Quand vous accoucherez les femmes des Hébreux et que vous les verrez sur les sièges, si c’est un garçon, faites-le mourir ; si c’est une fille, laissez-la vivre. Mais les sages-femmes craignirent Dieu, et ne firent point ce que leur avait dit le roi d’Égypte ; elles laissèrent vivre les enfants. Le roi d’Égypte appela les sages-femmes, et leur dit : Pourquoi avez-vous agi ainsi, et avez-vous laissé vivre les enfants ? Les sages-femmes répondirent à Pharaon : C’est que les femmes des Hébreux ne sont pas comme les Égyptiennes,  elles sont vigoureuses et elles accouchent avant l’arrivée de la sage-femme. Dieu fit du bien aux sages-femmes ; et le peuple multiplia et devint très nombreux. Parce que les sages-femmes avaient eu la crainte de Dieu, Dieu fit prospérer leurs maisons. Alors Pharaon donna cet ordre à tout son peuple : Vous jetterez dans le fleuve tout garçon qui naîtra, et vous laisserez vivre toutes les filles.

Ces sages-femmes ont écouté une conscience supérieure et ont risqué leur vie pour ne pas en tuer d’autres. Elles sont à l’image des hommes et des femmes qui ont caché des Juifs pour leur épargner les atrocités nazies. Et Dieu a béni leur courage. Il existe en France une clause de conscience qui permet aux médecins de ne pas pratiquer certains gestes qu’ils jugeraient contraires à leurs principes. Voici le témoignage d’un ami médecin :

Exercer la médecine dans un environnement sociétal où dominent la science, la fascination de la  connaissance, la volonté de toute puissance n’est pas toujours facile pour un médecin qui veut rester fidèle à la Parole de Dieu. Quand surgissent des questions de vie ou de mort, de maîtrise de la conception pour l’empêcher ou la favoriser, se référer à un texte vieux de plus de 2000 ans peut apparaître un paradoxe. Et pourtant, l’histoire humaine est parsemée d’impasses techniques ou scientifiques par leur nature ou l’utilisation qu’en ont fait les hommes. L’histoire de la pensée est remplie de tentatives inachevées de  déterminer le bien, le mal, l’utile, l’inutile avec parfois des conséquences catastrophiques. Et pourtant, dès le début de la Bible, il est écrit que si l’homme veut de lui-même déterminer le bien et le mal, il ne peut que mourir. Que seul l’inaccessible altérité de Dieu peut le sauver de la destruction. L’homme n’a pas écouté et s’est fourvoyé dans son orgueil dès le commencement. À voir le monde d’aujourd’hui on se dit que rien n’a changé.

Et pourtant Dieu nous a confié sa création et, à travers elle, la science pour mieux le connaître et le glorifier. La médecine y participe, mais à condition de ne pas s’en enorgueillir. De se rappeler que toute connaissance vient de Dieu, que « si tout est possible, tout n’est pas utile ». Que Dieu est celui qui « fait vivre et qui fait mourir ». Que chaque soignant ne peut être au mieux qu’un ouvrier qui restaure en partie la  création abîmée par le péché. Qu’au final, la mort physique gagnera toujours…

À moins de s’abandonner tant pour sa vie personnelle que son métier de médecin à celui qui  a dit « C’est moi qui suis la résurrection et la vie. Celui qui met sa foi en moi, même s’il meurt, vivra ; et quiconque vit et met sa foi en moi ne mourra jamais. » Ainsi le médecin chrétien peut vivre son métier dans sa foi, au service de son Créateur et de son Sauveur.