Un jeune électeur chrétien en pleine campagne

Ça y est, c’est parti. En France, la campagne présidentielle bat son plein. On argumente, on débat. On s’apostrophe, on se bat. On se moque et on ment. On insulte, on dément.

En tant que jeune, qui plus est, électeur, qui plus est, chrétien, je voudrais t’encourager à aller à contre-courant dans ce flot d’informations et de désinformations continu. Je veux t’inviter à ne pas te tromper de combat. Il te faut t’interroger et prendre du recul sur ta place dans la campagne. Parce que oui, tu en as une.

Les responsabilités de l’électeur chrétien

Ne te trompe pas de combat. Ta responsabilité de chrétien n’est pas de défendre un candidat, aussi génial soit-il. Ne dépense pas toute ton énergie pour promouvoir un parti politique ou un candidat, même si c’est François Asselineau. Il risque de te décevoir… Alors je crois que nous avons trois responsabilités, qu’on oublie bien souvent en période électorale.

D’abord, respecter. Les périodes de campagnes électorales sont propices au déversement de haine envers l’autre. Envers l’étranger. Envers les riches. Envers les candidats. Envers les médias. Envers les gens qui sont en désaccord avec notre opinion. Alors, je veux t’encourager à bien utiliser tes mots et ton fil d’actualité Facebook. Que cela reflète ce qu’il y a dans ton cœur. Et ne sois pas connu comme quelqu’un qui est contre tout. Sois connu comme quelqu’un qui promeut des choses honorables, qui parle de choses belles. Ne perds pas ton temps dans des discussions vaines et inutiles, ou dans des vidéos qui te retournent le cerveau.

Ensuite, prier. Paul l’écrit mieux que moi, en 1 Timothée 2.1-3 : « J’exhorte donc, avant toutes choses, à faire des prières, des supplications, des requêtes, des actions de grâces, pour tous les hommes, pour les rois et pour tous ceux qui sont élevés en dignité, afin que nous menions une vie paisible et tranquille, en toute piété et honnêteté. Cela est bon et agréable devant Dieu notre Sauveur. » C’est quand la dernière fois que tu as prié pour Marine Le Pen ? Et pour Jean Lassalle ?

Enfin, aimer. Tu aimeras les candidats comme toi-même. Tous les candidats. Même Nicolas Dupont-Aignant et Emmanuel Macron. Ainsi, tu accompliras la loi. Et ainsi, tu honoreras ton Dieu.

Alors, pour qui voter ?

Lis, regarde, compare. Ne te satisfait pas d’une seule source d’information. Vérifie les éléments clefs pour ne pas être enduit d’erreurs… Un des enseignements du Brexit et de l’arrivée de Trump au pouvoir n’est-elle pas que le peuple est facilement manipulé ? Sois convaincu par la raison, pas persuadé par les punchlines réac’ ou les tweets ravageurs…

Ne sois pas crédule. Ne réfléchis pas seulement aux promesses d’un candidat, mais aussi à la faisabilité du programme dans son ensemble.

Ne pense pas seulement à ton intérêt personnel. Quelles seraient les conséquences pour la France si Jean-Luc Mélenchon arrivait demain au pouvoir ? Et quelles seraient les répercussions pour l’équilibre mondial si Philippe Poutou devenait président ? Et que se passeraient-il pour les chrétiens si Nathalie Arthaud était élue ?

Ne vote pas forcément pour celui qui te promet moins d’impôts. D’ailleurs, profites-en pour changer d’avis sur les impôts. Les payer est un privilège, comme nous le rappelle John Glass dans sa série de prédications sur l’argent. « Rendez l’impôt à qui vous devez l’impôt », nous dit Romain 13.7.

Remets les choses dans le contexte mondial. Certains points de discussion, comme le chômage, la retraite, ou même la sécurité sociale, nous donnent des problèmes… qui n’existent pas dans les pays pauvres. Dans certains pays, ils ne se posent pas la question ! Ils sont obligés de travailler… Alors voyons ces progrès sociaux comme des réelles bénédictions, avant tout.

Et, puis, au fond, sache que tu as le droit de changer d’avis. François Fillon l’a fait sur sa situation personnelle, Benoît Hamon sur le revenu universel… Ne te colle pas toi-même une étiquette trop vite.

Et même si oui, certains se sont battus pour le droit de vote, ne te trompe pas de combat. Tu es aussi libre de ne pas voter. Dans certaines situations, un jour de vote national, il est parfois plus utile et productif pour tout le monde de…rester chez soi !

Les limites de la démocratie

Ne te trompe pas de combat. Si la raison du plus fort est toujours la meilleure, la majorité n’a pas toujours raison. La démocratie sous-entend que la meilleure décision pour le pays sera celle prise par la majorité. Mais, même cette décision est adoptée ainsi, cela ne garantit pas sa viabilité, son efficacité et sa moralité. Ne compte jamais sur l’avis du plus grand nombre pour trouver la vérité.

Diriger les hommes n’est pas une mince affaire, et la démocratie ne sera jamais qu’imparfaite sur cette terre. Ce système de gouvernement est d’ailleurs un reflet de notre monde déchu. Et au même titre que je t’encourage à ne pas mettre tout ton espoir dans un candidat, ne mets pas non-plus tout ton espoir dans la démocratie. Quand le peuple d’Israël a mis tout son espoir dans un système de gouvernement, c’était une grosse erreur. Mais ces royaumes imparfaits avaient quelque chose à nous apprendre.

On connaît les dirigeants tyranniques, les présidents corrompus et les souverains hystériques… Et si nous étions plutôt dirigés par un roi parfait ? Un roi qui sait tout et connaît chacun. Un roi tout-puissant pour accomplir la justice. Un roi bon, qui est partout pour soutenir les faibles. Un roi irréprochable qui accomplit toutes ses promesses. Ce serait les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire enfin réunis ! Tout ça et plus encore, je connais un roi qui transforme son peuple pour le rendre saint ! C’est Jésus qu’il faut promouvoir, voilà le vrai combat. Voilà le bon combat.

Bien mieux qu’un président. Ce roi, c’est le nôtre. Ce roi, c’est Jésus. Prophétisé et préfiguré depuis les temps anciens. Incarné et manifesté ; ressuscité, vu (et revu) ; prêché, cru et élevé… Il est maintenant glorifié. Il règne déjà. Mais pas encore… En tout cas, les portes de son royaume sont ouvertes. Accourez, venez, entrez. Il n’est pas démocratique, mais justement, c’est pour notre bien.

Auteur : Nicolas B

25 ans, rébellutionnaire marié à une chouette jeune femme, travaille en finances d'entreprise, et co-responsable du Cercle d'Affaires pour Christ.

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